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Depuis quelques jours, l’espace numérique camerounais bruisse d’un nouveau scandale : une vidéo de deux ou trois secondes, attribuée à Monseigneur Sosthène Léopold Bayemi, Évêque du diocèse d’Obala. L’auteur de cette publication n’est autre que Nzui Manto, influenceur tristement connu pour salir des réputations au gré de ses humeurs. Cette affaire illustre une dérive inquiétante de notre époque : la condamnation publique immédiate, sans contexte, sans nuance. Une ère où l’accusé doit se justifier tandis que l’accusateur s’autorise toutes les outrances. Le procès se joue désormais sur la place numérique, et la réputation d’un homme peut être brisée en quelques clics.

 

Ici, il ne s’agit pas d’un homme quelconque. Monseigneur Bayemi est un prélat respecté, reconnu pour son intelligence et sa sagesse. Il s’est engagé pour la paix et la stabilité du Cameroun. À la veille de l’élection présidentielle, il a participé, avec d’autres évêques, à une rencontre avec le Secrétaire Général de la Présidence pour appeler au dialogue et à la cohésion nationale. Un geste courageux qui lui a valu, de toute évidence, d’être pris pour cible. Dans ce Cameroun où chaque pouvoir tente de museler l’autre, détruire une image par le sexe est devenu une arme redoutable. Difficile de ne pas voir, dans la diffusion de cette vidéo, une tentative de nuire à la carrière d’un homme d’Église. La coïncidence entre son engagement politique modéré et la soudaineté des attaques est trop flagrante pour être anodine. Dans un pays où l’information est souvent instrumentalisée, où le pouvoir s’exerce aussi par le contrôle de l’image et de la réputation, rien n’est innocent. Il y a, derrière cette mise en scène, une volonté claire d’avertir : l’Église camerounaise, déjà fragilisée par des scandales réels ou supposés, doit se tenir à l’écart de la politique.

 

Nous savons que des prêtres et des cardinaux ont été éclaboussés ailleurs. Nous savons également que, le Vatican a reconnu et sanctionné des fautes. Mais est-ce une raison pour précipiter un évêque camerounais au bûcher de l’opinion publique ? En réalité, cette affaire dépasse le seul nom de Mgr Bayemi. Elle interroge notre rapport à la vérité, à l’information et à la justice. Elle révèle combien le Cameroun vit dans une tension permanente entre pouvoirs politique, religieux, économique et désormais numérique. Dans un pays où chacun semble avoir « quelque chose » à cacher, les révélations, vraies ou fabriquées sont devenues des armes pour intimider et réduire au silence. Pour moi rien de grave. Ce qui est en jeu ici n’est pas un crime, mais une réputation. Or, comme le dit l’Écriture, « un bon nom vaut mieux que de grandes richesses ». Et c’est précisément ce bon nom que certains veulent briser. Au milieu de ce tumulte, une vérité demeure : les fidèles connaissent leur berger. Monseigneur Bayemi n’est pas un saint, il n’est pas exempt de faiblesses, aucun homme ne l’est,  mais il œuvre, à son niveau, à bâtir l’Église du Christ.

 

Si la tempête numérique cherche à l’abattre, il appartient à chacun de résister au poison qui circule dans notre vie. Pour ma part, je crois que c’est l’influenceur lui-même avec une telle attaque a pris ses responsabilités et a  goûté au poison.  Quand on sait aussi que notre évêque aime soigner son apparence, tenir à son « look », se maquiller un peu et, dit-on, se décaper la peau avec la ferveur d’un novice découvrant une eau bénite « nouvelle génération. » Cela prête peut-être à sourire, mais l’élégance n’a jamais tué personne… et lui non plus. Le véritable danger ne vient pas de lui, mais de ceux qui cherchent à l’abattre. Qu’on se le dise : toucher à un homme d’Église comme celui-là ne passera pas inaperçu dans l’histoire des hommes, et n’oublions pas ces moments que nous traversons, c’est encore le temps des rires, mais les enjeux peuvent  exposer à un retour cruel. On ne tue pas un évêque, ni symboliquement ni autrement,  sans en payer le prix. En vérité, je plains davantage le lanceur d’alerte que sa cible. Car il ignore peut-être que, dans le jeu des dénonciations malveillantes, ce ne sont pas toujours les accusés qui finissent par porter la croix la plus lourde. Prions pour les deux.

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