Mag-Afriksurseine-Mars-2024

PROCHAINE PARUTION : UN LIVRE HOMMAGE AU CHEF NGUILA FIGURE HISTORIQUE DE LA PERIODE COLONIALE

 

Un nouvel ouvrage s’apprête à enrichir le paysage littéraire camerounais : le récit, à mi-chemin entre le roman autobiographique et la fresque historique, d’un chef dont la mémoire continue d’habiter les terres du Mbam et de la Haute-Sanaga. Son nom : Nguila, un personnage à la stature légendaire, qui a profondément marqué les esprits durant la période coloniale. Passionné par la mémoire collective et profondément enraciné dans la terre de mes ancêtres, j’ai entamé la rédaction de ce projet littéraire singulier. Il s’agit pour moi de raconter l’histoire du chef Nguila non pas dans un style académique et figé, mais à travers une narration romancée, sensible et vibrante, où se mêlent souvenirs familiaux, anecdotes transmises par tradition orale, récits de guerre et visions personnelles.  Nguila  est pour moi un repère, une figure tutélaire qui a façonné l’esprit intrépide des Vutés. Nguila, je l’ai aperçue 4 fois, j’allais à  Yoko. Le souvenir m’en est resté vif. Lorsque le car  traversait toute la contrée, les paysans Eton et Vutés, penchés sur les cultures des basses terres, redressaient l’échine pour saluer le chauffeur.   À Nguila, l’arrivée du car était un événement. Il attirait tout autour une nuée de visages émerveillés. Lorsqu’il traversait la contrée dans un nuage de poussière, il y avait une agitation tout au long du village. Les femmes et les enfants, portés par l’excitation, lançaient des cris de joie et accouraient vers le car,  curieux de voir, ne serait-ce qu’un instant, les silhouettes des personnes  debout  ou des  passagers endormis.

 

Déjà auteur d’un premier ouvrage consacré à Joseph Koulaya, ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale, bien accueilli dans les milieux littéraires français pour l’instant, je me sens aujourd’hui prêt, fort des formations suivies et des colloques auxquels j’ai participé, à rendre hommage à ces figures oubliées qui ont façonné la mémoire collective du peuple Vuté. Ce projet est né d’un désir profond : faire revivre la voix de nos ancêtres, rappeler leur courage, leur ingéniosité, leur dignité. Un journaliste rencontré à Douala avec qui j’échange tous les temps, m’a parlé avec ferveur des tactiques militaires du chef Nguila :  « il était  un stratège impressionnant », disait-il. J’étais émerveillé. Ce récit mérite d’être transmis, notamment aux jeunes de notre contrée. La parution de cet ouvrage est prévue avant décembre 2025, tandis que le livre consacré à la vie de Joseph Koulaya fera l’objet d’une refonte. Mon éditeur m’a recommandé une approche plus romanesque, afin de toucher un lectorat plus large et de redonner vie à ces récits enfouis dans la mémoire populaire. Il m’a également encouragé à soumettre l’ouvrage à un grand concours littéraire.

Séduite par l’évolution du style et la profondeur du projet, ma maison d’édition m’a invité à assumer pleinement cette forme hybride entre fiction, témoignage et mémoire collective.  Ce livre ne se veut pas un document historique figé, mais une œuvre vivante. Un hommage à la fois littéraire et intime. La fiction m’offre la liberté d’explorer les zones d’ombre, d’enrichir le silence des archives par l’imaginaire nourri des récits de mon enfance au sein du peuple Vuté.  Si tout se déroule comme prévu, une séance de dédicace aura lieu en décembre 2025, dans la région d’origine, notamment à Nguila. Ce sera l’occasion de reconnecter symboliquement les générations présentes à leur histoire, et d’honorer la mémoire d’un homme dont la figure, longtemps reléguée aux marges, mérite de retrouver sa juste place.

 

Viendra ensuite une œuvre d’une tout autre envergure, que j’envisage comme monumentale : un recueil consacré aux grandes figures du peuple Vuté, de 1900 à nos jours. À la manière d’un dictionnaire de mémoire, chaque page dressera le portrait d’un homme ou d’une femme ayant marqué son temps. Ce projet, ambitieux par essence, ne pourra voir le jour sans l’implication de tous. Comme je l’ai déjà souligné à propos du livre en cours sur le chef Nguila, il s’agira ici encore de faire appel à toutes les bonnes volontés : celles et ceux qui, par leurs souvenirs, leurs récits familiaux ou leurs archives personnelles, pourront enrichir cette entreprise collective de mémoire. »

Loading

Tendances

A Lire aussi