A Paris, on arrive souvent comme un prince. C’est-à-dire comme un enfant du pays. Paris, c’est son style qui attire. Plus elle vieillit, plus elle rajeunit et séduit. Paris attire les légendes. Elle a attiré pendant des siècles des savants de tout acabit, et la curiosité des hommes de l’église n’est pas en reste, comme ce fut le cas avec le pasteur Roncs Etamé qui a visité la ville soleil le mois dernier. Le pasteur était déjà venu à Paris, mais comme Paris est une ville romantique, il n’a pas retrouvé les chemins de naguère, car, à Paris, chaque jour nait une fiction qui la renouvelle. C’est pourquoi on est jamais sûr de retrouver sa rue à Paris une fois qu’on accéder à un carrefour. Il fallait promener le pasteur, l’entreprise n’est pas aisée. J’ai été astreint à relire les cartes et les endroits à visiter. J’étais obligé de reprendre la vie de moine auprès de lui, et de partager la journée d’un pasteur au cours de cette période, cela implique une irruption dans la vie de moine. Mais le pasteur Roncs Etamé est un homme attachant, le contact avec lui vous attire comme un aimant, et vous y resté avec docilité bien sûr. Avec le pasteur Roncs, on a revisité le temps passé ; on a étudié chaque jour les mystères de l’existence, allègrement. Tout cela tourné sur l’expérience de la vie spirituelle relevant des écritures.
Homme de foi, la rencontre avec le pasteur vous fait pénétrer dans le silence de la foi. Une foi qui respecte la liberté de l’homme et la précède sur le chemin qu’il choisit de tout parcourir. Parcourir Paris, il faut se laisser guider, c’est ainsi, que je l’ai d’abord amener à saint Michel, puis nous sommes allés à la tour Eiffel. Nous avons découvert les champs Elysées, et l’arc de triomphe, après avoir traversé toutes les portes mystérieuses qui célèbrent cette ville : porte d’Orléans, porte d’Italie, porte de Clichy, porte de Vincennes. A plusieurs reprises, le pasteur m’a interrogé sur les différents aspects de la vie monastique en restant accroché à l’aspect mythique et religieuse de la ville ; à mon avis, les interrogations sont le cœur de la méditation du touriste. J’ai été émerveillé et je vous assure que ce qu’un pasteur comprend, tout le monde peut le comprendre. Le pasteur Roncs Etamé est un homme cultivé, de formation scientifique, et théologique. C’est un personnage éminemment marqué par l’histoire des civilisations. Le dernière endroit que je lui ai présenté, était resté secret. Il ne l’a découvert que sur place, et c’était le cimetière Père la Chaise, le plus ancien monument funéraire du monde. Il a visité la tombe de Jean de la Fontaine, de Molière, de Diderot, la fosse commune des combattants africains de la première guerre mondiale, la tombe d’Honoré de Balzac, Anatole France, celle de Manu Dibango où il a prononcé un discours en langue Douala et enfin Ignace Guillotin, l’ inventeur de la Guillotine.
Dans la vie d’un camerounais d’Amérique, il y a une grande différence dans leur manière de penser et d’agir. Les camerounais vivant aux Etats-Unis sont des personnes pragmatiques. Ils ne font pas de conversations prolongées contrairement à ces parisiens qui cherchent à tout expliquer. Les américains camerounais sont vraiment cartésiens, alors que nous sommes épicuriens. Pendant dix jours, il a été mon hôte, je l’ai accompagné partout où il souhaitait, il y avait des moments où il restait sans parler. J’ai mangé comme lui la nourriture que la plupart de ses connaissances avaient concoctée ; j’ai vu cette façon de manger des nourritures frugales, avec simplicité des gestes et dans des conversations sobres qui sont aussi une sorte de prière adressée à Dieu. On a longuement discuté sur l’avenir du monde ; de la politique camerounaise et bien évidemment de l’église et ses reformes.
Le pasteur a des réflexions qui cognent à l’esprit ; il connait mordre le cœur ; nous avons parlé des héros camerounais du temps passé, et on a souri sur quelques salauds. Mais on a aussi découvert qu’il y avait beaucoup d’hommes dignes capables d’être admirés dans nos pays, puis comme lui, j’ai dormi à 10 heures du soir. Le pasteur Roncs Etame aime la lecture et l’écriture. Nous avons abondamment parlé du principe du langage ou de l’Alphabet Hébraïque, du langage grec ; nous avons parlé lu ensemble l’ouvrage de Barack Obama qui s’intitule « LA TERRE PROMISE ». Il m’a révélé certains détails que j’ignorais sur le premier président Noir. C’était très bien à écouter. Nous avons débattu sur la mission des âmes vivantes sur la terre. Mon paysage livresque est immense ; qui aime lire sera dans l’embarras de choix chez moi. Il y a 3000 mille livres et on ne saura par quel livre commencer. L’ennemi principal est le temps car il réside chez une personne qui se lève à 5 heures du matin.

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