Mag-Afriksurseine-Mars-2024

SIBELLE PRISCA BARDOT : LA NOUVELLE METRONOME DU JOURNALISME

 

Il n’y a pas si longtemps, Sibelle Prisca Bardot était  dans nos murs pour comprendre le fonctionnement de notre équipe. En fait,  elle venait à notre rencontre dans le cadre de sa soutenance, animée par ce feu intérieur propre à ceux qui savent déjà où elles  vont. Face à nous, nous avions découvert une femme profondément habitée par le journalisme, posant des questions justes, pertinentes, parfois dérangeantes au sens noble du terme. Elle n’était pas là pour réciter, mais pour comprendre, interroger, approfondir. A  travers ses échanges, sa curiosité méthodique et son regard lucide sur le métier, se dessinait déjà le portrait d’une professionnelle en devenir, passionnée, exigeante et résolument tournée vers l’essence même de l’information. Aujourd’hui  Sibelle Prisca Bardot a terminé ses études de journalisme. Elle se distingue par une soif d’apprendre peu commune, une écoute attentive et une détermination rare à comprendre les rouages profonds du métier. Motivée, concentrée, avide de savoir, elle possède cet instinct de la communication que l’on ne s’enseigne pas. Ceux qui la côtoient s’accordent unanimement à reconnaître en elle une  future  journaliste de talent, mais surtout une communicante hors pair, dont la finesse relationnelle marquera durablement les esprits.

 

Depuis que nous avons fait sa connaissance, une évidence s’est  imposée : Sibelle ne souhaite  pas simplement observer le journalisme, elle veut  le vivre. Le ressentir. L’exercer avec rigueur et passion. Son sérieux, sa discipline et son engagement ont naturellement suscité l’envie pour nous de l’accompagner, de lui ouvrir des portes, comme on le fait pour celles et ceux qui ont le courage de se battre pour leurs rêves. « Je ferai tout pour rendre ce métier noble », disait-elle. Une promesse intime, presque un serment. Le journalisme contemporain, il faut le reconnaître, souffre parfois de travers universels : précipitation, manque de recul, dépendance à l’émotion, insuffisance de vérification, oubli de la mémoire longue et des conséquences humaines. Beaucoup s’en revendiquent comme un quatrième pouvoir sans toujours en assumer les exigences éthiques et déontologiques. Sibelle Prisca Bardot, elle, se distingue nettement de ces dérives. Derrière une beauté discrète et élégante, elle nourrit une vision exigeante du métier, décidée à mettre son image, sa parole et son intelligence au service d’un journalisme responsable, fidèle aux canons enseignés par les grandes écoles, et digne d’être qualifié de « plus beau métier du monde ». Née au Cameroun, Sibelle arrive en France dans le cadre d’un regroupement familial.

 

Elle grandit dans la région du Grand Est, apprenant très tôt à naviguer entre deux cultures, à décoder les subtilités du système européen, guidée par une mère courageuse, forte et déterminée. Élève brillante et percutante, elle poursuit ses études à l’Université de Nancy, où elle obtient une licence en communication après trois années d’efforts soutenus. Mais son destin s’écrit ailleurs, car elle est  dotée d’un talent littéraire évident et d’une aisance naturelle avec les mots, c’est pourquoi, elle s’est  tournée  résolument vers le journalisme. Enfant déjà, sa mère la voyait avocate ou journaliste. Si elle exercera un temps comme assistante juridique, c’est finalement l’appel de l’information, de l’écriture et du terrain qui la ramènera à sa vocation première. Le chemin n’a pas été  sans embûches. Après un début prometteur, Sibelle s’est  heurtée à ses débuts  aux réalités parfois implacables de la vie étudiante : petits emplois pour soutenir sa mère et subvenir à ses besoins, fatigue accumulée, pression constante. Une première année inachevée à l’ESJ Paris freine momentanément son élan. Elle tente alors sa chance dans une école de journalisme à Reims, où elle vit l’une des expériences les plus douloureuses de son parcours ; elle est  confrontée au racisme, isolée en raison de la couleur de sa peau, elle finit par renoncer.

 

Mais Sibelle n’est pas de celles qui abandonnent. Soutenue par sa famille et son parrain, elle décide de revenir à l’ESJ Paris. Là, elle se relève avec dignité, travaille sans relâche et transforme ses blessures en force. Une année intense, faite de sacrifices, de nuits blanches et de persévérance, la conduit enfin vers l’accomplissement. Il y a quelques jours, entourée de sa famille et de ses amis, les larmes aux yeux et le sourire au cœur, Sibelle Prisca Bardot a reçu son diplôme de Master en journalisme. Un moment de fierté immense, symbole d’un combat gagné contre le doute, les obstacles et les injustices. Elle rejoint désormais le cercle exigeant des journalistes diplômés, portant haut une double culture franco-camerounaise et une sensibilité façonnée par l’épreuve et l’ouverture au monde. Sa plume, nourrie de résilience, de justesse et d’humanité, promet déjà de très belles pages. Bravo Sibelle. Le journalisme a besoin de voix comme la tienne.

Loading

Tendances

A Lire aussi