L’émotion suscitée par le drame de Baloum, marqué par la mort tragique du jeune Stève Achille Diffo dans des circonstances qui interrogent profondément notre rapport à la justice, à l’autorité et à la protection des droits fondamentaux, a conduit le leader panafricaniste Mbamy de Fochada à adresser une lettre ouverte aux plus hautes autorités de la République du Cameroun. À travers cette interpellation solennelle, dont les premiers destinataires sont Son Excellence le Président de la République, le Président de l’Assemblée nationale et le Président du Sénat, l’auteur entend attirer l’attention des institutions de l’État sur la montée inquiétante de la justice populaire, les dérives de certaines formes de justice parallèle, les insuffisances du système judiciaire et la nécessité urgente de renforcer l’État de droit, afin de préserver la paix sociale, l’unité nationale et la confiance des citoyens dans les institutions républicaines.
Lettre ouverte sur la crise de la justice au Cameroun : de la justice parallèle à la justice populaire, interpellation citoyenne pour une refondation de l’état de droit
Par Mbamy de Fochada
Le 18 juin 2026.
À Son Excellence Monsieur le Président de la République du Cameroun, À Monsieur le Président de l’Assemblée nationale, À Monsieur le Président du Sénat, À Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, À Monsieur le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, À Monsieur le Président de la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun, À l’ensemble des magistrats, officiers de police judiciaire et auxiliaires de justice, Aux Autorités traditionnelles et aux Chefs coutumiers, Aux Médias et aux Citoyens camerounais et amis du Cameroun.*
Le Cameroun traverse une crise profonde de son système judiciaire, crise qui n’est plus seulement institutionnelle mais aussi morale, politique et sociale. Elle se manifeste par deux phénomènes distincts mais intimement liés : la justice populaire, rendue dans la rue par la foule, et la justice parallèle, exercée à l’ombre par certains détenteurs d’autorité, qu’ils soient administratifs, traditionnels ou politiques.
La première tue souvent dans la colère ; la seconde étouffe souvent dans le silence. Ces deux formes de justice de substitution sont les symptômes d’un même mal : la faillite de la confiance dans la justice officielle. Quand le citoyen ne croit plus que le juge est indépendant, que l’enquête est sérieuse, que les puissants peuvent être sanctionnés comme les faibles, alors la République vacille. Et lorsque cette défiance se combine à l’ignorance du droit, à la corruption, à la lenteur procédurale et à l’instrumentalisation politique, elle produit des monstres : lynchages, règlements de comptes, intimidations, détentions arbitraires et abus d’autorité. Cette lettre est donc un cri d’alarme. Elle est aussi une interpellation solennelle. Et parce qu’il faut désormais parler vrai, elle est enfin un appel pressant à la refondation de l’État de droit, à la restauration de la dignité judiciaire, et à la mise en place d’un module d’introduction au Droit destiné aux chefs traditionnels et à tous ceux qui exercent une parcelle d’autorité sur les populations. Nul n’est supposé ignorer la loi, et nul ne devrait gouverner des hommes sans en connaître les exigences minimales.

Les causes profondes : 1.1 Le legs historique de la défiance
La méfiance envers la justice d’État n’est pas née d’hier. Elle plonge ses racines dans l’histoire coloniale, lorsque la justice fut d’abord un instrument d’ordre et de domination, davantage qu’un espace de protection des droits. Après les indépendances, cette logique n’a pas entièrement disparu. L’appareil judiciaire a trop souvent été perçu comme dépendant de l’exécutif, exposé aux pressions politiques et incapable de jouer pleinement son rôle de contre-pouvoir. Cette perception n’est pas théorique : elle s’est construite au fil des décennies à travers des affaires politiques, des poursuites sélectives, des sanctions inégales et une impression persistante d’injustice structurelle. Quand la justice semble dure pour les faibles et souple pour les puissants, elle ne désarme pas la colère, elle la nourrit.
