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Il peut vouloir l’être. Il fera le maximum pour remplir les conditions. (C’est de son devoir et c’est un droit). Mais il ne sera pas candidat. Son dossier sera rejeté en admission par Elecam. Cette mesure sera entérinée par le conseil constitutionnel. Et ça sera terminé. Nous connaissons les seules conditions qui vont le recaler. Il sera investi par le MRC qui n’est nulle part représenté et donc, ne remplit pas la condition requise pour investir. C’est la seule raison qui lui sera opposée. Voyons ce que vaudra sa contradiction. Elecam, moi et la plupart de ceux qui regardent cette affaire possédons le même point de vue. Pour être représenté, il faut avoir participé à une élection. Il est évident que le MRC qui s’est vanté d’avoir boycotté – et qui maintient avoir toujours raison – n’a plus participé aux dernières élections.

 

Pourquoi diantre le MRC avait-il boycotté ? Il avait en ce temps-là donné sa justification qui paraît aujourd’hui avoir complètement changé. Hier, il disait : tant que le code électoral n’a pas changé ; tant que la crise au Noso n’est pas résolue, nous ne participerons plus aux élections. C’était simple, pour le pouvoir, s’il voulait le mettre de côté, de ne rien faire du code électoral. Il s’est bien gardé de le toucher. Ça pouvait être cynique de sa part, pour la crise du Noso : la laisser s’éterniser comme il l’a laissée car elle n’est pas terminée. Voilà les raisons que le MRC nous a données. Aujourd’hui, à ce qu’il paraît, il y en a d’autres. Il fallait boycotter pour démasquer les « pions ». Tous les gens qu’ils ont chassés pour avoir simplement contesté en étaient. Ils ont perdu l’essentiel de leurs cadres ; virtuellement tous leurs alliés. Et maintenant qu’ils ne remplissent plus les conditions, la faute est au pouvoir qui veut les éliminer. Il a, paraît-il, les arguments du Pr. Aba’a Oyono fondés sur une lecture de la constitution.

 

En mots simples, on essaie de nous faire avaler que la constitution possède une contradiction. Dans son esprit, à ce que disent ces lumières du droit, la constitution ne sait pas ce que veut dire être « représenté ». D’abord, il n’est pas possible – pour ces sages – qu’un parti fût représenté. Parce que le mandat n’est pas au parti, mais à la nation. À ce titre, n’importe qui dans cette nation peut le clamer ; en commençant par l’élu. La transhumance est donc autorisée. Les instances représentatives deviennent des foires où des élus peuvent être débauchés ou achetés. Et dans cette optique, on prépare un sac d’argent. Des milliards. Tout le monde voit clairement que cette triche repose sur une spécieuse rhétorique. Il était plus simple de participer aux élections car, de quelque manière qu’on argumente sur les élus qui représentent ; élus, ils le sont pour avoir participé à une élection à laquelle celui qui les revendique a refusé de participer. Et donc, la logique initiale demeure. Pour être élu, il faut participer à l’élection.

 

Impossible de représenter sans être représentant : c’est-à-dire élu. Mais que dire des grands tricheurs ? Je parle de ces élus particuliers ; grands transhumants devant l’Éternel ; qui ont débuté par cette plateforme-ci ; se sont faits investir par ce parti-là où ils ont été élus. Ils en ont été chassés. (On peut estimer que c’était par excès de bonne conduite). Ils ont intégré le troisième parti-là qu’ils ont créé. De ce troisième socle qui n’est même pas encore autorisé, ils entreprennent de soutenir un quatrième parti qui n’a aucun élu pour avoir lui- même boycotté. Au final, les juristes nous expliquent que leur droit qu’ils enseignent à l’Université est une licence de désordre la plus éhontée. On peut dire et se renier. Hier affirmer telle chose et se dédire aujourd’hui. Mais encore : revenons aux élus dont il est question. Il ne leur est demandé aucune lettre d’investiture.

 

Ce n’est pas l’élu (ou le représentant) qui investit : c’est un parti. Dans la lettre d’investiture, le parti qui investit n’a pas à démontrer qu’il serait représenté où que ce soit. Tout ce qui lui est exigé est d’investir. Cela signifie qu’Elecam doit pouvoir savoir, par elle- même, qui serait représenté et où. Et bien sûr, parbleu : ce moyen, Elecam l’a sûrement ! Si Elecam vous dit que vous n’êtes pas représenté – elle le dira au MRC – vous ne l’êtes pas. Je ne vois pas qui pourra démontrer que sans représentant, il serait parvenu à être représenté. Il est vrai qu’on est à Pâques : Lazare peut ressusciter. Mais pour qu’on le constate à Yaoundé, il faut rouler la pierre de Ngoa Ékellé. Et convaincre le disciple Thomas alias Clément Atangana. Les trois cent signatures ? Oubliez. Ce n’est qu’une simple virtualité. Celui qui n’a pu soulever une haltère de dix kilos, (avoir un seul élu) ; n’a pas porté celle de vingt, (débaucher un seul élu antérieurement voté ailleurs et s’en faire un représentant), ne fera pas le plus dur : porter cent kilos : les trois cents signatures.

 

Même avec six milliards. Non pas que l’argent n’en puisse pas acheter : bien au contraire. La difficulté ici n’est pas si la chose serait possible (cent millions par signature, n’importe qui va signer) ; mais comment le proposer. Ça ne peut pas se cacher. Il y a des choses impraticables. Même avec beaucoup d’argent. Collecter des signatures discrètement est de celles-là. Or il est impérieux – chacun saura pourquoi – que, si cette option était retenue, ça se fasse discrètement. Trente signatures par région, et en silence, ça ne s’est jamais fait. Personne ne l’a jamais pu. Peut-on envisager une énième transhumance ? Du genre : le rat quitte le navire en train de couler. On abandonne le gallion du MRC pour le kayak de l’un des cinq derniers petits partis encore représentés pour chercher son investiture ? Ça aussi est une virtualité. Mais sa praticabilité est une totale impossibilité. Ça se heurte au mécanisme de sa légalisation. Il faut une démission officielle – et formelle – du MRC dont le candidat Kamto est le président. Elle doit être authentifiée par un accusé de réception du Minat. Cet acte autorise le transfuge à adhérer à une nouvelle formation. En qualité de quoi ? Militant de base comme Ékindi le chasseur de lion ?

 

Il n’existe aucun poste statutaire d’investi d’un parti dans tous les partis existants. C’est vrai que les partis Yango existent. Me Akere Muna et Cabral Libii en savent quelque chose. (Même s’il advient parfois des désaccords sur l’addition). Yango a un coût et une procédure. Il faut s’y prendre à temps et de la bonne façon. Nous sommes à la fin avril. Il n’y a pratiquement plus de temps. Et je vous laisse deviner l’éclat national de rire quand, tous, nous verrons Azombo Moan-Bulu à bord du Yango en direction d’Étoudi. Même Cabral Libii en rira. Mme Tomaino Njoya sera tordue en deux de rire. Paul Biya ? Peut-être qu’il ne rira pas. Il ouvrira de grands yeux ronds et se retournera vers sa femme :

 

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