Mogadiscio, Somalie – Sous un soleil ardent mais dans une ferveur sans précédent, la capitale somalienne a renoué ce mardi avec l’éclat du football international. Pour la première fois depuis plus de trente ans, la pelouse du stade de Mogadishu a vibré au rythme des dribbles et des applaudissements. Au cœur de cette résurrection sportive, une légende vivante : Samuel Eto’o Fils. L’ancien capitaine des Lions Indomptables, aujourd’hui président de la Fédération camerounaise de football, a foulé le sol somalien pour un match d’exception, entouré d’anciennes gloires africaines. Ce match, baptisé “Legendary Peace Tour”, a été un symbole sportif fort sportive, un peu comme une déclaration de renaissance de pays de guerre.

À ses côtés, des noms mythiques : Jay-Jay Okocha, Emmanuel Adebayor, Vincent Enyeama, unis par le ballon rond et la volonté de porter un message de paix. Leur équipe a triomphé 8 à 4 face à une sélection d’anciennes stars somaliennes, mais l’essentiel était ailleurs : dans l’émotion d’un peuple, dans les cris de joie d’un stade enfin comblé. Les images parlent d’elles-mêmes : des milliers de supporters, téléphones en main, hurlant le nom d’Eto’o, tendant la main, espérant un regard, un sourire, un salut. Dans cette partie du monde, déchirée si longtemps par la guerre, la venue du “Monument africain” a pris des allures d’événement diplomatique. « Tous ces gens veulent saluer Eto’o ? C’est ça, la dimension d’un homme que Dieu a élevé », commente un fan ému. En Somalie, Eto’o est une légende respectée, célébrée, acclamée. Un contraste saisissant avec son propre pays, le Cameroun, où certains semblent s’évertuer à minimiser son action, à entraver sa vision, à jeter des peaux de banane sur son chemin. Le proverbe se confirme : nul n’est prophète en son pays. Là où on devrait l’ériger en modèle pour la jeunesse, il est parfois traité comme un adversaire politique, un homme à abattre plutôt qu’à soutenir. Mais ailleurs, son étoile brille, sa voix porte, ses gestes rassemblent. « Tous ses déplacements sont professionnels, il a un agenda précis. Ce n’est pas un touriste », confie un proche collaborateur.

Son engagement pour le football africain est total, sa volonté de représenter le continent sur la scène mondiale, intacte. Pendant que certains le combattent à domicile, les peuples d’ailleurs l’accueillent comme un chef d’État, une icône, un bâtisseur. Le président de la Fédération somalienne de football, Ali Abdi Mohamed, ne cache pas son enthousiasme : « L’accueil de ce match est un énorme coup de pouce pour notre football. Nous envoyons un message fort au monde. » Bientôt, la FIFA et la CAF suivront la voie ouverte par ces légendes. Et si le football peut servir de pont entre les peuples, c’est aussi grâce à des hommes comme Eto’o, qui n’ont jamais cessé de croire au pouvoir du sport. Face à tant d’amour à l’étranger, le Cameroun devra un jour se regarder dans le miroir. Comment se fait-il qu’un homme capable de mobiliser des nations entières peine à être entendu chez lui ? L’histoire tranchera. Mais ce jour-là, à Mogadiscio, l’Afrique unie autour du football a retrouvé foi en elle-même, et Samuel Eto’o a, une fois de plus, écrit l’Histoire.
