Benoît Voltaire WANGA
La communauté vuté en deuil
La disparition de la veuve Kaptain née Diko Catherine Adidja a bouleversé tout son entourage. Nous sommes le mercredi 20 août. Il est 3 heures du matin, seulement passées de 2 minutes. Trop de froid. Alors que tout le monde cherchait à se rallonger dans son lit, une annonce retentit dans le forum WhatsApp dédié au rassemblement des filles et fils vuté du monde. « Madame Diko Adidja Catherine n’est plus de ce monde, terrassée par une longue maladie qui l’a tenu en peine. Cette charmante maman m’a reçu à Mbalmayo il y a quelques années seulement ». Déclare Guy Merlo Em-Ndjang, président de Vuté Cameroun, d’un air abattu. Tombée comme un couperet, cette nouvelle est une pilule difficile à avaler pour les connaissances de la disparue. Les émotions sont indescriptibles et le vide est immense au sein de la grande famille vuté. Depuis sa mort, des milliers de témoignages fusent de tout bord. Il ressort, que, la défunte était une dame aux multiples valeurs que sont : amour, générosité, intégrité et altruisme.
Un penchant pour l’humain et un modèle
Institutrice de formation, Madame Diko Catherine prenait sa retraite en mai 2023 à Mbalmayo, après près de trente années de service rendu avec loyauté, professionnalisme, passion et amour. Par-delà de sa formation, elle avait un penchant pour l’humain. C’était une dame pleine d’altruisme qui avait un attachement profond pour sa communauté et qui a apporté, à sa manière, sa contribution significative à tout vuté qu’elle a rencontré de son vivant. De Maroua à Mbalmayo sa ville de résidence, et à Foufoueing son village d’origine, elle aura marqué les esprits par sa simplicité. Elle a rassemblé les vutés partout où elle est passée, elle a reconcilié les familles divisées, elle a initié plusieurs projets de développement pour sa famille, son sourire et sa chaleur ont ravivé de l’espoir chez ses amis et proches. Les portes de sa villa, à Mbalmayo logée au quartier Ngallan, étaient grandement ouvertes à tous ceux qui y entraient. C’était toute une ambassade vuté à Mbalmayo. Ses proches auraient voulu qu’elle vive éternellement, malheureusement les bonnes choses ne durent jamais. La vie est un mensonge et la mort est vraie. Pendant notre vivant, nous avons cent connaissances à nos côtés lorsque tout est rose, mais au moment de pousser le dernier soupir au plus dix sont à notre chevet. Chaque individu porte en lui un germe d’ingratitude qui finit par être dévoilé et cela inhérent à la nature humaine faite d’imperfections. Et madame Diko le savait. Son vécu est plein de leçons, il nous enseigne la glorification de l’humain, l’assistance à notre proche quand il a besoin de nous et que rien n’est au-dessus de l’humain. Nous n’avons pas le contrôle de la durée de notre vie, mais nous avons le pouvoir de choisir la qualité de nos actions. Faire du bien, c’est bâtir une mémoire vivante qui traverse le temps et continue de parler pour nous, même lorsque nous ne serons plus là.
Un chemin de croix
L’histoire de cette dame est jonchée de péripéties rebondissantes. Diko Catherine Adidja est née le 19 mai 1963 à Edéa dans le département de la Sanaga maritime, région du Littoral. Fille de Tavi Jean et de Dada Satou, elle vient en troisième position dans cette fratrie de huit enfants. En 1988, elle se marie de Kaptain avec qui elle naquit plusieurs enfants. Malheureusement, son époux va être rappelé par son créateur en 2003. C’est le début du chemin de croix pour cette femme. Sitôt veuve, elle joue à la fois le rôle du père et celui de la mère pour élever dignement ses enfants. Cette sexagénaire aurait choisi la route comme le font certaines de ses congénères, mais elle a travaillé d’arrache-pied pour offrir un trésor à ses siens. Une véritable héroïne dont la mémoire mérite d’être chérie et exaltée. L’autre leçon à tirer est l’endurance. Il y a une vie après l’échec, contrairement à la mort où tout s’arrête. Catherine s’est relevée après ses échecs répétés, elle a appris de ses erreurs et ne s’était jamais découragée. Du 12 au 13 septembre vont se tenir ses obsèques du côté de Mbalmayo, ville dans laquelle elle a passé le reste de sa vie. Cette maman part avec toutes ses qualités inégalables. Au moment où elle quitte définitivement ce monde plein d’injustice et de fourberie, nous lui souhaitons un bon voyage. Puisse l’Eternel son créateur vers qui elle retourne, l’accueillir dans son royaume. Que son âme repose dans la félicité céleste.
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