Clap de fin pour le D-Day Cannes Riviera : l’éclosion d’un pont cinématographique entre trois continents. Cannes, berceau de tant de fastes cinéphiliques, a vu s’illuminer du 7 au 12 août 2025 une constellation nouvelle dans son ciel déjà constellé d’étoiles : le D-Day Cannes Riviera. Cette première édition, logée dans l’écrin du Cinéma Les Arcades, ne s’est pas contentée de juxtaposer des films ; elle a façonné un véritable arc symbolique entre l’Afrique, la France et les États-Unis, un viaduc culturel où circulaient, avec une intensité rare, récits, émotions et visions du monde. Sous l’aile bienveillante du parrain Saty Djelass, frère de Maître Gims, et la présidence partagée entre Mame Mbaye, Consul du Sénégal à Los Angeles, et Pablo Giscard Njogou, journaliste écrivain habité par la cinéphilie, l’événement a brassé réalisateurs, interprètes, diffuseurs, journalistes et amateurs éclairés. Ce fut moins un festival qu’une agora filmique où la pellicule et le numérique se sont mués en outils de diplomatie culturelle.

Durant six jours féconds, plus de vingt-deux œuvres, venues de dix-sept nations et réparties avec une équité presque mathématique un tiers africaines, un tiers françaises, un tiers américaines, ont défilé sur l’écran. Ce méticuleux équilibre traduisait la vocation première du festival : offrir un carrefour des imaginaires où la diversité est l’armature même de la programmation. Comment ne pas évoquer Handibroken Fantoms (LOL) de Rahma Sophia Rachdi, mockumentaire hardi questionnant l’inclusion des personnes handicapées ? Ou le biopic incandescent dédié à Joséphine Baker, coréalisé par son propre fils Brian Baker, présenté avec ferveur par Luis Bouillon-Baker ? Et cette perle venue du Nigeria, signée Kọ́lá Túbọ̀sún, scrutant l’identité et la résilience avec la profondeur d’un poème visuel ? Sans oublier l’hommage solennel au Débarquement, où l’art se fit mémoire et gratitude partagée. Onze distinctions ont été décernées, dans une logique de reconnaissance autant esthétique qu’humaniste :

• Meilleur film : L’Autre Joséphine (France) et Le Voyage Vers L’Est (Afrique)
• Meilleur court métrage : Le Soleil (France) et The Emerald Purse (Afrique)
• Meilleur scénario : The Last Battleship (France) et Ebrohimie Road, A Museum of Memory (Afrique) • Meilleure actrice et meilleur acteur : Mira Victor et Kerwin Thompson (France), Joyce Nana Yaa Asamoah Mensah et Qananii Sobboqaa (Afrique)
• Film Féminin : Torn • Meilleure animation et meilleur documentaire : Yamina, The Warrior Princess (Afrique), Forever Families, Veterans of World War II (France), Take Me to Fendika (Afrique)
• Meilleure réalisatrice : Rahma Sophia Rachdi Grâce à des alliances stratégiques avec Netflix, Prime Video et Tubi, ces lauréats verront leurs œuvres voyager, prolongeant ainsi l’élan cosmopolite du festival Ce baptême est un succès d’estime et de cœur, assez éclatant pour inscrire d’ores et déjà le D-Day Cannes Riviera dans l’agenda immanquable des rendez-vous cinématographiques internationaux. L’édition 2026 s’annonce comme la seconde pierre d’un édifice culturel où le dialogue entre les peuples se construira, non pas par le verbe seul, mais par la puissance des images.

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