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Mag-Afriksurseine-Mars-2024

JEAN NDJIBE, DIT CHATEAUBRIAND MON MAITRE A L’ECOLE PRINCIPALE DE YANGBA (MES SOUVENIRS)

L’école comme espoir

Il s’appelait Jean NDjibè, surnommé Chateaubriand. Un nom d’écrivain pour un homme d’école. Il n’était pas bien grand – à peine dépassait-il certains de ses élèves les plus élancés -, mais il dégageait une noblesse tranquille, une présence silencieuse qui imposait le respect sans un mot. Jean NDjibè avait cette beauté rare, discrète et rayonnante à la fois – celle qui ne cherche pas à séduire mais qui s’impose par l’élégance de l’âme. Ses traits étaient fins, presque sculptés. Son allure, malgré sa petite taille, avait quelque chose de princier. Il était le maître, et nous, ses élèves, embarqués avec lui dans cette grande aventure du savoir. Si l’on avait un peu de chance, on pouvait voir, certains matins, le soleil se lever tendrement sur Yangba, ce petit village que je qualifie encore aujourd’hui d’homérique. Nous nous lavions le visage à l’eau fraîche, l’âme encore imprégnée de songes, puis, avec les camarades les plus proches – ceux du voisinage -, nous nous appelions par nos prénoms pour prendre ensemble le chemin de l’école.  Sur la route, les bavardages fusaient, à mi-chemin entre l’inquiétude et le rire : on évoquait cette leçon qu’on n’avait pas pris la peine d’apprendre la veille. Et chacun spéculait, avec un mélange d’humour et de crainte, sur le nombre de chicottes que nous recevrions ce jour-là pour n’avoir pas étudié nos leçons la veille. Mais tout changeait dès que Chateaubriand entrait en classe. Il n’avait pas besoin de hausser la voix. Sa simple présence suffisait à ramener le silence. Il nous enseignait le français, le calcul, l’histoire… mais plus encore, il nous enseignait la tenue, la réflexion, la parole bien choisie. Il aimait ponctuer ses leçons de proverbes, de récits, parfois même de contes qu’il réinventait avec un talent qui nous captivait. Il ne se contentait pas de transmettre des savoirs : il les faisait vivre.

Sous la montagne, les souvenirs homérique

La montagne de Yangba, que l’on appelait aussi le mont Yassem de l’autre côté du village, veillait au loin, mystérieuse et majestueuse. Elle avait, à nos yeux d’enfants, un pouvoir banal mais si aujourd’hui je sais qu’elle avait un force magique celle de capturer les instants et de les figer pour l’éternité. Elle racontait des histoires à qui savait l’écouter. Elle brillait à travers le temps, illuminant des récits – qu’ils soient personnels ou collectifs – qui façonnaient notre passé, irriguaient notre présent. L’avenir ? on y croyait à peine. On avait pas conscience. Pourtant un village qui possède une montagne est un village riche en esprit. Car la montagne n’est pas qu’un sommet de pierre : elle est un appel à l’élévation. Elle nous invite à gravir ses flancs, à atteindre ses cimes, pour y dialoguer avec ceux qui l’habitent – qu’ils soient visibles ou invisibles. C’est pourquoi les anciens, ceux qui ont traversé trois générations et qui possèdent encore la mémoire vive des temps révolus, occupent une place sacrée. Ils sont les passeurs de souvenirs, les tisseurs d’âme. Mais à l’heure où les images envahissent nos vies, où la technologie tente de reproduire avec une fidélité troublante les visages, les voix et même les émotions du passé, une question se pose : jusqu’où cette modernité ira-t-elle dans la réécriture de notre mythologie familiale ? Saura-t-elle préserver la fragilité du souvenir ou finira-t-elle par la remplacer ? En 1975, nous étions soixante-cinq élèves, répartis de la SIL au CM2. Je me souviens encore du cours préparatoire partagé avec Gbako Salo, Tolguenim Grégoire, Adjié, Yoko Joël… Certains noms se sont estompés dans ma mémoire, comme des feuilles emportées par le vent, mais les visages, eux, restent inscrits en filigrane de mes souvenirs. Nous avons poursuivi le cours élémentaire ensemble. La classe était divisée en deux rangées : le Cours Élémentaire 1 et le Cours Élémentaire 2. Là, nous retrouvions Betir Isaac – aujourd’hui chef de Gba’a -, Djibril, Gaillon, et Joséphine, la mère d’Hervé Mbakong Louk. Plus tard, au CM2, il y avait Sylvine, et  Wouri Jean – Claude  le défunt  délégué à l’éducation.

