Mag-Afriksurseine-Mars-2024

LA SOBRIETE FUNERAIRE : LA DERNIERE REFORME ECCLESIASTIQUE DU PAPE FRANÇOIS ?

« Et n’oubliez pas de prier pour moi. » Pape François.

« Le sépulcre doit être dans la terre, simple, sans décoration particulière et avec la seule inscription : Franciscus. »

Ainsi est la volonté du souverain pontife. Comme vous le savez tous, au lendemain de la Pâques 2025, le monde s’est réveillé avec cette nouvelle frappante : le Pape François n’est plus ! Il n’est pas question ici de revenir sur les circonstances de sa disparition, ou sur son héritage épiscopal, les médias internationaux en parlent suffisamment ; mais au travers de ces quelques lignes, je souhaite que nous nous interrogions sur la simplicité et la discrétion funéraires ; termes sur lesquels le regretté saint père a mis l’accent pour son dernier voyage. Pour ceux, qui étaient attentifs à son style de vie, cela n’a rien d’étonnant.

 

D’ailleurs les titres de la presse le disent à suffire à l’instar de la Dépêche « C’était le Pape des pauvres », du Parisien « Le Pape du peuple », ou encore dans le Moudjahid « Un grand défenseur des causes justes », etc. C’est factuel, le monde dans son unanimité, s’est arrêté un instant, afin de rendre un vibrant hommage au guide spirituel de l’Eglise Catholique ces dernières heures et les hommages ne cessent d’affluer par vagues tsunamiques. Et pourtant, malgré les avantages que lui conférait sa position au combien importante, le Pape François, comme à l’image de son modèle Saint François d’Assise dont il a hérité le prénom ; a vécu auprès des plus démunis, des migrants et des orphelins.

 

Il est resté  fidèle à ses valeurs humaines jusqu’à sa mort ; en inscrivant lui-même dans son testament publié par le Vatican le lundi 21 avril 2025 à 20h13 précises, ces mots : « Je souhaite que mon dernier voyage terrestre se termine dans ce très ancien sanctuaire marial où je me rendais pour prier au début et à la fin de chaque voyage apostolique afin de confier en toute confiance mes intentions à la Mère Immaculée et de la remercier pour son attention docile et maternel. […]Le sépulcre doit être dans la terre, simple, sans décoration particulière et avec la seule inscription : Franciscus. » Il a décidé de casser les codes toute sa vie et même post mortem en refusant d’être inhumé comme ses prédécesseurs, dans les 3 cercueils imbriqués majestueusement décorés comme le veut la tradition pour l’inhumation des souverains pontifes.

 

C’est à travers les premières images de sa dépouille mortelle, que l’on a pu le voir reposer dans un simple cercueil en bois épuré. C’est dans cette simplicité, que le souverain pontife demeura en attendant la résurrection à laquelle chaque chrétien aspire avec le Christ. Toutefois, il convient de noter que le Pape avait une affection particulière pour l’Afrique. Car, durant son pontificat, il a effectué 10 déplacements sur la terre du soleil en raison du Kenya, de l’Ouganda, du Centrafrique, du Mozambique, de l’Egypte, du Maroc, de l’île de Madagascar, de l’ile Maurice, du Soudan du Sud et de la République Démocratique du Congo dont le message était particulièrement saisissant : « Ça suffit ! Arrêtez d’exploiter l’Afrique ! » L’Afrique, terre promise où dansent soleil et pluie, où ruissèlent toutes sortes de minerais précieux, où la nature offre sa plus belle verdure et paradoxalement, est le continent le plus sous-développé au monde !

 

Et comment expliquer que cette même Afrique cultive une pratique ostentatoire voire aguicheuse autour des funérailles ? Comment comprendre ce paradoxe ? Car oui, il faut avoir le courage de le dire, nous observons de plus en plus, une vulgarisation des clichés aguicheurs reflétant la volonté de certains d’exhiber leur richesse et leurs biens matériels lors des événements malheureux sur le continent. Cette pratique est devenue tellement virulente sur les réseaux sociaux, qu’elle tend déjà à la normalisation et donc à l’insensibilité des consciences chrétiennes. Tandis que certains en ont fait un business pour se remplir les poches, c’est la parfaite occasion pour d’autres d’arborer leurs meilleures tenues, d’exposer leurs plus chers véhicules afin de se sentir appartenir à une classe élitiste extrêmement restreinte de la société.

 

Ils engagent des dépenses folles dans l’organisation pompeuse des funérailles d’une personne qui n’est plus là. Est-ce réellement une volonté d’honorer la vie du défunt ou de la défunte, ou est-ce une énième occasion dissimulée et morbide qui plus est, de prouver leur pouvoir ? Ainsi, cela leur procure un sentiment de domination épileptique, de supériorité presque exaltante sur la majorité prolétaire. Mais comment comprendre ce type de comportement provenant des chrétiens et pas que, issus d’une terre promise ou tout est à refaire ? N’est-ce pas que le Christ Lui-même, est né dans une mangeoire ?   N’a-t-il pas mangé avec les plus pauvres ? N’est-Il pas le même qui a lavé les pieds de ses créatures ?

A chacun d’y répondre en son âme et conscience.

La simplicité du Pape François même après son départ, nous rappelle celle du Christ, notre Seigneur et Sauveur, qui a vécu en toute humilité auprès de ses créatures. Il n’est pas venu dans ce monde en fanfares et trompettes, mais Il s’est dépouillé de Sa Gloire pour aller à la rencontre de ses brebis et il a reposé dans un simple tombeau avant Sa Résurrection. Cet article n’est qu’une volonté de permettre à chacun de faire cet examen de conscience : Et que sert-il à un homme de gagner le monde, s’il perd son âme ?

In memoriam Papæ Francisci 1936 -2025. Reposez en paix et MERCI.

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