Par Yana Bekima
Nous sommes le samedi 14 mai 2011. La scène est dévastatrice et l’image spectaculaire, définitivement ravageuse, que chacun découvre ahuri, en mondovision devant son petit écran de télévision. Image surréaliste, noyé sous les flashes, on voit sortir KO DSK (Dominique Strauss-Kahn) menottes aux poignets devant toutes les caméras du monde entier. Il est accusé d’avoir violé une femme de chambre. Le scandale fait la une de tous les tabloïds. C’est la déflagration, l’humiliation suprême que tout le monde redoutait.
Crépuscule d’un homme à New-York.
Ici commence le parcours peu commun d’un homme, une figure célèbre de la politique et de la finance mondiale, prostrée, tête baissée. On se demande ce qui n’a pas marché. Sa vie vient de se transformer en un cauchemar. Son épouse est effondrée. Elle ne veut pas y croire. Les chaines d’infos diffusent et rediffusent ces images en boucle.
Il faut sauver le soldat DSK.
L’enjeu est désormais sa liberté et rien d’autre. Des stratégies sont échafaudées pour obtenir sa libération. Il faut imaginer une formule suffisamment ambiguë et habile tout en évitant de le disculper. Peine perdue ! DSK est inculpé d’ « acte sexuel criminel, de tentative de viol et de séquestration ». En droit américain, un acte sexuel criminel désigne une fellation, ou une pénétration anale sur une personne non consentante. Le viol désigne la pénétration vaginale. Les chefs d’accusations énoncés par la justice américaine sont passibles de peines, qui s’additionnant, peuvent atteindre soixante-quatorze ans de prison. C’est la consternation.
Le climat devient délétère, la presse américaine s’en prend aux français et n’a pas les mots assez durs pour fustiger la légèreté de leurs mœurs et leur manque de moralité. Pour Anne Sinclair, l’ancienne journaliste-star de TF1 c’est le début d’un calvaire. Assommée, déboussolée, elle fera des mains et des pieds pour sortir de là son époux. Eux qui étaient promis à un si bel avenir voient brutalement tous leurs espoirs et leurs rêves s’envoler.
La chute du héros
L’arrestation de DSK est d’abord une humiliation personnelle de l’homme politique français et une tache noire pour le FMI. Toutes les indulgences coupables et répétées de DSK avaient-elles développé chez lui un sentiment d’impunité, de toute puissance, voire d’irresponsabilité ? Ce que l’on pourrait penser au vu de la gravité de cet acte. Pourquoi rien n’a été fait pour que DSK ne devienne son propre bourreau, et la première victime de ses démons intimes ?
L’opprobre et la honte au lieu des honneurs
Le bonheur est ainsi, il faut des années pour le bâtir et un rien pour le briser. Celui qui se voyait aux portes de l’Élysée se retrouve donc à celles de l’enfer. « Du plus haut on est, du plus haut on tombe » comme l’enseigne la sagesse chinoise.









