Mag-Afriksurseine-Mars-2024

Les moins de 17 ans centrafricains mangent mal, leurs encadreurs mangent bien.

L’un des éléments fondamentaux du développement physique d’un athlète, et en particulier d’un footballeur, repose sur la nutrition. Une alimentation saine et équilibrée est indispensable pour la croissance musculaire, la résistance à l’effort et le développement de la stature physique. Dans le cas de l’équipe nationale de Centrafrique des moins de 17 ans, plusieurs éléments du témoignage recueilli montrent que ces jeunes souffrent de malnutrition, ce qui affecte directement leur morphologie et leurs performances sportives. D’abord, le manque d’un cadre de formation adapté en Centrafrique signifie que ces joueurs ne bénéficient pas des mêmes infrastructures et du même encadrement nutritionnel que ceux des grandes équipes africaines comme le Cameroun.

L’absence de cette culture footballistique dans le pays entraîne un manque de suivi sur les besoins nutritionnels essentiels pour la performance physique des jeunes athlètes. Contrairement aux joueurs camerounais qui bénéficient de soins spécifiques et d’un régime alimentaire optimisé pour leur croissance, les jeunes centrafricains doivent faire face à une alimentation déséquilibrée et insuffisante. Ensuite, les témoignages des joueurs eux-mêmes confirment que leur régime alimentaire est extrêmement pauvre en nutriments essentiels. Ils déclarent n’avoir accès qu’à des repas très limités : un morceau de pain avec une sardine, parfois du lait, du manioc cru avec de l’eau et, rarement, un morceau de viande rare tous les trois mois.

Or, une alimentation dépourvue de protéines animales et de vitamines essentielles a un impact direct sur le développement des muscles et la prise de masse corporelle. Les protéines, présentes notamment dans la viande, le poisson et les produits laitiers, sont indispensables à la formation musculaire et à la croissance osseuse. On aurait dit  que les encadreurs de l’équipe se réservent la majeure partie des ressources alimentaires destinées aux joueurs. Ce qui  nuirait  directement aux capacités physiques de ces jeunes, qui se retrouvent à évoluer avec un apport énergétique insuffisant. Cela peut s’expliquer par le fait que l’entraîneur, qui exprimait ses doléances à l’issue du match Cameroun-Centrafrique, affiche une silhouette corpulente et un embonpoint manifeste. « Regardez comme il est bien en chair », a souligné le même jeune  joueur centrafricain  que nous avons interrogé.

La malnutrition entraîne une diminution des capacités de récupération après l’effort, une faiblesse musculaire et un retard de croissance, expliquant ainsi la morphologie plus fine des joueurs centrafricains. Je ne dis pas que les âges des joueurs camerounais n’a pas un problème pour certains cas. Mais c’est un problème privé pour chacun d’eux. Aujourd’hui pour jouer au Cameroun, il faut être d’une famille riche et dès lors que tu es sélectionné même à un petit niveau on met tout le paquet sur ta réussite.  Par ailleurs, les conditions de vie difficiles en Centrafrique dès le plus jeune âge ont un impact sur la croissance des enfants. La privation alimentaire chronique entraîne un déficit en hormones de croissance, ce qui se traduit par un retard de développement physique. Ainsi, même en pratiquant une activité sportive, ces jeunes ne peuvent pas atteindre leur plein potentiel musculaire et corporel, contrairement aux joueurs camerounais qui bénéficient d’un cadre nutritionnel et médical adapté dès leur formation.

Le contraste est frappant lorsqu’on compare les jeunes footballeurs centrafricains à leurs homologues camerounais. Dans les centres de formation du Cameroun, les joueurs bénéficient d’une alimentation contrôlée et équilibrée qui favorise le développement musculaire. Dès l’enfance, ils sont soumis à un régime riche en protéines, en glucides et en vitamines, ce qui leur permet d’atteindre un niveau de croissance optimal pour la pratique du football de haut niveau. Enfin, il est essentiel de comprendre que le football est un sport exigeant qui demande une condition physique exceptionnelle. Sans un apport alimentaire suffisant, il est impossible de développer l’endurance et la puissance musculaire nécessaires à la haute compétition. La malnutrition des joueurs centrafricains a donc un impact direct sur leur morphologie, leur rendant impossible d’affronter des équipes mieux préparées, à l’image des Lions Indomptables du Cameroun, qui, eux, disposent d’un encadrement de haut niveau.

La minceur des joueurs centrafricains n’est pas une question d’âge ou de génétique, mais bien un problème d’alimentation et de conditions de vie. La privation alimentaire qu’ils subissent depuis l’enfance ralentit leur croissance et les empêche de se développer physiquement comme leurs adversaires camerounais. Sans un véritable effort pour améliorer leur encadrement nutritionnel et leur suivi médical, ces jeunes ne pourront jamais rivaliser avec les équipes disposant d’une préparation optimale. Leur entraineur, plutôt que de chercher des excuses sur l’âge des joueurs adverses, devrait se concentrer sur l’amélioration des conditions de vie et d’entraînement de son équipe afin de lui permettre de progresser et d’atteindre un niveau compétitif sur la scène internationale.

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