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PAR ANNA MADI H.F DEBOURAKA

 

La plupart d’entre nous abordons cette nouvelle phase de notre vie avec tout ce qu’elle comporte de bouleversant et de magnifique à la fois. Nous sommes à cet âge où les rides se dessinent avec tendresse sur nos visages, où les cheveux gris apparaissent comme des fils d’argent, et où quelques kilos s’installent, souvent sans prévenir. La ménopause est là – ou attend discrètement à la porte – et avec elle, de nouvelles sensations, des remises en question, mais aussi une libération intérieure que seule la maturité peut offrir. On croise parfois une jeune femme de 25 ans, pleine de vie et d’entrain, et on se souvient que, nous aussi, nous étions comme elles, pas si loin dans le temps.

Un jour, elles auront notre âge, et elles comprendront à leur tour ce que nous savons aujourd’hui. Ce qu’elles offrent par leur jeunesse, nous l’offrons par notre profondeur, notre résilience et cette sagesse forgée dans les épreuves et les instants de bonheur. Nous avons élevé des enfants, porté des familles entières à bout de bras, aimé, perdu, recommencé, survécu à des douleurs, guéri des blessures invisibles. Nous avons traversé des tempêtes sans toujours faire de bruit.

 

Nous sommes des femmes entières.

Des battantes silencieuses.

Des survivantes du quotidien.

Telles de grandes dames ou des voitures de collection, nous avons cette élégance que seule la vie peut polir. Comme un vin qui a pris le temps de vieillir dans les bonnes caves, notre valeur ne fait qu’augmenter avec les années. Et pourtant, trop souvent, on essaie encore de nous réduire à notre apparence, à notre poids, à notre âge. Mais nous ne sommes pas des chiffres. Nous sommes la somme d’une infinité de gestes d’amour, de luttes menées, de sacrifices faits dans l’ombre. Chaque ride est une trace de sourire, chaque cheveu blanc un rappel de notre lucidité, chaque silence une leçon de patience. Vieillir n’est pas une angoisse, c’est un privilège. Vieillir, c’est vivre plus longtemps, c’est être encore là malgré tout ce que la vie aurait pu nous arracher. Tant n’ont pas eu cette chance. Alors, mesdames, marchez avec fierté. Levez le menton. Affichez sans retenue la femme que vous êtes devenue. Car cette femme-là, personne ne l’a modelée à votre place : c’est vous qui l’avez façonnée, jour après jour. Je vous mets au défi de copier ce texte, de le partager avec une photo de vous aujourd’hui – et non d’hier – pour dire haut et fort que le présent est une victoire, et que notre âge est une richesse.

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