 

Quand l’école chantait dans la patrie

Chaque lundi matin, nous chantions l’hymne national, debout, les yeux levés, l’âme droite. Chacun apportait un petit repas pour la récréation, et pour midi. L’école se terminait à 15 heures, et aussitôt, nous courions, les pieds nus,  chaussés de poussière, pour retrouver nos parents dans les champs, là où le jour se terminait en efforts et en rires des anecdotes que nous comptaient nos grands parents. Cette école, si simple, si frêle encore, fut pourtant notre berceau de lumière. Elle nous a appris, doucement mais sûrement, à grandir avec honnêteté, et à nous tenir debout avec dignité. Le maître que l’on voit sur cette vieille photographie s’appelait Djèbè Jean. On le surnommait « Chateaubriand » – un pseudonyme qui, à mes yeux d’enfant, lui allait comme une plume au vent. Mon oncle, il a été pour moi,  une figure, une présence, un repère dans ce monde encore flou de l’enfance où des enfants jetés dans les villages ne savent qu’est un père ou mère. À notre époque, il tenait à lui seul quatre classes : les deux cours élémentaires et les deux moyens. Il cumulait avec cela la charge de directeur de l’école. Et comme si cela ne suffisait pas, il avait aussi créé un jardin agricole à quelques pas des salles de classe, un lieu où la terre apprenait à parler aux enfants. Je me souviens encore du jour où il fit venir des Norvégiens dans notre village. Pour la première fois, nous découvrîmes le cinéma, projeté à 20 heures sur un mur nu, dans la cour silencieuse de l’école. Les images bougeaient, dansaient, et nos cœurs battaient fort, comme s’ils reconnaissaient une magie ancienne. Le samedi, pendant la saison du cacao, il cherchait les volontaires qui viendraient l’aider  pour concasser les cabosses. Moi, je levais toujours la main le premier.   sa réponse à mon égard m’honorait. « Toi, tu n’as même plus besoin de lever le doigt. Je sais que tu seras là. » J’étais un travailleur, j’aimais le travail. C’est ainsi que j’ai fait des efforts sans grand moyens.

