Les 22 et 23 septembre 2026, un atelier de renforcement conjoint du Réseau des Femmes Sénateurs du Gabon (REFESEG) et du Réseau National des Femmes Députés (RENAFED) s’est tenu au siège provisoire du Sénat. Présidés par Madame Huguette Nyana Ekoumé épouse Awori Onanga, ces travaux étaient consacrés à un enjeu essentiel : l’élaboration des plans stratégiques respectifs des deux réseaux de femmes parlementaires. Cette rencontre, fruit d’une initiative commune des Bureaux des deux Chambres, a bénéficié de l’accompagnement de l’Union interparlementaire et traduit une volonté de renforcer les capacités des femmes parlementaires et de leur permettre de mieux structurer leur action au sein des institutions de la République. Au-delà de l’aspect technique de l’élaboration de plans stratégiques, cet atelier pose une question fondamentale : quelle place voulons-nous donner aux femmes dans la construction de l’avenir du Gabon ? La réponse ne peut être limitée à une simple représentation numérique dans les institutions.

La présence des femmes au Parlement doit pouvoir se traduire par une capacité réelle à porter des idées, à participer aux décisions, à défendre les intérêts des populations et à contribuer à l’élaboration des politiques publiques. La femme gabonaise n’attend pas aujourd’hui qu’on lui attribue un rôle. Elle travaille, entreprend, éduque, soigne, dirige, crée, transmet et participe activement à la vie économique et sociale du pays. Dans les administrations, les entreprises, les professions libérales, les associations, les universités, les médias, la culture et les institutions, elle apporte chaque jour sa contribution au développement national. Cette réalité mérite d’être davantage reconnue et valorisée. La femme gabonaise est également porteuse d’une mémoire et d’une expérience qui doivent nourrir les politiques publiques. Dans de nombreuses familles, elle demeure un pilier de transmission des valeurs, de l’éducation et de la solidarité. Son expérience du quotidien lui donne aussi une connaissance concrète des difficultés rencontrées par les familles, les jeunes, les personnes vulnérables et les communautés. C’est pourquoi son implication dans la décision publique ne doit pas être considérée comme une faveur, mais comme une nécessité pour une gouvernance représentative et inclusive.

Les parcours de femmes qui occupent aujourd’hui des responsabilités publiques montrent que les Gabonaises peuvent investir pleinement les espaces de décision. Des personnalités comme la sénatrice Huguette Nyana Ekoumé épouse Awori Onanga, à travers leur engagement institutionnel, illustrent cette évolution et contribuent à ouvrir la voie à d’autres générations. Mais le véritable enjeu est désormais de transformer ces réussites individuelles en dynamique collective. Le leadership féminin ne doit pas seulement permettre à quelques femmes d’accéder aux responsabilités ; il doit également favoriser la transmission, le mentorat, la formation et l’accompagnement des jeunes femmes qui souhaitent s’engager dans la vie publique. Une femme qui accède à une responsabilité doit pouvoir contribuer à créer les conditions permettant à d’autres femmes de progresser à leur tour. C’est là tout le sens d’un réseau comme le REFESEG ou le RENAFED : créer un espace de solidarité, d’échange d’expériences et de réflexion stratégique permettant aux femmes parlementaires de mieux porter les préoccupations des populations.

La participation des femmes à la vie politique ne doit pas s’arrêter à leur présence dans l’hémicycle. Elle doit se traduire par des initiatives, des propositions, des débats et des actions concrètes au bénéfice des citoyens. Le Parlement doit être un lieu où les réalités vécues par les femmes et les familles sont entendues et transformées en réponses publiques. Les questions liées à l’éducation, à la santé, à l’emploi, à l’entrepreneuriat féminin, à la protection sociale, à la formation des jeunes et à l’autonomisation économique doivent continuer à occuper une place importante dans cette réflexion. Le leadership féminin peut également contribuer à renouveler les méthodes de travail et à encourager davantage de dialogue, d’écoute et de proximité avec les populations. Cet atelier constitue donc bien davantage qu’une rencontre consacrée à la rédaction de plans stratégiques. Il peut être considéré comme une étape dans la construction d’une vision à long terme du leadership féminin au Gabon.

La femme gabonaise doit pouvoir être pleinement actrice de son destin et de celui de son pays. Elle doit être présente dans les espaces économiques, sociaux, culturels et politiques, non pas pour se substituer aux hommes, mais pour construire avec eux une société dans laquelle toutes les compétences peuvent être mobilisées. L’enjeu est également celui de la jeunesse. Les jeunes filles gabonaises doivent pouvoir regarder les femmes qui exercent aujourd’hui des responsabilités comme des modèles possibles, accessibles et inspirants. Elles doivent comprendre que l’engagement, la compétence, le travail et la formation peuvent leur ouvrir les portes de la responsabilité. Ainsi, le renforcement du leadership féminin apparaît comme un investissement dans l’avenir du Gabon. La femme gabonaise est déjà au travail. Il appartient désormais aux institutions et à l’ensemble de la société de créer les conditions pour que son travail, son intelligence, son expérience et son engagement puissent contribuer pleinement à la transformation du pays. L’atelier du REFESEG et du RENAFED des 22 et 23 septembre 2026 s’inscrit précisément dans cette perspective : donner aux femmes parlementaires les moyens de mieux structurer leur action aujourd’hui pour mieux préparer le Gabon de demain.
