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Par Samuel Dieunedort Youmbi

On le croit souvent silencieux, immobile, soumis au vent. Et pourtant, le drapeau, comme les autres emblèmes de la nation, parle. Il dit l’histoire, il rappelle la mémoire, il convoque la fierté. Il ne se contente pas de flotter : il unit. Dans les rues, sur les stades, dans les cœurs des jeunes ou dans les marches des contestataires, il est là, témoin d’un lien profond entre un peuple et sa terre. Le Cameroun possède, à travers ses emblèmes nationaux, les clés de son identité républicaine. Le drapeau tricolore, l’hymne vibrant, la devise sacrée, les armoiries solennelles et même le lion indomptable sont autant de symboles qui rappellent aux Camerounais ce qu’ils sont, ce qu’ils ont été, et ce qu’ils peuvent devenir. Ces symboles ne sont pas que protocolaires, ils sont vivants. Ils ne sont pas que décoratifs, ils sont porteurs de sens. Ce sont eux qui tiennent debout les grandes idées quand les discours vacillent.

C’est dans cette vision que s’inscrit la campagne de revalorisation des emblèmes nationaux lancée par le ministre de la Jeunesse, Mounouna Foutsou. Dans un monde où l’on oublie vite, où les symboles se banalisent, voire se profanent, cette initiative est une piqûre de rappel : les symboles de la République méritent d’être respectés, protégés, aimés. Et surtout, transmis aux plus jeunes, non comme des reliques figées, mais comme des repères vivants pour demain. Ceux qui manifestent avec le drapeau à la main ne sont pas des ennemis de la République : ce sont souvent des amoureux en colère. Ils contestent parce qu’ils espèrent, ils dénoncent parce qu’ils croient encore. On ne brandit pas le drapeau d’un pays qu’on méprise. On ne chante pas l’hymne de ceux qu’on trahit. Même dans l’opposition, même dans la douleur, le drapeau reste un langage d’amour. Mais pour que ces symboles conservent leur force, il faut plus que des cérémonies officielles : il faut des écoles qui les enseignent, des institutions qui les incarnent, des citoyens qui les vivent.

Il faut une stratégie, une pédagogie, une présence réelle dans les lieux publics. Un drapeau déchiré à l’entrée d’une école, une devise effacée sur un mur d’hôpital, c’est déjà une part de la mémoire nationale qui s’efface. C’est pourquoi cette campagne de revalorisation devra aller au-delà du geste : elle devra s’enraciner dans le quotidien. Les emblèmes nationaux ne sont pas les symboles d’un régime : ils sont le visage d’un peuple. Un peuple divers, parfois divisé, mais toujours rassemblé autour de quelques repères fondamentaux. À l’heure où le monde tangue entre identités brouillées et fiertés confuses, redonner sens à ces symboles, c’est redonner souffle à la nation. Et cela commence ici, par un regard vers le drapeau, une main sur le cœur, et la promesse silencieuse que jamais nous n’oublierons ce qu’il représente.

Une réflexion sur “  Le drapeau, la devise et l’âme camerounaise : Redonner vie aux symboles de la République

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