L’enfance et l’éveil du monde 

Nous étions en 1975. Un an plus tôt, Mohamed Ali était redevenu champion du monde. Le Tonnerre de Yaoundé venait de remporter la Coupe d’Afrique des clubs champions. La musique Kenyanne faisait écho. Au niveau du cameroun, c’était les blacks Styl, Talla André Marie, Elvis Kemayo et Francois Missé Ngo.  Prince Nico Mbarga préparait ses chansons qui feront la une du monde. A la radio c’était Abel Mbemgue et Zacharie Nko et Michel Essang. Dans notre village, des grands frères comme Daniel Nywané, Mee Benjamin et Nyassé faisaient office de journalistes. Une radio collée à l’oreille, ils captaient les nouvelles du monde et les transmettaient à toute la jeunesse avec ferveur le soir venu à la grand cour du village. À Ngoro, Medjang Luc dirigeait son école avec la même rigueur qu’un chef d’orchestre. Nkatou Ndengue était l’élégant chef du village, et Bakanè était le plus riche de Ngoro.  Parlant de Medjang Luc et des autres qui l’accompagnaient dans ce métier d’enseignant, je mentirais si je disais que ces maîtres étaient tendres : ils étaient sévères, presque inaccessibles. Leur formation, équivalente à celle des enseignants des villes, les rendait d’autant plus redoutables. Et pourtant, ils restaient d’une fidélité admirable à leur mission quotidienne. À cette époque, il était difficile de comprendre que l’école était le seul chemin possible vers un avenir autre. revenons à Yangba. Autour de nous, la forêt de Nyangba bruissait encore d’une vie intense. On y croisait des singes, des gorilles, des cynocéphales, des troupeaux de buffles, et même des éléphants. J’ai assisté, un jour, au dépeçage d’un éléphant abattu par des Blancs. Ils étaient accompagnés d’un pisteur du nom de Takpa, un chasseur redouté et respecté. Les Blancs repartirent avec les ivoires. ce qui au fond nous enchantait. Je me souviens : l’éléphant était mort debout. Et pendant de longues minutes, les tireurs restaient à distance, pensant qu’il allait encore bouger, avant de s’approcher, enfin, et de constater qu’il ne vivait plus. Ils tendirent à Takpa six pièces de cent francs – je les revois encore, brillantes dans la paume de sa main – puis l’un d’eux lui glissa avec admiration : « Tu es un grand chasseur. »

 

Le système éducatif à la criée 

À l’école, souvent, nous ne comprenions pas grand-chose. Il fallait que tout nous soit expliqué dans notre langue maternelle, « le Vuté » cela s’appliquait également à Ngoro pour notre plus grand ravissement. Nous aimions cette familiarité, ce pont entre le savoir et notre monde. Nous aimions aussi le sport, que nous appelions « gymnastiques ». Et le soir, quand la lune s’invitait au-dessus du village, les enfants dansaient, riant sous les étoiles. Le maître, quant à lui, observait, repérait ceux qui oubliaient d’apprendre leurs leçons au profit des rondes nocturnes. Le lendemain matin, la chicotte  rappelait à ceux-là le souvenir des rencontres qu’ils avaient faites avec le maitre la veille. Je me souviens encore de ce matin du 8 novembre 1975. Très tôt, Chateaubriand m’interrogea. Je ne sus réciter ma leçon. Yoko Joël non plus. Nous fûmes chicottés. Et, sous l’effet de la peur, de l’humiliation ou de la douleur, j’urinai dans ma culotte. C’est Isaac Mbetté qui, du fond de la classe, s’écria : « Dieudonné a pissé sur lui ! » Dieudonné mon premier prénom de l’enfance. Le maître me regarda un instant, puis m’invita à sortir de la salle. Ce fut la dernière fois que l’on me vit à l’école de Yangba. Deux jours plus tard, je quittai le village avec ma grand-mère. Nous prîmes la route pour Ngoro, puis Bafia. Et, comme un clin d’œil du destin, nous croisâmes mon père, venu de Nkongsamba.

 

Ce que nous devons à nos villages 

La vie du village s’était terminé jusqu’à ce jour.  Je devenais enfin un enfant de la ville. Mon père m’a sauvé. Je me souviendrai toujours de cette nuit  du 18 février 1976, comme on se souvient d’un rêve éveillé. Lorsque j’arrivai au quartier du Marché B, à Nkongsamba, c’est tout le quartier qui m’accueillait  : « Honoré est arrivé ! » criait-on avec joie. Ce jour-là, j’entendis pour la première fois ce prénom que je portais sans le savoir. Ce fut aussi la première fois que je vis mon grand frère Ali Baba, que beaucoup connaissaient sous le nom d’Antonio, (le comédien). Au cours de ce voyage, il y avait ma tante Joséphine et sa fille Jeanine, aujourd’hui disparue, dont le souvenir m’accompagne encore comme une douce mélancolie. Ce que je dois dire des maîtres, ils ont été des grands  éducateurs.  Djebé Jean était un pilier, une figure, un phare dans la brume. Il représentait, pour nous ses élèves, mais aussi pour toute la communauté, un modèle solide, un repère de droiture et de savoir. En cela, il portait une immense responsabilité : celle d’être chaque jour à la hauteur de sa mission, même dans la poussière des chemins oubliés, là où l’école se confondait encore avec les sentiers de brousse. L’avenir des enfants de ce coin reculé reposait entre ses mains. Enseigner là-bas n’était pas un simple métier : c’était un véritable sacerdoce, parfois même un travail ingrat, fait d’abnégation, de patience et de solitude. Et c’est pour cela que j’en appelle à tous ceux qui, aujourd’hui, se tiennent encore debout dans les salles de classe : qu’ils envisagent un redressement, non seulement des structures, mais des cœurs et des consciences.