1.2 L’impunité sélective
La crise actuelle est aggravée par ce que l’on peut appeler l’impunité sélective. Dans trop de cas, les citoyens ont le sentiment que certaines personnes échappent aux poursuites du seul fait de leur statut, de leur proximité avec le pouvoir ou de leur capacité à mobiliser des relais d’influence. Cette impression est dévastatrice, car elle détruit l’idée même d’égalité devant la loi. Quand un individu arrêté en flagrant délit peut être relâché sans explication convaincante, quand des dossiers sensibles disparaissent dans les labyrinthes administratifs, quand des enquêtes s’éternisent jusqu’à l’oubli, le citoyen finit par conclure que la loi n’est pas la même pour tous. C’est dans cette brèche que s’engouffrent la vengeance privée, la justice populaire et les règlements de comptes communautaires.
1.3 La corruption, la lenteur et l’analphabétisme juridique :
La corruption judiciaire, la lenteur des procédures et l’ignorance des droits fondamentaux forment un trio destructeur. La corruption persuade que tout s’achète. La lenteur persuade que la justice ne sert à rien. L’analphabétisme juridique persuade qu’il faut se débrouiller seul. À partir de là, la violence se banalise. Dans de nombreux quartiers, villages et espaces périurbains, le citoyen ordinaire ne sait ni comment porter plainte, ni comment préserver des preuves, ni vers quelles autorités se tourner, ni quels sont les droits de la victime et ceux du suspect. Cette ignorance laisse la place aux rumeurs, aux accusations spontanées et aux condamnations immédiates. Elle facilite aussi l’emprise de certains chefs ou notables qui, faute de formation juridique suffisante, confondent médiation traditionnelle et justice pénale.

Baloum, le drame révélateur
1-2 Un crime qui scandalise
L’affaire de Baloum a révélé avec une brutalité inouïe l’ampleur du problème. Le 5 juin 2026, Stève Achille Diffo, 20 ans, a été accusé de vol de tôles par des villageois. Il n’a pas été traduit devant un tribunal. Il n’a pas bénéficié d’une enquête contradictoire. Il n’a pas été entendu avec les garanties minimales dues à toute personne soupçonnée. Il a été livré à la foule, conduit à la chefferie, maintenu dans un climat de haine, puis exécuté dans des conditions d’une sauvagerie extrême. Ce qui choque ici, ce n’est pas seulement le crime. C’est le passage à l’acte collectif, l’abolition de toute retenue, la transformation d’une accusation en sentence, puis d’une sentence en supplice. Le drame de Baloum n’est pas un simple fait divers. C’est un miroir tendu à la nation.
2.2 La responsabilité des relais d’autorité
Lorsqu’un chef traditionnel reçoit une foule en colère, il ne doit jamais devenir le théâtre où se légitime la violence. Sa fonction est de calmer, d’orienter, de protéger et d’appeler au droit. S’il laisse la foule croire que la chefferie peut se substituer à la juridiction, il ouvre une dangereuse brèche entre coutume et arbitraire. C’est précisément pour cela qu’un module d’introduction au Droit est nécessaire pour les chefs traditionnels. Ils doivent savoir ce qu’ils peuvent faire, ce qu’ils ne peuvent pas faire, ce qu’ils doivent transmettre à la gendarmerie ou à la police, comment préserver une scène d’infraction, comment éviter les aveux extorqués, comment protéger un suspect sans protéger un criminel, et comment concilier autorité coutumière et primauté de la loi.
2.3 La récupération identitaire :
Le plus grave, dans ce type de drame, c’est la récupération identitaire. Au lieu d’une condamnation unanime de la barbarie, on voit surgir des discours de haine, des amalgames ethniques et des appels au démantèlement des chefferies d’une communauté entière. C’est une manière d’exploiter un crime pour humilier un groupe, exciter les passions et détourner le regard des vraies responsabilités. Il faut le dire sans détour : stigmatiser une communauté entière à cause d’un acte criminel commis dans un contexte donné n’est ni du droit, ni de la justice, ni de la morale publique. C’est du poison. Et ce poison détruit la République de l’intérieur.
