Un communiqué du professeur Maurice Kamto, publié il y a quelques jours en guise de mise au point sur certains dérapages d’internautes, stipule ce qui suit : » Très souvent, j’ai été interpellé par des Camerounais de bonne foi, et par d’autres sous forme d’accusations déguisées, pour réagir au comportement de certains individus et groupes d’individus qui disent être mes soutiens dans les réseaux sociaux. Très souvent, je suis surpris par les pouvoirs qui me sont prêtés d’avoir une telle influence sur des individus que je ne connais pas. Je mesure cependant les conséquences et l’impact que les frasques de personnes se réclamant de moi pourraient avoir sur mon image et celle du parti dont je suis le Président national. Est-il besoin de rappeler que pour des raisons diverses, de nombreux compatriotes – chacun en fonction de ses frustrations et/ou de ses attentes – m’apportent librement leur soutien alors qu’ils n’ont aucun lien particulier avec moi, ni avec le MRC ? Samuel ETO’O ou Lionel MESSI seraient-ils complices ou responsables des actes de leurs supporters qui bagarrent au quartier ou s’insultent dans des disputes interminables ?… «

Une Propagande Déguisée en Mise au Point
Le communiqué signé par Maurice Kamto, sous couvert d’un prétendu exercice de clarification, s’inscrit en réalité dans une pure logique de propagande électorale. En cherchant à se dissocier des actes et propos parfois extrêmes de ses partisans, il tente subtilement de redorer son image et d’asseoir son autorité morale en vue des échéances électorales de 2025. Pourtant, cette déclaration souffre de plusieurs contradictions majeures qui révèlent le véritable objectif de cette sortie : rallier des soutiens, masquer des silences troublants et légitimer une posture victimaire.
Un Deux Poids, Deux Mesures Évident
Maurice Kamto évoque les injures et attaques dont il serait la cible, tout en dénonçant l’absence de sanctions contre les auteurs de propos haineux au sein du RDPC. Cependant, où était sa voix lorsqu’il s’agissait de condamner clairement et fermement les actes de violence commis par certains de ses propres partisans ? Il n’a jamais condamné les saccages des ambassades du Cameroun à l’étranger, actes qui ont pourtant terni l’image du pays et ont été revendiqués par certains de ses soutiens. Il n’a jamais exprimé publiquement son indignation face à l’assassinat de Martinez Zogo, un crime qui a bouleversé la nation et suscité une vague de réactions de nombreux acteurs politiques et sociaux. Cette absence de prise de position sur des faits d’une telle gravité jette une ombre sur sa prétendue posture de défenseur des valeurs démocratiques et républicaines.
Un Discours de Campagne Déguisé
Le texte, censé être une simple mise au point, vire rapidement vers un appel au soutien électoral. Les dix commandements énumérés sont un aveu à peine voilé de la véritable intention de ce communiqué : structurer un message de mobilisation électorale sous couvert d’un plaidoyer pour la paix et l’unité nationale. L’invitation insistante à l’inscription sur les listes électorales, le rappel de la nécessité de voter massivement et la défense du « vote le moment venu » montrent bien que l’objectif principal de ce texte est d’inciter ses partisans à la mobilisation pour 2025, tout en se dédouanant des accusations qui pourraient ternir son image dans l’opinion publique.

Une Stratégie Victimaire Bien Rodée
Plutôt que d’assumer un leadership fort et responsable en prenant clairement position sur les incidents liés à ses soutiens, Maurice Kamto préfère adopter une posture de victime d’un système oppresseur. Il dénonce des manipulations supposées orchestrées par le pouvoir en place et impute toute dérive à de prétendus agents infiltrés, censés œuvrer pour salir son image. Ce procédé rhétorique, bien connu en politique, permet d’esquiver toute responsabilité réelle et d’entretenir un flou stratégique sur la ligne officielle du MRC face aux dérives observées.
Un Texte Électoraliste et Opportuniste
Le communiqué, apparaît clairement comme une manœuvre stratégique visant à : Se disculper sans condamner explicitement les débordements de ses propres partisans. Mobiliser ses soutiens sous couvert de principes moraux. Alimenter un discours de victimisation face au pouvoir en place. En définitive, cette déclaration relève davantage d’un calcul politique que d’un véritable engagement pour l’unité et la justice. Derrière les belles paroles se cache une pure manœuvre de pré-campagne électorale.