Il faisait partie des artistes inscrits dans le grand livre de l’humour camerounais. Narcisse Kouokam, maître des mots et architecte du rire, a rendu son dernier souffle, ce 10 août 2025, à deux heures du matin, laissant derrière lui une scène orpheline et un public inconsolable. Héritier spirituel des géants comme Jean Miché Kan Kan, Massa Batré, Massa Moyo, DVK Moktoi, Oncle Otsama ou Essindi Mindja, il fut aussi un passeur, révélant des talents comme Antonio et Pablo Symbol. On se souvient de lui, infatigable, arpentant les rues de Yaoundé dans les années 80, collant lui-même ses affiches, organisant des soirées où humoristes et musiciens se mêlaient pour célébrer l’art. Auteur de sketchs intemporels, pionnier du stand-up au Cameroun, il portait en lui cette force tranquille de ceux qui savent que le rire est un acte d’amour. Aujourd’hui, le rideau tombe, mais ses éclats de voix et de vie continueront longtemps d’habiter nos mémoires. Aujourd’hui, c’est tout un pan de l’histoire de l’humour camerounais qui s’éteint.

Narcisse Kouokam n’est plus. Et avec lui, c’est une voix, un rire, un souffle créatif qui s’envole. À la fin des années 80, dans un Yaoundé vibrant, il fit sensation, portant haut l’étendard de la comédie de salle, alors que l’humour se déployait encore surtout sur les ondes radiophoniques. Il était infatigable dans ses débuts, allant de quartier en quartier pour annoncer ses soirées théâtrales au Palais des Congrès. Auteur de sketchs mémorables : appelez-moi Honorable, Téléphone circulaire, il a su, pour la première fois au Cameroun, faire rire par la seule force de ses mots, sans fard, sans accoutrement, inaugurant ainsi le spectacle à la camerounaise. Homme de scène et d’héritage, il a célébré ses 35 années de carrière en mai 2019 dans une soirée géante à Yaoundé, comme pour graver dans le marbre un parcours jalonné de passion, de rigueur et de rires partagés.
Narcisse Kouokam s’est éteint au CHU de Yaoundé, à l’âge de 63 ans, des suites de complications post-opératoires qui l’avaient plongé dans le coma pendant 18 jours. Son fils, Franklin Kouokam, a livré ce témoignage sobre et douloureux, nous rappelant que derrière l’artiste se tenait un père, un pilier, un homme aimé. Aujourd’hui, nous lui disons merci. Merci pour ces innombrables éclats de rire qui ont traversé nos foyers, pour cette élégance dans l’art de dire, pour cette ténacité qui l’a vu bâtir une carrière là où rien n’était tracé d’avance. Grand frère de la Briqueterie, digne fils du Cameroun, que ton dernier voyage soit empreint de paix. Que tes pas, désormais, se fassent vers la lumière éternelle. Et à nous qui restons, il nous laisse un héritage : celui de croire au pouvoir des mots, au lien sacré entre l’artiste et son public, et au rire comme baume sur les blessures du monde. Adieu, Narcisse Kouokam. La scène est orpheline, mais ton œuvre, elle, ne s’éteindra jamais.