La justice populaire
3.1 Un phénomène documenté La Commission des Droits de l’Homme du Cameroun a déjà alerté sur la recrudescence de la justice populaire, qu’elle considère comme une atteinte grave au droit à la vie, à la dignité humaine et à l’intégrité physique et morale des victimes [1]. Le phénomène n’est pas marginal. Il se répète dans plusieurs régions, dans des contextes de vol présumé, de banditisme, de suspicion ou de frustration sociale. Quand la population n’a plus confiance dans la réponse publique, elle invente sa propre justice. Mais cette justice-là n’est ni équitable, ni contrôlée, ni réparable. Elle détruit sans instruire. Elle punit sans vérifier. Elle tue sans juger.
3.2 Les causes sociales
La justice populaire naît souvent de la peur, de la colère et de la frustration. Elle est alimentée par la pauvreté, le chômage, l’urbanisation rapide, l’insécurité quotidienne et le sentiment d’abandon. À cela s’ajoute une dimension très importante : le manque d’éducation juridique. Il faut le reconnaître : beaucoup de citoyens ne connaissent pas les règles élémentaires de procédure, la présomption d’innocence, le droit à la défense, l’interdiction de la torture, ou encore les voies de signalement des infractions. Dans ce vide, la rumeur devient loi, la foule devient tribunal et la violence devient preuve.
3.3 Le rappel des plus hautes juridictions
La Cour suprême elle-même a mis en garde contre la justice populaire, la qualifiant de dérive intolérable dans un État de droit. Cette prise de position est importante, car elle montre que le problème n’est plus nié au sommet de l’ordre judiciaire. Mais reconnaître le mal ne suffit pas : il faut l’attaquer à la racine, par l’éducation, la sanction et la réforme.

La justice parallèle des chefferies et lamidats
4.1 Quand l’autorité traditionnelle sort du cadre Les autorités traditionnelles jouent un rôle important dans la médiation sociale, la pacification et la cohésion communautaire. Mais elles ne peuvent pas se substituer à la justice de la République. Lorsqu’un chef commence à trancher des litiges pénaux, à détenir des personnes, à tolérer des violences ou à couvrir des abus, il franchit une ligne rouge. Des critiques récurrentes ont été formulées sur certaines chefferies et certains lamidats où l’autorité coutumière semble se confondre avec un pouvoir discrétionnaire quasi absolu. L’existence alléguée de prisons privées, de gardes armés, d’intimidations ou d’influence électorale locale appelle une réaction forte de l’État de droit. 4.2 Le besoin d’un cadre normatif clair La solution n’est ni l’humiliation des chefferies ni leur abolition. La solution est la clarification de leurs compétences, la formation de leurs titulaires et l’encadrement effectif de leurs actes. Les chefs traditionnels doivent être des partenaires de la République, pas des pouvoirs concurrents. D’où la nécessité d’un module d’introduction au Droit comprenant au minimum : les notions de base sur la Constitution, le Code pénal, la procédure pénale, les droits de l’homme, la présomption d’innocence, l’interdiction de la torture, le rôle de la police judiciaire, la responsabilité civile et pénale, ainsi que les limites de la médiation coutumière.
