Mag-Afriksurseine-Mars-2024

LE MARIAGE DE L’ANNEE, LE FILS DU Pr KAMTO ET LA FILLE DU Pr BAHEBECK : UNION SENTIMENALE OU ALLIANCE POLITIQUE

 

Longtemps, cette histoire a flotté dans l’air comme une rumeur trop belle pour être vraie. Elle circulait sur les réseaux, légère et insistante, et je l’avais accueillie avec le sourire sceptique que l’on réserve aux canulars de nos imaginaires populaires. Comment croire, en effet, que le fils du professeur Maurice Kamto et la fille du professeur Bahebeck, deux figures majeures de la pensée et de la scène publique camerounaise, aient choisi d’unir leurs destins dans un pays où la notoriété se conjugue souvent avec le silence sur la sphère intime ? Rien, jusque-là, n’avait laissé entrevoir publiquement la réalisation d’un tel rapprochement. Et pourtant, le voile s’est levé. Ce qui n’était qu’une simple rumeur  est devenu une évidence, douce et éclatante à la fois. Deux familles, longtemps tenues à distance par la retenue et la discrétion, se sont avancées vers l’union, portées par le courage tranquille de deux pères acceptant de devenir, au-delà des débats et des divergences, des alliés par l’amour de leurs enfants. La surprise n’est pas seulement sentimentale, elle est aussi politique, au sens noble du terme, celui qui parle du vivre-ensemble et du destin commun. Car ce mariage dépasse l’intimité d’un foyer. Il raconte la rencontre de deux peuples, de deux histoires, de deux héritages intellectuels puissants qui se frôlent et s’embrassent. Il rappelle que l’amour n’est pas la politique et que la politique n’est pas l’amour, mais que l’un et l’autre peuvent parfois partager une même scène, le temps d’une union symbolique.

 

Dans cette alliance, chacun projette ses espoirs, ses rêves, parfois ses craintes, mais surtout la preuve éclatante que rien n’est figé lorsque les cœurs décident d’ouvrir la voie. Les images dévoilées montrent deux jeunes gens lumineux, beaux dans la simplicité de leurs regards, intelligents dans leurs silences, courageux dans leur choix. Elle, médecin comme son père, lui, avocat à l’image du sien ;  la transmission est  un héritage de noms, et  une continuité de valeurs. Autour d’eux, les commentaires fusent, tantôt admiratifs, tantôt amusés, parfois excessifs, souvent passionnés. Certains y voient la fusion la plus emblématique du Cameroun pluriel, d’autres s’inquiètent déjà de débats familiaux animés où quatre esprits affûtés croiseraient leurs opinions comme des éclairs. Mais tous reconnaissent, consciemment ou non, la force du symbole. Ce mariage fait aussi taire, pour un instant au moins, les cris du tribalisme. Ceux qui s’en nourrissent n’ont peut-être pas trouvé le sommeil cette nuit-là. La vie, patiente et ironique, se charge de rappeler que l’amour sait asseoir des ennemis autour d’une même table. Dans ce foyer naissant, certains imaginent déjà des enfants du destin, intelligents et sages, héritiers d’un double patrimoine et porteurs d’un avenir réconcilié. Il ne nous reste qu’à saluer, avec respect et émotion, le professeur Maurice Kamto et le professeur Bahebeck pour cette leçon à la  camerounaise, et à souhaiter aux deux familles un bonheur durable. Que les jeunes mariés cheminent longtemps, unis par le cœur, et que leur union rappelle à la nation que la pluralité est non  pas une faiblesse, mais la plus belle des richesses. Au-delà des réseaux sociaux et des passions passagères, l’amour, une fois encore, a montré qu’il est plus fort que la haine et plus vaste que nos divisions.

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