Par-delà les discours officiels, l’Afrique bruisse. Elle gronde, elle s’indigne, et elle se relève. Dans ce tumulte, une force nouvelle se lève : l’Alliance des États du Sahel (AES), née de la volonté ferme de trois nations – le Mali, le Burkina Faso et le Niger – d’écrire enfin leur propre chapitre de l’Histoire, loin des tutelles occidentales, notamment françaises. Mais cette soif de souveraineté dérange. Et comme souvent dans le destin des peuples en quête de liberté, les secousses ne tardent jamais.
Burkina Faso : une tentative de coup d’État avortée, un symbole révélateur
Le 16 avril 2025, le Conseil National de Sécurité d’État burkinabè, mené d’une main de fer par le commandant Oumarou Yabré, a mis en échec une tentative sournoise de renversement du pouvoir. Le complot, orchestré par l’ex-commandant Joannhy, n’était pas une simple initiative isolée : il s’agissait d’une machination sophistiquée, aux ramifications internationales. La localité stratégique de Diapaga devait être l’étincelle. Le feu devait se propager dans les rangs de l’armée, chauffé par la corruption, alimenté par des fonds étrangers, et ravivé par l’intervention de mercenaires présumés venus de Côte d’Ivoire. Ce plan, à la fois militaire et psychologique, visait à replonger le pays dans le chaos pour freiner l’élan révolutionnaire porté par le capitaine Ibrahim Traoré, que certains comparent à feu Thomas Sankara. Un symbole fort. Un homme jeune, dérangeant pour les puissances étrangères, notamment celles qui ont longtemps joué les chefs d’orchestre sur le continent africain.
AES : Le pari de l’émancipation face aux manœuvres néocoloniales
Cette tentative de putsch ne saurait être dissociée du contexte plus large dans lequel évolue l’AES. Le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont été le théâtre de transitions audacieuses. Transitions que certains appellent coups d’État, mais que d’autres, plus nombreux et plus lucides, considèrent comme des actes de libération.
Ces États ont osé dire non :
Non à l’ingérence étrangère, Non à la françafrique, Non aux bases militaires étrangères qui, sous prétexte de sécurité, ont souvent semé le désordre. Ce refus s’inscrit dans un contexte historique accablant : 76 coups d’État, 234 tentatives, 17 guerres civiles, des bases militaires françaises actives, une monnaie sous tutelle, un système électoral orienté depuis Paris, une CPI utilisée comme un glaive contre les dirigeants indociles… L’Afrique francophone paie encore le prix d’une indépendance inachevée. L’ombre de la France, entre mythe de puissance et réalité de déclin.
Comme le soulignait tristement le plénipotentiaire français Louis de Guiringaud : « L’Afrique est très importante pour la France parce que c’est le seul continent qui peut encore lui donner le sentiment d’être une grande puissance. » Cette déclaration, aussi cynique que lucide, révèle tout : la relation n’a jamais été d’égal à égal. Elle a toujours été basée sur une asymétrie savamment entretenue par des mécanismes économiques, politiques, et militaires. Mais aujourd’hui, une partie de l’Afrique se dresse. Le cri du peuple est clair : “Ça suffit !” Et ce cri, ce rejet, cette volonté de renaissance effraie ceux qui, depuis des décennies, tirent les ficelles.
Un peuple éveillé, un avenir à bâtir
Si la tentative de déstabilisation a échoué, c’est grâce à la vigilance des services burkinabè, mais aussi grâce à une nouvelle conscience panafricaine qui refuse de mourir. Cette Afrique-là ne veut plus d’alliances biaisées, d’élites complices, ni de “démocraties télécommandées”. Elle veut la dignité, la souveraineté, la sécurité, et la justice. Elle veut, tout simplement, être maîtresse de son destin. Le souffle de Sankara plane encore Le capitaine Ibrahim Traoré est vu par certains comme l’héritier spirituel de Sankara. Et comme Sankara, il dérange. Mais dans le cœur de beaucoup, il incarne aujourd’hui la résistance, l’espoir et la fierté d’un peuple en lutte. À ceux qui complotent dans l’ombre, la réponse est simple et lumineuse : l’Afrique ne recule plus.
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