4.3 Une obligation de pédagogie d’État
L’État a le devoir de former. Il ne suffit pas de rappeler aux chefs qu’ils doivent respecter la loi ; encore faut-il qu’ils comprennent la loi. Cette pédagogie n’est pas une faveur, c’est une exigence de bonne gouvernance. Un chef bien formé devient un vecteur de paix. Un chef ignorant devient un risque public. Les grandes affaires étouffées :*
5.1 Martinez Zogo
L’affaire Martinez Zogo incarne à elle seule les inquiétudes d’une société qui doute de la sérénité de sa justice. Les rebondissements, les changements de magistrats, les lenteurs procédurales et les questions persistantes sur les responsabilités réelles nourrissent l’idée que certaines affaires sont trop lourdes pour être traitées comme de simples dossiers ordinaires. Lorsque des dossiers impliquant des personnalités puissantes ou des circuits institutionnels sensibles donnent le sentiment d’être sans cesse déplacés, retardés ou réorientés, la confiance publique s’érode. Et quand la confiance s’effondre, la République chancelle.
5.2 Les journalistes réduits au silence Le sort de plusieurs journalistes et lanceurs d’alerte souligne la fragilité de la liberté d’expression. Les morts suspectes, les agressions, les exils forcés et les intimidations répétées créent un climat de peur qui nuit non seulement à la presse, mais à toute la société. Une justice qui ne protège pas ceux qui informent devient une justice qui abandonne le droit à l’information.
5.3 Les opposants et les détenus Les morts en détention, les arrestations massives et les traitements dégradants durant les périodes de tension politique posent une question centrale : l’État protège-t-il encore la vie de ceux qu’il arrête ? Quand la détention devient elle-même un danger, la justice cesse d’être protectrice et se transforme en instrument de domination. 5.4 L’exigence de vérité Il faut rouvrir les dossiers, établir les chaînes de responsabilité, identifier les ordres, les exécutants et les commanditaires lorsque cela est juridiquement possible. Les familles ne demandent pas seulement des condoléances. Elles demandent la vérité, la mémoire et la justice. Sixième partie : L’instrumentalisation politique :*
6.1 La justice comme arme :* Lorsque la justice sert à neutraliser les adversaires, à intimider les voix dissidentes ou à fabriquer l’obéissance, elle cesse d’être justice. Elle devient une arme de gouvernement. C’est l’un des dangers majeurs de notre époque : la confusion entre l’intérêt de l’État et l’intérêt du pouvoir.
6.2 La tribalisation du débat public L’étiquetage ethnique des opposants est l’un des procédés les plus dangereux. Il transforme la compétition politique en affrontement identitaire. Il pousse les citoyens à se voir d’abord comme membres d’un groupe, et seulement ensuite comme citoyens d’une même République. Cette dérive doit être combattue sans relâche. 6.3 Le devoir des institutions Le droit à la défense, l’égalité devant la loi et le respect de la dignité humaine ne sont pas des concessions. Ce sont des obligations constitutionnelles. Toute institution qui les piétine contribue à miner l’idée même de l’État.
Le Conseil constitutionnel et le précédent dangereux
7.1 Une décision lourde de conséquences
La décision rendue le 17 juin 2026 par le Conseil constitutionnel, déclarant irrecevable la requête contre le décret présidentiel prorogeant certains mandats locaux, a suscité de nombreuses critiques sur la sécurité juridique et la protection des droits politiques. Même lorsqu’une institution se déclare incompétente, l’effet politique et symbolique de sa décision demeure immense.
7.2 Le risque de banalisation de l’exception Le danger n’est pas seulement juridique. Il est institutionnel. Quand des pratiques d’exception deviennent ordinaires, l’exception se transforme en norme. Et lorsqu’un pouvoir peut modifier les équilibres démocratiques par décret sans véritable contrôle, c’est la souveraineté citoyenne qui se trouve marginalisée.
7.3 Le rôle du juge constitutionnel Le juge constitutionnel n’est pas seulement un arbitre technique. Il est aussi le gardien du pacte républicain. S’il refuse de jouer ce rôle, il laisse le champ libre à l’arbitraire. La confiance dans la justice constitutionnelle est une condition de la paix civique. Huitième partie : Appréciation et conséquences
8.1 Sur le plan social
Socialement, la justice populaire est souvent comprise comme un cri de désespoir. Mais un cri de désespoir n’est pas un système de justice. L’émotion ne remplace pas le droit.
