Mag-Afriksurseine-Mars-2024

LE PR MOUELLE KOMBI PREND ACTE DE LA NOMINATION DE PAGOU ET MET FIN AUX TUMULTES ET INCOMPREHENSIONS

 

La réunion préparatoire à la CAN 2025, présidée ce jour par le Pr. Narcisse Mouelle Kombi, a marqué un nouveau tournant dans le feuilleton qui secoue depuis plusieurs mois la sélection nationale du Cameroun. Le ministre des Sports a officiellement pris acte de la nomination du coach Pagou, présenté par plusieurs observateurs comme un homme discipliné, capable de remettre en marche les Lions Indomptables à l’approche d’une compétition continentale décisive. Au cœur de cette tourmente institutionnelle, le Pr. Mouelle Kombi est apparu, une fois encore, comme seul dans la bataille. Face à lui, des incompréhensions accumulées, une coopération institutionnelle souvent défaillante, et parfois une forme de manque de respect pour la hiérarchie républicaine. Pourtant, le ministre aura tenté, de bout en bout, d’appliquer le droit et de rappeler la primauté des règles. Comme tout fin diplomate, il a encaissé les coups avec dignité. Car un professeur sait enseigner même dans l’adversité. Le savoir, il le porte en lui comme un bouclier : c’est la seule richesse qu’on ne peut lui arracher. Il a été critiqué, parfois humilié par ceux mêmes qu’il considérait comme ses « fils », trop occupés à défendre leurs zones d’influence. L’avenir dira ce qu’il restera de ces confrontations. La crise actuelle révèle aussi un mal plus profond ; l’amnésie hiérarchique qui semble gagner certains acteurs du football national.

 

La FECAFOOT, en limogeant  unilatéralement  l’entraîneur national, oublie un principe fondamental : dans toute République, les fédérations sont placées sous la tutelle de l’État, car c’est bien le gouvernement, et non une association sportive, qui engage la nation devant la CAF ou la FIFA. On peut s’étonner qu’une institution chargée d’encadrer nos jeunes, de valoriser nos talents et de représenter la nation oublie ainsi le sens de la discipline administrative. Le football camerounais a besoin d’efficacité, certes, mais aussi d’humilité, de transparence et de respect pour ceux qui, par leur fonction, garantissent l’ordre républicain. Le développement sportif ne peut s’épanouir que dans la cohérence, la loyauté et la collaboration entre institutions. Il est temps de rappeler que la gloire des Lions Indomptables ne s’est jamais construite dans la défiance ou dans les luttes d’ego, mais dans la solidarité des acteurs… et le respect des règles. Malgré cette tension, le ministre des Sports a réaffirmé l’engagement total du gouvernement à accompagner les Lions Indomptables durant toute la CAN 2025 au Maroc. Primes de participation, primes de match, transport de la délégation, accréditations, hébergement, mobilisation de la diaspora : tout est déjà en cours d’organisation. Il a également exhorté la FECAFOOT à favoriser la cohésion, le professionnalisme et l’esprit d’équipe, afin de raviver la flamme qui fit jadis la grandeur du football camerounais.

 

En prenant acte du départ de Marc Brys, le ministre clôt un chapitre lourd d’incompréhensions. Hier encore, Brys était célébré, et l’on répétait que « l’État est debout ». Aujourd’hui, la page se tourne presque sans éclat. Il y a là une leçon que les jeunes acteurs du sport devraient méditer : en politique, les alliances sont fragiles, les soutiens parfois éphémères, et les intérêts changent plus vite que les discours. Le Pr. Mouelle Kombi sait désormais que les rapports de pouvoir sont mouvants, et qu’un homme public, malgré ses efforts, peut perdre en un instant la solidarité du peuple ou des institutions. Mais, tout autant, ce qui arrive aujourd’hui pourrait arriver demain à n’importe quel dirigeant, car aucun pouvoir n’est à l’abri des retournements. C’est comme le vent qui renverse les arbres quand il souffle, devant il rencontrera d’autres arbres. La nomination de Pagou, l’implication renouvelée du ministère, et l’urgence d’une collaboration apaisée ouvrent une nouvelle page pour les Lions Indomptables. Le Cameroun a besoin d’un football qui rassemble plutôt qu’il ne divise, d’acteurs qui construisent plutôt qu’ils ne s’affrontent. La CAN approche, il est temps de donner priorité à la nation, à l’équipe, et aux rêves des millions de Camerounais qui n’aspirent qu’à vibrer, une fois encore, au rythme des victoires de leurs Lions.

Loading

Tendances

A Lire aussi