Mag-Afriksurseine-Mars-2024

Le Tribalisme, une école à expliquer.

Tribalisme, on a maintes fois parlé de tribalisme ce dernier temps au Cameroun. Une expression courante où toutes les confusions s’y mêlent, ce qui provoque les angoisses dans les esprits au point où le pouvoir public a tiré la sonnette d’alarme. Ma modeste expérience contribuera à une brève explication. Le problème du  tribalisme n’est pas un débat stérile, c’est une autre occasion d’apprendre, d’expliquer afin que tout ce qui peut créer une confusion dans les esprits soit réglé. C’est facile à chacun  de se décharger dans cette ignorance,  le tribalisme n’a jamais détruit un pays, au contraire, il a renforcé le sentiment d’appartenance. Parce que la tribu, c’est notre essence et on ne peut pas l’évacuer par un certain volontarisme. Avoir conscience tribale, c’est avoir conscience d’appartenir à un groupe, d’aimer ses ressortissants pour se retrouver afin de parler la même langue, parce aimer  les plats de sa contrée. La relation avec mes proches me procure la sécurité affective.

Il faut éviter l’amalgame qui consiste à  instrumentaliser la tribu vers des leviers pour des ambitions, par exemple, recruter dans une même administration les personnes originaires de mon département, on tombe dans l’égocentrisme qui est la face cachée du tribalisme. La conscience tribale émerge après la conscience désuète que les gens conservent dans les survivances anachroniques, qui résultent d’un passé ancestral, cette conscience tribale   marque le début de l’évolution  de la culture humaine. Lorsque les uns se méfient des autres cela  entraîne des suspicions. Le fétichisme domine notre esprit dès qu’on est en face d’une personne qui ne parle pas la même langue que nous. La raison est élémentaire en fait La conscience tribale cherche à fournir la sécurité affective au travers de clans composés de personnes proches biologiquement.

Le Cameroun à l’époque avait résolu cela parce qu’elle avait réussi à bâtir une nation. C’était facile de le percevoir. Dans chaque ministère, direction ou organisation camerounaise publique ou privée, presque toutes les composantes tribales  se retrouvaient dans  une administration. À la direction générale, on trouvait un Haoussa ou un Béti, puis la secrétaire était une Douala, et les autres membres, un Bamileké, ou un Bassa ou un Bafia. Cette réalité a été palpable avec l’école, le collège et les lycées, on ne savait pas ce qu’on appelle ressortissant de telle ou telle tribu. Cela se disait mais cela n’avait aucun effet sur notre vie.  Ce qui fait les gens parler de tribalisme, c’est quelques fois l’instinct sécuritaire, il s’agit de  démontrer sa loyauté envers sa tribu, le respect du passé, la soumission à son chef, sa proximité avec ses paysages naturels, et surtout le sentiment amoureux avec un membre de sa contrée.

Instrumentaliser la tribu comme un levier pour des ambitions, c’est ce qui est à éviter.

La construction communautaire est un état de fait, il ne faut pas fantasmer les communautés, le tribalisme est un outil de construction de la conscience du magma groupale. Il y a rien de négatif si les gens se retrouvent entre eux. Mais quand il s’agit de dire que notre groupe est meilleur que le vôtre, ramener tout à soi  pour  être choisi en priorité pose un  problème.

Je suis pour la tribu du vraie, je suis pour qu’on choisisse les meilleurs, et permettre les autres d’avancer, mais je souhaite aussi qu’on offre des chances pour tous.  L’égalité des chances, et aider ceux qui n’ont pas les mêmes possibilités d’accéder à la grande table, ce qu’on appelle en Europe la discrimination positive.  Mais évitons de distraire les gens, il y  a d’autres problèmes plus sérieux, nous sommes dans un monde de dispersion, de violence, et de vocifération, ou chacun est happé par la nécessité, on se croise, on se marie, on fonctionne ensemble, les jeunes nous attendent, pour nous saluer au prochain carrefour.

Loading

Tendances

A Lire aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut