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La non-qualification des Lions Indomptables du Cameroun à la Coupe du monde 2026 choque de nombreux observateurs. Chacun essaie de trouver les causes de cet échec et d’identifier les responsabilités. La déception est d’autant plus grande que le nombre de places accordées à l’Afrique a été porté à dix équipes. Lorsqu’on observe les nations africaines qualifiées, on constate que ce sont les plus grandes puissances footballistiques du continent qui seront présentes au rendez-vous mondial. Ce qui choque profondément de nombreux Camerounais, c’est qu’ils considèrent Samuel Eto’o Fils comme le premier responsable de cette situation. Selon eux, certaines décisions et certains actes posés sous sa direction seraient à l’origine des difficultés qui ont conduit à cette élimination. Pourtant, au lieu de rester auprès du peuple camerounais pour partager cette douleur collective, il s’est affiché à la Coupe du monde. Cette attitude a été perçue comme déplacée par une partie de l’opinion publique. C’est dans ce contexte que le professeur Mathias Eric Owona Nguini a estimé que Samuel Eto’o Fils ne possédait pas les capacités intellectuelles nécessaires pour diriger une institution comme la Fécafoot. Une telle déclaration est grave. Si elle avait été prononcée par un simple citoyen dans la rue, elle aurait sans doute eu moins d’impact. Mais lorsqu’elle émane d’un universitaire respecté, largement écouté sur les réseaux sociaux et dont la parole porte dans les différents milieux de la société camerounaise, elle mérite une attention particulière. Pour ma part, je ne partage pas cette analyse. S’il fallait dresser la liste des personnes incompétentes occupant des postes importants dans nos pays, le débat serait immense. Je pense qu’il est excessif de disqualifier Samuel Eto’o de cette manière.

Contrairement au professeur, qui a grandi dans les hautes sphères de la République et bénéficié des avantages liés à son environnement social, Samuel Eto’o est issu d’un milieu modeste. Il s’est construit par l’effort, le travail et le mérite. Il a lutté pour son propre rayonnement, mais aussi pour celui de tout un peuple. C’est également cela, la compétence. Son parcours parle pour lui. Son palmarès est exceptionnel et sa réputation dépasse largement les frontières du Cameroun. Il est aujourd’hui l’un des Camerounais les plus connus au monde. Après le président Paul Biya, peu de personnalités camerounaises ont rencontré autant de dirigeants, de décideurs et de grandes figures internationales que Samuel Eto’o. Le problème de la compétence managériale à la Fécafoot est réel et mérite d’être discuté avec sérieux. Cependant, derrière certaines critiques réductrices se cache parfois une volonté de discréditer les modèles issus du sport et du monde artistique au profit d’une vision exclusivement fondée sur les diplômes universitaires. Or, cette opposition est artificielle. C’est précisément là que je pense que le professeur s’est égaré. Il semble croire que son statut intellectuel le place au-dessus de Samuel Eto’o. À mon sens, il commet une erreur d’appréciation en confondant deux formes différentes d’excellence. Le parcours d’un artiste ou d’un sportif de haut niveau produit des résultats visibles à l’échelle mondiale et s’adresse à l’humanité entière. Le parcours universitaire, aussi prestigieux soit-il, s’inscrit souvent dans des cercles plus restreints. D’ailleurs, dans les premières universités de la tradition grecque, les arts occupaient une place centrale dans la formation de l’homme. Concernant la Fécafoot, nombreux sont ceux qui estiment que Samuel Eto’o a hérité d’une institution profondément marquée par des pratiques contestables.

Samuel Eto’o Fils a sauvé la Fecafoot.

Avant son arrivée, les dysfonctionnements étaient régulièrement dénoncés. Plusieurs témoignages ont mis en lumière des méthodes de gestion qui ont contribué à fragiliser le football camerounais. Je reconnais volontiers la valeur intellectuelle du professeur Owona Nguini. Il compte parmi les universitaires les plus brillants de son domaine. Toutefois, cette reconnaissance ne signifie pas qu’il faille accepter toutes ses prises de position sans les discuter. Samuel Eto’o a certainement besoin de continuer à se former, comme tout dirigeant. Mais la manière dont cette critique a été formulée, ainsi que le contexte dans lequel elle intervient, lui donnent un caractère blessant et réducteur. On peut légitimement se demander pourquoi cette question est soulevée avec autant d’insistance aujourd’hui. Samuel Eto’o est l’un des rares sportifs africains à avoir bâti sa réussite par son seul talent. Il a contribué à des œuvres sociales, soutenu des populations défavorisées, participé à des projets de développement et créé des activités économiques. Il est donc légitime de s’interroger également sur la contribution concrète des élites intellectuelles à la création d’emplois et au développement de la jeunesse. Par ailleurs, il demeure parmi les meilleurs dans son domaine, aussi bien sur les terrains de football hier que dans la gestion sportive aujourd’hui. Il est temps de lui laisser travailler sereinement et de permettre à chacun de se concentrer sur son domaine d’expertise. C’est ainsi que notre pays progressera. Il n’existe aucune opposition naturelle entre le savant et l’artiste, car chacun contribue à sa manière au rayonnement d’une nation.

