Il y a deux semaines, dans le somptueux hôtel Djeuga Palace de Yaoundé, nous avons assisté à un moment de grâce littéraire, d’élévation intellectuelle et de profonde communion humaine. La grande salle de réception, d’ordinaire réservée aux cérémonies officielles, avait pris des allures de temple du savoir. Le public, dense, varié, composé de membres du gouvernement, d’intellectuels, de journalistes, d’étudiants, d’amis et de curieux, était venu non seulement pour assister à une séance de dédicace, mais aussi à la rencontre d’un homme, d’une œuvre, d’une pensée. Car rencontrer Janvier K. Litsé, c’est plonger dans la trajectoire d’un économiste panafricaniste au service du développement. Ancien vice-président de la Banque Africaine de Développement (BAD), homme de dossier, mais aussi homme de vision, il revient, à travers ce livre, sur plus de trois décennies de réflexion, d’engagement, et de combats pour une Afrique souveraine et responsable.

Une cérémonie à la hauteur de l’homme et de l’œuvre
Dès les premières minutes de la cérémonie, l’atmosphère était électrique, portée par une attente palpable. Le professeur Marcelin Vouna Etoa, en maître de cérémonie, a su trouver les mots justes pour ouvrir la séance. Puis vint un moment solennel : Romuald Ntchuisseu Ngock, journaliste à la CRTV, lut un extrait de la préface du président Yayi Boni, offrant au public un condensé de sagesse et de gratitude envers Janvier K. Litsé, ce « fils de l’Afrique » qui écrit pour transmettre. L’émotion gagna un cran lorsque Roch Sosthène Nepo, intellectuel béninois et témoin privilégié du processus d’écriture, prit la parole pour présenter l’auteur avec chaleur et admiration. Puis le journaliste Serge Pouth s’attaqua à la matière même de l’œuvre, soulignant sa richesse intellectuelle et sa puissance critique.

Une œuvre à la croisée de l’autobiographie et de la pensée stratégique
« L’Afrique dans ma peau » est non seulement un récit de vie mais aussi une autobiographie intellectuelle, un manifeste pour le développement endogène de l’Afrique, un appel à l’action pour les générations actuelles et futures. Janvier K. Litsé y expose, en onze chapitres d’une clarté saisissante, les conditions de réussite de son parcours personnel, mais surtout les grands déterminants de la croissance durable en Afrique : éducation, énergie, gouvernance, santé, infrastructures. Le développement, selon lui, n’est pas une assistance. C’est une responsabilité. Une dynamique portée par les Africains eux-mêmes, avec leur intelligence, leur culture, leurs institutions. Dans la lignée de Joseph Ki-Zerbo, il martèle : « On ne développe pas, on se développe. » Il invite à une pédagogie du développement, une pensée ancrée dans le réel africain, mais ouverte sur le monde.

Une leçon d’humilité et de rigueur
L’humilité de l’auteur a frappé les esprits. Lorsqu’il a pris la parole, il n’a pas mis en avant ses titres, ni son prestigieux parcours. Il a simplement parlé à cœur ouvert : « À travers ces pages, j’ai voulu inviter chacun à une prise de conscience collective. » Une phrase qui résume tout : son livre est un outil, une passerelle, un flambeau. Sa mère, présente dans la salle, l’a décrit comme un enfant « courageux, qui promet et qui réalise ». Un portrait juste, incarné dans cette œuvre lucide et exigeante. À l’heure des slogans creux et des discours politiques sans lendemain Janvier K. Litsé propose des idées, une méthode, et une éthique.

La foule, la ferveur, et la portée symbolique
Jamais séance de dédicace n’a autant ressemblé à une cérémonie d’État. Le ministre René Sadi, dans une intervention chaleureuse, a rappelé les liens de filiation et d’estime qui l’unissent à l’auteur : « C’est un fils digne de Yoko. » Même empêché, le ministère de la Culture, par la voix de Nkene Blaise Jacques, a souligné l’impact du livre sur les lecteurs africains. Et le public ? Massif, attentif, admiratif. Lecteurs en quête d’inspiration, jeunes fascinés, collègues émus. Tous ont battu les records de présence et d’enthousiasme. On ne venait pas seulement pour un autographe. On venait pour un échange, un regard, une parole. Sa Majesté Janvier K. Litsé s’est prêté avec générosité à ce rituel du partage.

Un auteur, des valeurs
L’homme derrière le livre incarne ce qu’il écrit. Rigueur, intégrité, patriotisme, foi en la jeunesse et en l’Afrique. Il ne brandit pas le savoir comme une arme, mais comme un héritage à transmettre. Il ne cherche pas la lumière, mais éclaire. Pour finir, « L’Afrique dans ma peau » est un acte d’engagement, une contribution décisive au débat sur l’avenir du continent, un appel à l’excellence et à la responsabilité. Janvier K. Litsé offre à l’Afrique une leçon de lucidité et d’espérance.









