Mag-Afriksurseine-Mars-2024

BELKA TOLBIS : QUAND L’AMOUR USE LES PIERRES POUR REGLER LES PROBLEMES D’UN COUPLE

 

Depuis quelques heures, une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux met en scène la méga star Belka Tobis dans une altercation avec une femme qu’il présente lui-même comme la mère de ses enfants, avec qui il aurait partagé près de trente années de vie. Les images sont troublantes, chargées d’émotion, et laissent apparaître une situation manifestement sérieuse, mais encore difficile à interpréter dans toute sa complexité. On y voit une femme âgée, visiblement affaiblie, tenter de retenir l’artiste, tandis que celui-ci garde une attitude qui semble contenue. Un moment de tension survient lorsqu’elle se saisit d’un caillou, geste qu’elle n’ira finalement pas jusqu’à accomplir, comme retenue par le poids des souvenirs et du lien qui les unit. Cette séquence, aussi choquante soit-elle, ne permet pas à elle seule de trancher sur les responsabilités de chacun. Les conflits de couple, surtout après plusieurs décennies de vie commune, sont souvent le résultat d’années de frustrations, de silences et de sacrifices accumulés. Derrière l’image publique de l’artiste, adulé et célébré, se cache un homme avec ses failles. Derrière cette femme aujourd’hui fragilisée, il y a sans doute une autre image, celle d’une compagne plus jeune, qui a peut-être mis sa vie, son énergie et ses espoirs entre parenthèses pour accompagner celui qu’elle aimait.

Trente ans de vie commune ne se résument ni à un simple différend ni à une querelle passagère. Le cœur du désaccord semblerait tourner autour d’une maison familiale, symbole à la fois matériel et affectif. Si cette maison a été bâtie sur un terrain appartenant à la famille de l’artiste, la question de la légitimité et des droits devient encore plus délicate. Dans de nombreux contextes africains, ces situations sont sources de conflits profonds, car l’investissement affectif et financier des femmes n’est pas toujours protégé juridiquement. À l’inverse, certains estiment que nul ne devrait disposer ou tenter de liquider un patrimoine familial qui ne lui appartient pas en propre. Ces deux lectures s’opposent, et aucune ne peut être balayée d’un revers de main sans connaître les accords initiaux, les sacrifices consentis et les responsabilités partagées.

Ce qui interroge surtout, c’est la scène publique offerte à tous. Un différend aussi intime aurait sans doute mérité d’être réglé loin des caméras, dans le respect mutuel et surtout dans l’intérêt des enfants. La vidéo montre néanmoins que la situation aurait pu dégénérer bien davantage et que la retenue, notamment du côté de l’artiste, a évité le pire. Cela n’efface ni la détresse de la femme ni les torts éventuels de l’homme, mais rappelle que la réalité est rarement entièrement noire ou blanche. Pour la Baronne de Suisse très connue dans ses nuances : trente années passées aux côtés d’un homme ne sauraient être réduites à trente jours. Pour elle, Belka Tobie ne peut décemment renvoyer cette femme sans lui accorder quoi que ce soit. Même à Mbeng, où vit l’artiste, il est inconcevable d’abandonner une compagne après trois décennies de vie commune, surtout lorsqu’une famille, des enfants, sont nés de cette union. En Europe, le partage des biens s’impose naturellement, sans débat. En Afrique, en revanche, certains trouvent cela normal. Non. L’artiste se doit de faire preuve de grandeur d’âme et, a minima, d’assurer l’avenir de cette femme qui est restée à ses côtés pendant près de trente ans. Cette affaire soulève enfin une réflexion plus large. Elle rappelle aux femmes l’importance de se protéger légalement, de ne pas investir toute une vie sans garanties claires, et aux hommes la nécessité d’agir avec responsabilité et grandeur lorsque des décennies ont été partagées. Le mariage ou la vie commune ne sont pas des prisons à vie, mais leur rupture ne devrait jamais se faire au prix de l’humiliation ou de l’abandon total de l’autre. Trente ans, ce n’est pas trente jours. C’est une vie entière, faite de choix, de renoncements et de sacrifices, des deux côtés.

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