Toutefois, le peuple s’identifie souvent davantage à l’artiste ou au sportif qu’à l’intellectuel. Lorsque disparaissent des figures comme Koto Bass, Jean-Michel Kankan, Manu Dibango, Marc-Vivien Foé, Michael Jackson ou Johnny Hallyday, les foules se rassemblent massivement pour leur rendre hommage. Les artistes et les sportifs occupent une place particulière dans l’imaginaire collectif parce qu’ils touchent directement les émotions des populations. Cela ne diminue en rien la valeur des intellectuels. À maintes reprises, j’ai soutenu que le professeur Owona Nguini demeurait le plus grand juriste africain de Johannesburg à Casablanca. Le professeur Mathias Eric Owona Nguini demeure un érudit de grande qualité dont le savoir et l’engagement universitaire méritent le respect. Mais il serait tout aussi injuste de minimiser l’immense contribution de Samuel Eto’o Fils, dont le talent exceptionnel a porté haut les couleurs du Cameroun sur toutes les scènes du football mondial. Peu de personnalités ont autant contribué à faire connaître et respecter le Cameroun à travers le monde. Le football a été l’un des plus puissants vecteurs du prestige international du Cameroun contemporain, et Samuel Eto’o en demeure l’un des plus grands ambassadeurs. Le débat ne devrait jamais sombrer dans l’insulte, l’invective ou le dénigrement, qu’il vise un professeur ou un sportif. Les désaccords doivent être tranchés par les arguments et les faits, jamais par les attaques personnelles. Respectons chacun dans son domaine de compétence. Que les universitaires continuent d’éclairer les esprits dans les amphithéâtres et dans le débat intellectuel, et que les sportifs et les artistes soient reconnus à la hauteur de leurs accomplissements. Une nation grandit lorsqu’elle honore à la fois ses grands savants et ses grands bâtisseurs de rêves, sans rabaisser les uns pour exalter les autres.

2 commentaires sur « SAMUEL ETO’O FILS ET LE Pr OWONA NGUINI : QUAND LE SAVOIR OUBLIE LE GENIE »

  1. Bjr à ts… Hotep…
    Bien que j’ai du respect pr le Prof. Owona Nguini… de même pr le Prof. Kamto…
    Moi Fogain ; jeune observateur Camerounais j’appellerais +tôt à 1 diagnostique neutre et constructif…
    Bien qu’en tant que africains en général, ns sommes tous responsables de notre sort… en 1er les pseudo responsables ds ts les corpus administratifs…
    Ds ce cas de figure puisque ns sommes ds le cadre du football et le critique étant 1 éducateur ; le Prof Owona Nguini est et reste le 1er responsable parce que promeut 1 système éducatif non endogène donc esclavagiste, colonial et neo-colonial…
    Mr Eto’o reste à mon humble avis avis le seul responsable de la FECAFOOT, qui n’est qu’un petit organe des institutions sportives au CONTINENT à faire bouger positivement les choses… donc à bien gérer malgré ses imperfections…
    Le Prof. Owona Nguini ne saurait me prouver le contraire… et ce que j’attendais de lui ces de faire des propositions constructives afin d’accompagner Eto’o ds ses tâches oh combien complexes ds nos républiques bannières…
    S’il a décelé des incompétences ds la gestion de la FECAFOOT qu’il les énumère et adresse un memorendum à la FECAFOOT en copie au ministère responsable ou de tutelle…
    En 2, je pointerais le ministère de tutelle ; en l’occurrence le ministre Mr Mouelle Kombi qui ns a fait montre de son efficacité d’ingérence et perturbations ds la gestion de la FECAFOOT… Et ça devrait indexer en 1er Mr le Prof. Owona Nguini.
    Grüß
    FOGAIN

    1.  Point de vue respectable  et je partage l’idée que le débat gagnerait à être plus constructif que passionnel. Toutefois, il me semble que plusieurs éléments méritent d’être distingués.

      D’abord, critiquer la gestion d’une institution n’implique pas nécessairement s’opposer à la personne qui la dirige. Dans toute démocratie, les responsables publics ou les dirigeants d’organismes ont vocation à être évalués sur leurs décisions. Exiger des explications ou relever des insuffisances ne signifie pas refuser les avancées qui ont pu être réalisées. le professeur semble se baser sur les faits,  La gouvernance de la FECAFOOT doit être appréciée à partir des faits, des textes qui régissent l’institution et des résultats observables, sans mélanger des questions de politique éducative avec celles de gestion sportive.

      Par ailleurs, Samuel Eto’o a incontestablement apporté une nouvelle dynamique à la FECAFOOT sur plusieurs aspects. Mais, comme tout dirigeant, il demeure comptable de ses choix administratifs, financiers et institutionnels. Reconnaître ses mérites n’empêche pas d’examiner objectivement les critiques qui lui sont adressées.
      vous avez également une bonne idée, que  le professeur adresse un mémorandum à la FECAFOOT. C’est une proposition recevable, mais elle n’exclut pas le droit d’exprimer publiquement une analyse ou une critique. Le débat public fait aussi partie du fonctionnement normal d’une société, à condition qu’il repose sur des faits et des arguments.

      Au final, le plus important est que chacun, qu’il s’agisse de la FECAFOOT, du ministère de tutelle ou des observateurs, accepte un débat fondé sur des preuves, dans l’intérêt du football camerounais plutôt que dans une logique de personnes.

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