Mag-Afriksurseine-Mars-2024

CHANT VUTE EXECUTE PAR DES VOIX PROFONDES AU CREPUSCULE DES SOUVENIRS

 

CHORALE VUTE, TRESOR D’UN PATRIMOINE VIVANT

Quelle grâce infinie que ce matin où la musique  traverse les cœurs comme une lumière douce après la pluie. Nous sommes invités à chanter, portés  par cette mélodie qu’on écoute souvent  à l’aube, lorsque le froid de l’aurore saisit l’air, ces chants  n’hésitent pas à nous transmettre en silence, l’espérance. La chanson invitait les frères à rester unis en marchant sur le chemin de l’amour, même sous la tempête du vent et de la pluie. Et pourtant, dans cette image de bourrasques et d’épreuves, il n’y avait que la joie profonde d’être ensemble, Vutés et autres amis rassemblés, ouverts aux autres peuples, à d’autres cultures, à d’autres horizons. Elle est pénétrante et fait vibrer le cœur. Merci Seigneur pour cette communion inattendue venue de l’autre bout du monde. Jésus était là, discret et présent. Des voix rendues vivantes par la puissance du chant. Un instant d’éternité partagé avec des amis, frères, et surtout avec toute la communauté chrétienne du monde. Ces cantiques réveillent la mémoire du village, les saisons paisibles où les chorales religieuses chantaient comme de petits anges au crépuscule. C’était profond. Nous sommes  à une époque où la paix semble  descendre sur les maisons comme une bénédiction.

 

La nostalgie n’est pas tristesse mais gratitude. Il faut rendre grâce au Seigneur Jésus Christ et à la Sainte Vierge Marie, mère du ciel, pour ces souvenirs qui nourrissent encore la foi. C’était une grande chorale dirigée par un frère, permettant à ce chant vúté interprété par les Amis du Chœur Madrigal du Cameroun d’être célébré comme une perle de notre patrimoine. Cette association engagée dans l’enseignement musical et la valorisation des traditions orales offre à chaque fois une performance artistique unique parce qu’elle transmet une mémoire vivante. Ce chant en langue vúté, originaire de la région de l’Adamaoua, est souvent exécuté lors des fiançailles. Il plonge l’auditeur dans la sociologie délicate des amours naissantes, dans l’émoi des promesses et la beauté des engagements. L’arrangement raffiné de Jean Alexis Bakond enveloppe cette tradition d’une harmonie nouvelle tout en respectant son âme première. Ces chants nous poussent à connaître davantage la communauté vúté et Dieu. Lorsqu’on les écoute, le premier amour de la culture revient avec force. Ils apaisent les cœurs, ravivent l’espérance, rappellent la tendresse entre deux fiancés et la fidélité qui traverse les épreuves. Ils ont été pour moi une consolation dans les moments de poids et d’incertitude. Ils ont aidé à surmonter les tempêtes multiples de l’existence. Dans un temps où la vie semble peser lourd sur les épaules de certains, cette musique redonne fierté et dignité à notre langue, à notre identité, à notre foi.

 

La culture vúté grandit calmement, sans bruit, mais avec une détermination fascinante. Elle avance avec la sérénité des racines profondes qui savent d’où elles viennent. Elle ne cherche pas à dominer mais à rayonner. A travers ses chants, ses récits et sa spiritualité, elle s’ouvre au monde et offre sa richesse comme un trésor partagé. Il y a dans cette progression une noblesse discrète, une certitude que l’authenticité finit toujours par toucher les cœurs au-delà des frontières. On ne peut qu’exprimer la joie et distribuer des bénédictions à ceux qui exécutent cette chorale avec tant de ferveur. Certes, parfois les paroles semblent difficiles à percevoir et le message se devine plus qu’il ne s’entend clairement. Mais peut-être est-ce aussi cela le mystère. Comprendre avec le cœur avant de comprendre avec l’oreille. Ressentir avant d’analyser. C’est beau à écouter et à revivre pour tous ceux qui aiment le chant. Je vous invite à faire l’expérience de cette musique, à vous laisser porter par elle. Rien à dire sinon merci. Merci pour ce partage vibrant qui nous replonge dans notre patrimoine et nous rappelle que la voix peut devenir voie, que la tradition peut devenir avenir et que la foi chantée peut encore unir les peuples dans une même espérance.

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