 

L’école du sacerdoce, la souffrance des maitres 

La vocation d’enseignant exige que l’on vive comme un homme, c’est-à-dire avec dignité, engagement et vérité. Ce que gagnent ces hommes et ces femmes ne reflète en rien la valeur de leur labeur. Leurs conditions de travail restent bien souvent indignes de l’importance de leur tâche. Et pourtant… j’ai vu ce qu’une école peut apporter à un village. J’ai vu naître l’espérance dans les yeux d’une communauté, simplement parce qu’un bâtiment s’est dressé là où il n’y avait qu’herbes. Mais il ne suffit pas de bâtir des murs : encore faut-il les remplir de vie , de livres, de matériel, d’enseignants stables et formés. Dans notre petite école, il n’y avait que deux maîtres. Deux âmes infatigables. Et pourtant, ce que j’y ai appris fut immense. C’est là, entre ces murs modestes, que se sont ouvertes pour moi les premières portes du savoir. Je me souviens des contes que notre maître aimait nous raconter. Il les disait avec une voix douce et grave, comme s’il récitait les secrets du monde. Tous les élèves les attendaient avec impatience. Ces histoires ont nourri mon imaginaire, elles ont été la pierre angulaire de mon socle littéraire, l’éveil d’une sensibilité qui, depuis, ne m’a jamais quitté. Aujourd’hui, nous vivons dans un monde régi par les lois du capital, où la quête de prestige, d’argent et de reconnaissance sociale semble l’unique boussole. Dans un tel monde, exercer un métier comme celui d’enseignant, sans l’estime de la société, devient un combat quotidien. Beaucoup finissent par renoncer, par se détourner,  certains volontairement, d’autres contraints par la fatigue ou le désenchantement. Mais ici, l’effort de l’État seul ne suffit plus. Il nous revient, à nous les élites, de prendre la relève, d’apporter notre pierre à l’édifice. Il ne s’agit plus seulement d’attendre, mais d’agir. Je pense à ce que m’a apporté mon maître de Yangba. Et je pense aussi à tous les autres : ceux de Nkongsamba, ces professeurs qui ont jalonné ma route d’adolescent vers l’âge adulte. Ils ont su m’élever, parfois sans le savoir, dans mes périodes les plus sombres. Ils m’ont guidé sans bruit, et c’est à eux que je dois une part précieuse de ce que je suis devenu. Je repense souvent à cette bienveillance discrète mais puissante, celle des camarades, de ces liens simples qui, tissés dans l’enfance, peuvent transformer tout un parcours scolaire. Parfois, il suffit d’un regard, d’une parole, d’une présence pour changer le destin d’un enfant. Aujourd’hui, les nouvelles technologies nous offrent, par hasard ou miracle, la possibilité de raviver ces liens. Une rencontre imprévue avec un formateur, une voix retrouvée dans un message ancien, et tout un pan du passé ressurgit, porteur de sens et de lumière.

