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CINQ ANS DEJA : SOUVENIRS D’ETIENNE FRANCOIS BILOA EX-EMPLOYE DE L’AMBASSADE DU CAMEROUN

 

 

Il y a cinq ans, jour pour jour, le 23 février 2021, nous apprenions avec une immense douleur le départ brutal de notre frère Étienne Biloa Tang, arraché à notre affection dans un tragique accident ferroviaire alors qu’il était en service à l’ambassade du Cameroun en France. Cinq années ont passé. Cinq années de silence, de souvenirs, d’émotions intactes. Et pourtant, le temps n’a rien effacé. Il a simplement transformé notre douleur en mémoire vivante. Une mémoire qui palpite encore chaque fois que son nom est prononcé. Une mémoire qui nous serre le cœur comme si c’était hier. Étienne était un employé d’ambassade qui  incarnait le service public dans ce qu’il a de plus noble ; il avait de  la disponibilité, de l’humilité, de la patience et le respect de l’autre. Il était de ceux que l’on compte sur le bout des doigts. De ceux dont la présence rassure et apaise. Combien d’entre nous se souviennent de ces journées d’attente, parfois longues, parfois stressantes, dans les couloirs de l’ambassade ? Cette petite angoisse : « Vais-je rentrer quand ? » Les questions, les renseignements, l’impatience… Puis soudain, au détour d’un couloir, son visage apparaissait. Même pressé, même en train de courir pour répondre à mille sollicitations, il trouvait toujours un instant, un regard, un mot pour rassurer. Et immédiatement, la tension retombait. Jamais arrogant. Toujours serviable. Toujours souriant. Certains se rappellent son maillot des Lions, porté avec fierté les périodes où l’équipe nationale était en compétition.

 

D’autres se souviennent de sa douceur, de sa façon d’écouter attentivement chaque compatriote comme si sa demande était la plus importante du jour. Une maman se souvient encore qu’en 2017, alors qu’elle venait avec son bébé, Étienne avait pris le siège auto pour l’installer dans un bureau, afin d’éviter la file d’attente, jusqu’à ce que son document soit prêt. Un geste simple, mais immense. Un geste qui résume l’homme qu’il était. C’est à dire une belle âme. Il était à l’ambassade du Cameroun en France,  le frère que tout le monde aurait voulu avoir. A l’image de TONTON ; il était  bien éduqué, intègre, humble et profondément humain. Il aidait énormément ses compatriotes. Il écoutait. Il orientait. Il accompagnait. Il donnait le meilleur de lui-même, sans jamais rien attendre en retour. Beaucoup ont déserté les lieux où il se rendait après le boulot pour passer quelques temps avec ses compatriotes, incapables d’y retourner sans sentir le poids de l’absence. L’ambassade s’est perfectionné, mais il lui manque Etienne Biloa. Il y manque ce sourire sincère, cette énergie discrète, cette bienveillance naturelle. Parfois, on se surprend à penser que cette terre ne prend que les gens bien. Car oui, Étienne était vraiment super gentil et serviable. Nous avions encore besoin de lui. L’ambassade avait encore besoin de lui. La diaspora camerounaise en France avait encore besoin de lui. Mais Dieu, dans sa sagesse, l’a rappelé à Lui. Nous aimons croire que là où il  est, il continue  à donner le meilleur de lui-même, toujours accompagné de son sourire. Que le Seigneur l’ait accueilli dans sa demeure et qu’Il lui accorde un doux repos dans Son royaume. En ce jour de recueillement, nos pensées vont à ta famille, à ses proches, à tous ceux qui portent encore cette blessure ouverte. Que le courage les accompagne. Que la paix les enveloppe. Le temps ne remplace pas l’absence. Mais il nous apprend à transformer la douleur en force. Et la mémoire en engagement.

Pour ceux qui n’ont pas eu le privilège de croiser sa route, il faut comprendre qu’Étienne était  un agent accomplissant des tâches administratives au sein de l’ambassade adulé par tous les camerounais. Il avait une haute idée du devoir envers son pays, le Cameroun, envers ses compatriotes et envers les relations humaines. Pour lui, servir à l’ambassade était une mission. Il portait en lui le respect des institutions, l’amour du drapeau, et la conviction profonde que chaque Camerounais, quel que soit son âge, son statut ou sa situation, méritait considération et dignité. Il croyait que la grandeur d’une nation se mesure aussi à la manière dont elle accueille et accompagne ses enfants, même loin de la terre natale. Étienne était de ceux qui élevaient la fonction par leur comportement, qui honoraient leur pays par leur attitude.

C’est pourquoi, au-delà des souvenirs personnels, son départ a laissé un vide symbolique ; celui d’un homme qui rappelait, par son exemple, ce que signifient le sens du devoir, l’intégrité et la fraternité. Que tous ceux qui lisent ces lignes et gardent en mémoire son sourire, sa voix ou simplement l’écho de son nom, observent une minute de silence en son honneur. Une minute pour saluer un homme de valeur. Une minute pour remercier une belle âme. Une minute pour promettre de faire vivre, à notre tour, l’esprit de service et d’humanité qu’il incarnait. Puissions-nous honorer la mémoire d’Étienne par l’amour, l’unité et la solidarité entre nous. Puissions-nous, à notre tour, faire preuve de cette gentillesse simple qui le caractérisait tant. Repose en paix, Étienne. Ton souvenir reste à jamais gravé dans nos cœurs.

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