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L’homme  a la gueule de l’horreur. Une barbe hirsute longue comme celle d’un homme sorti  d’un désert oublié, strié de rides sa  barbe est en bataille comme une broussaille déréglée, mal taillée par les mains mêmes du diable. Il n’a pas l’air d’un penseur,  il ressemble à une apparition lugubre échappée d’un vieux mythe interdit, un démon mal rasé qui se croit visionnaire. Mais ce n’est pas la laideur physique de SaintDésir Atango qui trouble : c’est la monstruosité de ses mots, la violence inouïe de ses pensées, et l’orgueil malade avec lequel il ose justifier l’abominable. Oui, il l’a écrit, calmement, froidement : il couche avec ses filles. Et non seulement il le revendique, mais il l’érige en combat pour la “libération de l’Afrique”. Sous couvert d’animisme “fondamentaliste” (qu’il semble être le seul à comprendre), SaintDésir Atango tente de repeindre l’inceste en acte de spiritualité.

 

L’ignoble devient, dans sa bouche, du “pur sang” à préserver, de la “résistance au colon” à exalter. L’homme ne défend pas une idée : il vomit un venin. Il ne pense pas : il délire. Il ne milite pas : il contamine. Pire encore, il tente d’inverser la honte : ce n’est pas lui qui est coupable, c’est nous, qui n’aurions pas “compris” la sagesse ancestrale. Le vrai problème, dit-il, c’est l’Occident, c’est la Bible, c’est le “copier-coller” des lois modernes. L’inceste, selon lui, n’est qu’un tabou fabriqué pour garder les Africains dans l’ignorance. On croirait entendre un ogre se plaindre d’avoir été surpris la main dans le berceau. Mais que reste-t-il d’une société qui ne sait plus nommer l’ignominie ? Que reste-t-il d’un peuple qui tolère que des criminels s’auto-proclament prophètes pendant qu’ils violent la dignité humaine au nom d’une pseudo-cause ? Ce monsieur n’est pas un penseur. Ce n’est pas un artiste, ni un militant. C’est un danger. Il fait partie de ces cercles nuisibles, ces zones troubles où les idéologies se tordent pour abriter des pulsions, où l’on parle d’“éveil” pour cacher des crimes.

 

Qu’il soit libre de marcher pendant qu’il avoue l’inceste avec la certitude du juste est une gifle infligée à toutes les victimes, à toutes les lois, à toute morale. Alors, non, SaintDésir Atango, vous n’êtes pas le Christ. Vous n’êtes pas la tradition. Vous êtes la faillite morale d’un homme qui tente d’enrôler tout un continent dans sa chute. L’Afrique ne se libérera jamais par le lit de ses propres filles. Elle se relèvera par l’éducation, la protection des enfants, et le respect des limites sacrées entre l’homme et la bête. Vos mots n’ont pas seulement sali vos filles, ils insultent nos mères, nos traditions vraies, et tous ceux qui se battent réellement pour un avenir plus digne. Qu’on vous réduise au silence par la justice, qu’on vous enferme dans le noir d’où vous n’auriez jamais dû sortir, et qu’on rappelle haut et fort que le crime ne sera jamais une idéologie.

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