Un match de gala pour dire merci au quartier. Après la belle cérémonie de réception organisée au Palais de l’Unité, les championnes d’Afrique ont tenu, à leur manière, à dire merci au couple présidentiel, Paul et Chantal Biya. Retour sur ses terres à Yaoundé, la milieu de terrain Naomi Eto a choisi de prolonger la fête loin des ors de la réception officielle, en la ramenant directement dans son quartier d’enfance. Lundi 24 août 2026, au stade du Lycée d’Etoug-Ebé, Naomi Eto a organisé un match de gala pour célébrer, avec les siens, le sacre continental des Lionnes Indomptables. Oui il fallait que cela se passe à Etoug-Ebe, parce que c’est là, qu’elle était encore une enfant, puis a grandi, ici que son cœur a appris à battre au rythme d’un ballon rond. Les gamins du quartier se souviennent d’elle, jeune fille au milieu des garçons, se frottant à leur jeu avec cette flamme qu’on ne peut ni feindre ni éteindre. Car les souvenirs d’enfance sont ainsi faits, ils ne nous quittent jamais vraiment. Alors, comme un appel de ses premières années, Naomi est revenue – non pas en étrangère couronnée de gloire, mais en enfant du pays retrouvant les siens.

Sur la pelouse où elle a fait ses tout premiers pas de footballeuse, et devant un public en fusion porté par les chants et les danses, elle et ses coéquipières ont affronté Canada Family, une sélection masculine composée de jeunes du quartier. Au terme d’une rencontre disputée, les championnes d’Afrique se sont imposées 2-1. Le maire de Yaoundé VI, Jacques Yoki Onana, a donné le coup d’envoi de cette rencontre placée sous le signe de la proximité et de la communion entre les Lionnes et leur public.

L’événement a rassemblé une foule si dense que la circulation en a été perturbée aux abords du stade, signe de l’engouement populaire suscité par ce premier titre continental de l’histoire du football féminin camerounais. Cette communion populaire s’inscrit dans la continuité d’un exploit sportif majeur.

Le 16 août 2026, au Stade du Prince Moulay Hassan de Rabat, les Lionnes Indomptables ont dominé le Malawi 3-0 en finale de la CAN féminine, décrochant ainsi le tout premier titre continental de leur histoire après trois finales perdues par le passé. Naomi Eto s’était particulièrement illustrée ce soir-là, inscrivant un but d’une remarquable exécution avant de délivrer une passe décisive dans le temps additionnel de la première période.

Ce sacre offre également au Cameroun un billet qualificatif pour la Coupe du monde féminine 2027, qui se déroulera au Brésil. À seulement 21 ans, la joueuse, prêtée par le Paris Saint-Germain à la Sassuolo, confirme un statut déjà bien installé : révélée lors de la Coupe du monde féminine U20 en 2024, elle avait été sacrée meilleure joueuse camerounaise en 2025 avant de porter, cet été, tout un pays vers l’histoire. Après la finale, elle avait d’ailleurs tenu à saluer avant tout l’esprit collectif du groupe, préférant mettre en avant l’union de l’équipe plutôt que ses propres performances individuelles. Une icône en construction, entre ferveur populaire et appels à la mesure.

Au-delà de la liesse, l’engouement suscité par Naomi Eto a aussi donné lieu à des messages de soutien empreints de bienveillance de la part du public et de ses proches, l’invitant à rester concentrée, disciplinée et travailleuse.

Le message qui revient est celui d’une confiance dans son potentiel, tempérée par un appel à la prudence et à la constance : le talent ouvre des portes, mais c’est la discipline qui permet d’aller loin. Étoile encore en devenir aux yeux de beaucoup, Naomi Eto s’impose déjà, par sa générosité envers son quartier d’origine et son sens du collectif, comme l’une des figures montantes du football camerounais.
