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LA MORT DE JEAN CLAUDE, UNE MAIN INVISIBLE ?

La mort subite du grand frère Wouri Jean Claude a plongé le peuple Vuté dans un grand émoi. Un choc que l’on n’arrive pas à atténuer. Chaque frère et sœur Mbamois ressent cette perte comme personnelle. Depuis hier soir, j’essaie de joindre les proches parents et amis pour en savoir plus, mais tout est voué à l’échec. Personne n’a la force de décrire la douleur tant elle est intense. Ce n’est pas une mort ordinaire. Il doit y avoir quelque chose derrière cette tragédie. Nos élites ont souvent succombé lorsqu’elles se sont impliquées en politique; les rivalités politiques dans notre région sont tranchantes.

On se souvient de la mort de Roger Moindou, décédé dans des circonstances similaires, et plus tragiquement encore, de Nguegnang Souley. Toutes ces élites étaient des personnes adorées dans nos contrées. Nous sommes dans une région qui n’en finit pas de perdre ses meilleurs enfants. Le peuple Vuté n’a pas encore franchi dix siècles d’histoire pour se voir ainsi décimé. Nous avons survécu aux épreuves, mais certaines de nos élites vivent sous la menace d’un effacement perpétuel. Notre existence est tissée de crimes souvent sous silence. Nous parcourons des sentiers en ayant l’impression que la terre se dérobe sous nos pieds.

Il suffit de se lancer en politique ou de poser une candidature pour être fiché sur une liste noire. Il y a un feu dans le Mbam qui brûle nos meilleurs enfants. Jean Claude était un homme affable et simple, un enseignant de grande facture. Il ne se limitait pas à une vision binaire, mais embrassait la nuance et l’altérité dans toute leur grandeur. Sa vie était une essence, une idée qui se circonscrit toujours dans la pensée complexe, seule capable de faire la différence. Comme Roger Moindou, il a été un fervent animateur de la société éducative, qui, à la différence de la politique, ne vise pas la castration de l’autre, il incarnait une vie qui bouge.

Nous ne devons pas avoir peur d’explorer des voies d’enquêtes profondes, même si elles sont parfois étourdissantes et dérangeantes, nous entraînant dans un inconnu ponctué de mystères, de merveilles et même de cauchemars. La mort de Jean Claude lutte dans un corps à corps avec cette réalité kafkaïenne qui faut dénoué ; une main invisible a touché notre frère. Il y avait de la sérénité dans le visage du Délégué. Nous disons toujours à ceux qui font subir un quotidien infernal à des frères et des familles que l’on n’élimine pas une personne instruite. La voix de Jean Claude comptait, il vivait son temps et était l’homme de sa génération. Il portait la marque de son époque, il ne doit  pas mourir gratuitement.

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