C’était il y a cinq ans, un soir d’exaltation et de gratitude. Ce jour-là, j’avais remporté le prix Diaspocam, soutenu ici avec bienveillance par Marthe Cécile Micca. Ce fut une distinction éclatante, presque irréelle. Depuis ce moment, les récompenses se sont succédé comme des fleurs épanouies au fil des saisons : quatre prix littéraires sont venus enrichir ce parcours, et parmi lesquels, le prestigieux Grand Prix Littéraire de l’Afrique Noire. Même s’il n’a pu être décerné à cause de la pandémie, il m’a propulsé sur un podium que je n’aurais jamais pu imaginer. Un prix à Paris, est un grand trophée ; c’est un sésame qui ouvre les portes d’un univers scintillant.
On vous acclame, on vous découvre. Les rencontres littéraires deviennent des ponts vers de nouveaux horizons, les ventes s’envolent dans tous les circuits possibles. Votre plume devient une quête pour les maisons d’édition et les plateformes littéraires, jusqu’en Amérique. Tout prend une dimension inattendue. Et cette année, alors que je viens de publier un ouvrage qui tient une place spéciale dans mon cœur – « Antonio, l’humoriste aux mille rires », un hommage vibrant à mon frère aîné disparu l’an dernier – une nouvelle surprise où je me vois être nominé une fois de plus, mais cette fois-ci, l’honneur s’élargit. Ce n’est pas seulement mon œuvre littéraire qui est reconnue, mais aussi Afriksurseine, le média que je dirige, célébré comme l’un des meilleurs actuels de nos réseaux malgré un nombre encore modeste d’abonnés.

Je n’ai pas l’intention de céder au triomphalisme cette année. Parmi les finalistes figurent des plumes magistrales, des esprits brillants qui méritent amplement de triompher. Pour moi, l’essentiel est ailleurs : cette nomination est une confirmation que l’écriture camerounaise rayonne, qu’elle avance avec audace et élégance sur la scène internationale. Chaque pas de ce parcours est une ode à la résilience, à la passion, à l’amour des mots. Et tandis que je contemple ce chemin, je ne peux m’empêcher de rêver encore, non pas d’applaudissements, mais de récits qui touchent, qui guérissent, qui unissent.