Mag-Afriksurseine-Mars-2024

MARTHE CECILE MICCA : IL FAUT CHANGER LA DIRECTION DU COMICA

 

Dans un texte  profondément critique, Cécile Micca dresse le portrait d’une institution qu’elle considère comme moralement déliquescente. Le COMICA, comité organisateur de Miss Cameroun fissure l’image des jeunes filles. Elle y exprime un regret douloureux face à ce qu’elle perçoit comme une décadence éthique et organisationnelle. Selon elle, à force de vouloir protéger aveuglément l’image de cette structure, ses responsables en révèlent plutôt les failles et démontre une dérive citoyenne des responsables sans conscience dans des défaillances morales. A chaque fois, des  scandales répétés, accusations graves et une  gestion opaque ternissent  durablement sa crédibilité. L’auteure insiste sur le fait que le véritable problème ne serait pas une prétendue cabale extérieure, mais bien les manquements internes d’une organisation qu’elle juge moribonde. Sur le plan ethnique, elle condamne avec fermeté les discours accusant la communauté bamiléké de vouloir nuire au COMICA. Elle dénonce une stratégie de diversion qui consisterait à désigner un ennemi communautaire pour masquer des dysfonctionnements structurels. Le temps des silences est révolu. Pour elle, cette rhétorique est non seulement infondée, mais profondément dangereuse, car elle fracture inutilement la nation.

 

Elle rappelle que les dynamiques de concurrence dans les concours de beauté ne sont ni inédites ni propres au Cameroun, et qu’elles devraient être perçues comme des opportunités d’amélioration plutôt que comme des complots. Sur le plan éthique, son réquisitoire devient plus grave encore. Elle évoque des accusations alarmantes : signature de contrats par des mineures sans encadrement parental, soupçons de proxénétisme, pressions, intimidations et confiscation de récompenses. Elle mentionne des cas de démissions et de tentatives présumées d’étouffement médiatique. A ses yeux, ces éléments traduisent une banqueroute morale irréversible. Elle considère que les menaces et le chantage ne pourront faire taire indéfiniment celles qui ont choisi de briser le silence. L’auteure interroge également la responsabilité de la direction du COMICA, notamment lorsque la probité morale d’une lauréate est publiquement remise en cause par ses propres encadreurs. Elle y voit soit un aveu d’incompétence du jury, soit une tentative de se dédouaner en exposant une jeune femme à la vindicte populaire. Elle s’inquiète du manque de protection accordé aux candidates, estimant que ces dernières deviennent vulnérables dès que surgit la controverse, alors même qu’elles incarnent l’image de la femme camerounaise sur la scène nationale et internationale. Enfin, Cécile Micca conclut sur un appel vibrant à la responsabilité collective. Elle affirme que l’art et l’engagement ne peuvent être achetés ni réduits au silence. Pour elle, la jeunesse camerounaise ne doit plus accepter la médiocrité, les abus et le mépris envers les femmes. Elle soutient que des institutions comme Miss Cameroun, désormais d’envergure nationale, doivent répondre de leurs actes devant le peuple. Son texte se veut un cri d’alarme : le temps du silence est vraiment révolu, et la défense de la dignité des jeunes femmes demeure un combat non négociable.

 


Aussi, si le constat dressé par Cécile Micca est aussi sévère, c’est parce qu’il se veut salutaire. Une institution comme le COMICA, comité organisateur de Miss Cameroun, ne peut durablement survivre dans la suspicion, les scandales et la défiance populaire. Lorsqu’une structure censée célébrer l’excellence et la dignité féminine se retrouve éclaboussée par des polémiques récurrentes, c’est non seulement des individus qui sont atteints, mais surtout  l’image même de la nation qu’elle prétend représenter. Il devient alors impératif d’envisager un renouvellement profond de l’équipe organisationnelle, afin de restaurer la crédibilité, la transparence et l’éthique qui devraient être le socle d’une telle institution. Changer les dirigeants  et les pratiques est un acte de responsabilité. Une réforme courageuse permettrait de rompre avec les logiques de déni, d’opacité et de conflits internes qui ont, au fil des années, plongé cette organisation dans une boue dont elle peine à se relever. Redonner sa grandeur à Miss Cameroun suppose une gouvernance intègre, des règles claires, une protection effective des candidates et une communication respectueuse de l’intelligence collective. Il ne s’agit pas de détruire, mais de reconstruire. Il ne s’agit pas d’humilier, mais d’assainir. Car une institution nationale ne peut prospérer que si elle inspire confiance, fierté et adhésion. Ainsi, le véritable hommage à rendre aux jeunes femmes camerounaises n’est pas   de préserver coûte que coûte une équipe contestée, mais de garantir un cadre digne, transparent et protecteur. C’est à ce prix seulement que Miss Cameroun pourra sortir de l’ombre des controverses et retrouver la lumière de son ambition première qui est de  célébrer l’excellence, l’élégance et la valeur des femmes du Cameroun.

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