Le ministre de l’Administration Territoriale, Paul Atanga Nji, a une fois de plus attiré l’attention lors d’un point de presse tenu la semaine dernière. Il tentait de répondre aux polémiques qui l’opposent à Maître Alice Kom et ses soutiens. Fidèle à son style, le ministre a transformé l’occasion en petit show médiatique, sous les regards curieux et attentifs d’un parterre de journalistes venus décortiquer cette affaire brûlante. Le cœur de la déclaration portait sur la suspension de cinq organisations non gouvernementales (ONG), accusées de fonctionnement opaque et de gestion douteuse. Ces ONG, parmi lesquelles le Réseau d’Organisations de Défense des Droits de l’Homme en Afrique Centrale (REDAC), l’Association Charitable Socio-Culturelle du Cameroun, Reach Out Cameroon, et la Fondation Nanje, sont suspectées de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme. Dans une mise en garde ferme, le ministre a appelé ces organisations à se conformer à la loi de 1990 sur la liberté d’association et à celle de 1999 relative aux ONG.
Paul Atanga Nji a martelé : « Nous allons mettre un terme à ce qu’on appelle la tolérance administrative. » Tiré à quatre épingles cette fois et marqué par son regard perçant, le ministre s’est montré déterminé, répétant des mots-clés tels que loi, vigueur, état et gouvernement. Dans son intervention, il a rappelé que de nombreuses déstabilisations mondiales avaient été orchestrées via des financements dissimulés dans des ONG et associations. Illustrant ses propos, il a évoqué une organisation qui, en 2018, avait détourné des fonds destinés à un centre de santé pour les transférer à un parti politique. Paul Atanga Nji a toutefois pris soin de distinguer les ONG aux pratiques douteuses de celles aux actions salutaires, citant en exemple le Secours Catholique, actif depuis 70 ans avec des résultats visibles sur le terrain.
La Traçabilité comme Maître-Mot
Insistant sur l’importance de la transparence et de la traçabilité, le ministre a affirmé qu’il examine les dossiers uniquement sous l’angle de la légalité, indépendamment des critiques ou attaques personnelles qu’il subit, notamment sur les réseaux sociaux. « Lorsqu’un dossier est conforme à la loi, je le valide, peu importe qui le soumet, même si c’est un de mes détracteurs. » Répondant à un journaliste qui lui demandait pourquoi il n’était pas aimé par certains, Paul Atanga Nji, avec son franc-parler habituel, a déclaré : « Je ne suis pas une femme pour me faire aimer. » Cette phrase, qui a provoqué des éclats de rire dans l’assistance, reflète bien le caractère tranchant de l’homme. S’appuyant sur les directives du président Paul Biya, il a évoqué des principes tels que « point besoin de prendre le maquis pour s’exprimer » ou encore « menace globale, riposte globale », pour justifier ses décisions.
Paul Atanga Nji a réaffirmé sa volonté de renforcer la régulation, c’est pourquoi on ne fait point de doute que cette campagne pourrait s’étendre aux églises non déclarées qui prolifèrent dans les villages et carrefours. Avec un ton déterminé, il a promis de « cadenasser » tous ceux qui ne respectent pas les règles en vigueur, affirmant que le Cameroun est un pays de droit où la loi doit primer sur toutes les manœuvres. Un discours qui laisse présager un durcissement des contrôles et une surveillance accrue des activités des ONG et associations dans le pays.