8.2 Sur le plan juridique
Juridiquement, la justice populaire et la justice parallèle sont des déviations incompatibles avec l’État de droit. La première viole le droit à la vie et la présomption d’innocence ; la seconde viole l’unicité de la justice publique.
8.3 Sur le plan moral
Moralement, elles déshumanisent. Elles habituent les consciences à la mort facile, à l’humiliation, à la peur, à la vengeance. Une société qui tolère cela s’expose à l’effondrement de ses propres valeurs.
8.4 Sur le plan économique Économiquement, la défiance judiciaire tue l’investissement, freine l’activité et pousse les acteurs économiques à chercher des garanties informelles. Une économie ne se développe pas durablement là où la règle est incertaine.
Fondements juridiques et appel à la conscience 9.1
Le cadre interne
La Constitution camerounaise proclame l’État de droit et la souveraineté nationale. Le Code pénal réprime les violences, les atteintes à la vie, les faux bruits, la haine et les atteintes à l’honneur. Les lois de décentralisation reconnaissent les chefferies, mais ne leur donnent pas un pouvoir pénal autonome.
9.2 Le cadre international
Le Cameroun est lié par des instruments internationaux protégeant le droit à la vie, l’interdiction de la torture, le droit à un procès équitable et l’égalité devant la loi. Ces engagements ne sont pas décoratifs. Ils obligent.
9.3 L’appel aux consciences
Nous appelons les magistrats à l’indépendance, les forces de l’ordre à la rigueur, les autorités administratives à la neutralité, les chefs traditionnels à l’humilité juridique, les médias à la responsabilité, et les citoyens à la retenue. La force de l’État de droit ne réside pas dans la brutalité, mais dans la capacité à rendre justice sans vengeance.
10.1 Pour une refondation réelle La justice parallèle et la justice populaire sont les deux visages d’une même crise : celle d’un État de droit affaibli, contesté et parfois trahi de l’intérieur. Elles prospèrent sur l’impunité, l’ignorance, la peur et la faiblesse des institutions. Elles ne seront vaincues ni par les slogans ni par le silence. 10.2 Une exigence de rupture Il faut rompre avec la culture du non-droit. Il faut restaurer l’autorité du juge. Il faut sanctionner les violences. Il faut protéger les victimes. Il faut former les chefs traditionnels. Il faut enseigner le droit. Il faut réconcilier la République avec sa propre promesse.
10.3 Un module d’introduction au Droit pour les chefs traditionnels Nous demandons formellement la mise en place d’un module national d’introduction au Droit destiné aux chefs traditionnels et autorités coutumières, avec les objectifs suivants :
– Comprendre la hiérarchie des normes.
– Distinguer médiation coutumière et justice pénale.
– Connaître les droits fondamentaux. – Savoir orienter les conflits vers les juridictions compétentes.
– Prévenir la justice populaire.
– Protéger les personnes vulnérables.
– Renforcer la paix sociale par la légalité.
Ce module pourrait être organisé en collaboration avec le ministère de la Justice, le ministère de l’Administration territoriale, les universités, l’École nationale d’administration et de magistrature, et les organisations de défense des droits humains.
10.4 Mot final Le Cameroun ne manquera pas d’avenir si ses institutions se relèvent. Mais aucune nation ne peut se reconstruire durablement sur la peur, l’arbitraire et l’humiliation. L’heure n’est plus aux demi-mesures. L’heure est à la refondation.
L’auteur : Mbamy de Fochada est le leader de la Convergence panafricaine, un mouvement politique engagé pour la décolonisation totale de l’Afrique, la souveraineté des peuples et l’instauration d’un État-providence. Son combat pour la justice et l’équité s’inscrit dans une vision panafricaine de progrès et de rupture avec l’ordre néocolonial qui prévaut dans nos pays.MDF.