Ce dimanche, Lydol, la slameuse au verbe fin et à la voix habitée, a refait surface avec un message sobre et poétique : « C’est vrai, le vent peut te pousser… mais le vent ne choisit pas ta direction. » Un souhait de bon dimanche accompagnait ses mots. Pourtant, derrière cette phrase inspirante, les réactions ont été vives. Les réseaux sociaux ont fait écho à une colère encore vive, révélant à quel point l’épreuve traversée par la jeune artiste reste un sujet sensible. Car avant d’être une voix sur scène, Lydol est avant tout une femme, une fille, une humaine prise dans un tourbillon dont elle n’avait pas imaginé le poids. Autrefois en pleine ascension, multipliant les tournées et les succès, elle connaît aujourd’hui un temps d’ombre. Certains estiment qu’un retrait de la scène serait préférable, le temps que les blessures collectives s’apaisent.

Mais chacun vit son deuil et ses épreuves à sa manière. La tragédie qui touche Lydol n’est pas la sienne seule : elle porte dans son histoire une douleur familiale, doublée du regard pesant de l’opinion publique. Or, la vie enseigne que nul ne peut revenir en arrière. On peut seulement apprendre à avancer, pas à pas, dans le silence ou la lumière, selon la force qui nous habite. Dans certaines traditions, le deuil se marque par des gestes forts, comme le rasage de la tête chez les Bamiléké, symbolisant purification et renouveau. Mais au-delà des rites, c’est le cœur qui décide du moment où il est prêt à se relever. Le vent peut être violent, il peut désorienter, mais il ne dicte pas la route.

Lydol, par ses mots, semble rappeler qu’il est possible de se tenir debout même lorsque la tempête gronde. Ses slams sont peut-être pour elle un moyen de respirer, d’exorciser la peine, et de continuer à tendre la main à ceux qui, comme elle, connaissent des vents contraires. Il est aisé de juger depuis l’extérieur. Plus difficile est l’art de comprendre, d’accorder une trêve à celle ou celui qui marche encore sur un sol fragile. L’histoire de Lydol nous invite à réfléchir sur notre propre capacité à pardonner, à faire preuve de compassion et à laisser le temps réparer ce qui peut l’être. Car, après tout, si le vent nous pousse… la direction, c’est nous qui la choisissons.

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