La dignité par la craie

Reconnaissant pleinement notre rôle dans le processus d’apprentissage, et sachant que la découverte, l’acceptation et l’assimilation de toute connaissance nouvelle sont intimement liées à notre posture d’élève, nous aspirons, chacun de nous, aujourd’hui et pour les jours à venir, à être des compagnons attentifs, prompts et dynamiques aux côtés de ceux qui ont choisi ce métier noble entre tous : celui d’enseigner. À vous qui nous avez accompagnés avec constance et patience durant toutes ces longues années, à vous qui nous avez transmis des savoirs,  une éducation complète de l’esprit, du langage, des gestes, des sens et du corps,  nous vous  devons tant. Vous avez été, et vous demeurez encore, des forgeurs d’hommes, des monuments vivants de la pensée, des stimulateurs d’intelligence et d’humanisme moderne. J’ai vu, de mes propres yeux, les inquiétudes silencieuses des maîtres. J’ai perçu la fatigue dans leurs regards, l’empressement dans leurs pas, et la délicatesse infinie avec laquelle ils accomplissent cette tâche invisible, mais essentielle, jour après jour. Leurs gestes parfois légers, leurs attitudes que la société peine à comprendre, ne sont bien souvent que des éclats de fragilité, des réflexes teintés de cette naïveté tendre qui accompagne parfois les grandes vocations. Ce que je retiens, avant tout, c’est qu’ils ont continué. Ils ont voulu continuer. Et cette volonté les a rendus immortels dans nos mémoires. Ils sont devenus nos repères les plus sûrs, nos modèles d’intelligence, de culture, de dignité. Les heures, les jours, les mois et les années passés à l’école, là-bas, dans nos villages lointains, ont fait de nous des êtres profondément liés à l’État, à cause de l’isolement dont nous avons été les enfants silencieux. C’est pourquoi l’école doit demeurer un lieu d’espérance, un espace sacré de réflexion et d’introspection pour notre jeunesse. Si la grandeur d’une nation se mesure à la valeur de ses fils, alors il est urgent de redonner à l’éducation la place centrale qui lui revient. Nous devons bâtir un avenir solide, un futur qui nous épargne les tempêtes de l’histoire  ;  je pense ici à ces révolutions brutales qui naissent de frustrations jamais écoutées.

 

Retrouver chaque génération.

Chaque génération a le devoir d’aplanir le chemin, de s’épanouir, puis de laisser d’autres générations s’épanouir à leur tour. Il est inacceptable que certains tentent de monopoliser le temps, d’occuper à la fois le passé, le présent et l’avenir. On ne peut être la génération d’hier, celle d’aujourd’hui, et prétendre être celle de demain. Soyons utiles à nous-mêmes, à nos familles, à nos communautés. N’usurpons pas la place des autres. En le faisant, nous coupons les ailes aux rêves des jeunes, nous brisons les élans de ceux qui aspirent à réussir. J’ai souvent été bouleversé par l’intensité avec laquelle de jeunes enseignants, issus de notre propre promotion, ont quitté cette vocation. Ce phénomène, observé dans le paysage éducatif camerounais, mérite d’être interrogé avec sérieux. Il nous invite à comprendre les raisons profondes de ce désengagement douloureux. L’abandon de la profession enseignante n’est jamais un acte isolé. Il est lié à tout un réseau de causes, un ensemble de facteurs qu’il est indispensable de prendre en compte si l’on veut en saisir pleinement la portée. Pour comprendre ce renoncement, il faut interroger le système éducatif lui-même : sa structure, sa logique interne, la vision que l’État projette, les lois qui l’encadrent, et le discours, souvent ambigu, que la société comme les enseignants eux-mêmes tiennent sur cette profession. L’abandon des enseignants qualifiés est ainsi le reflet d’une fragilité systémique, nourrie par des réalités socio-économiques, des déceptions éducatives, et parfois d’autres velléités plus intimes, que seules des rencontres humaines  à travers des récits, des entretiens, des confessions  pourraient révéler dans toute leur complexité.

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