Par Paul Chouta
Γcrire au Cameroun surtout pour dΓ©fendre les bonnes causes peut vous conduire en prison. C’est le sort qui pourrait Γͺtre rΓ©servΓ© Γ Marzouka Oummou Hani. Cette jeune Γ©crivaine Γ’gΓ©e seulement de 17 ans, Γ©lΓ¨ve en classe de terminale D Γ IPB les Pintades (institut polyvalent bilingue les Pintades), est convoquΓ©e demain jeudi 20 juillet 2023 Γ 7h30 au tribunal de premiΓ¨re instance de NgaoundΓ©rΓ©. Son crime : avoir, Γ son jeune Γ’ge, usΓ© de son intelligence pour Γ©crire une Εuvre romanesque autobiographique dans laquelle elle dΓ©nonce les tares et les abus qui brisent bien de destin des jeunes femmes dans la sociΓ©tΓ© oΓΉ elle vit. IntitulΓ© « MON PΓRE OU MON DESTINΒ Β», le livre de la jeune Oummou Hani aborde des questions telles que le poids des traditions, le mariage forcΓ© et l’Γ©ducation de la jeune femme. Pour avoir pris le village Idool, situΓ© dans la commune de Belel, rΓ©gion de l’Adamaoua, comme cadre spatial de son roman qui n’est rien d’autre que la fiction, le chef de ce village, un certain Mohaman Ahman et quelques ressortissants lui ont fait servir une citation directe par le procureur du tribunal de premiΓ¨re instance de NgaoundΓ©rΓ©. Comme si cela ne suffisait pas, ils ont Γ©galement saisi le ministre des arts et de la culture pour solliciter la censure de ce roman. Au lieu de se rΓ©jouir de cette publicitΓ© dans un livre qui fait de leur bourgade une ville littΓ©raire, ils accusent l’auteure de diffamation ( pourtant on est dans la fiction) et lui rΓ©clament environ 150 millions de dommages. Seulement pour Γ§a, elle est attendue devant le juge demain jeudi.
Β Comme DjaΓ―li Amadou Amal, Oummou Hani a pris sa plume dans une aire culturelle oΓΉ la gente fΓ©minine n’a pas toujours droit Γ la parole, pour fait le plaidoirie de la jeune fille et le rΓ©quisitoire de ceux qui considΓ¨rent encore la femme comme un objet corvΓ©able Γ souhait et qui n’a pas droit Γ l’Γ©ducation. Musulmane et de culture peule, Marzouka Oummou Hani, est une jeune Γ©lΓ¨ve nΓ©e le 1 er mai 2006 Γ NgaoundΓ©rΓ©. Elle a obtenu son baccalaurΓ©at D ce jeudi 19 juillet 2023, au moment mΓͺme oΓΉ nous nous mettons sous presse. Elle venait juste de publier son Εuvre de fiction « MON DESTIN OU MON PΓREΒ Β» oΓΉ elle dΓ©nonce Γ©galement les pratiques patriarcales oppressives de la jeune fille, les violences conjugales, le machisme, les superstitions etc. Dans son roman, l’auteure sensibilise aussi sur l’Γ©ducation de la fille. Mal lui en a pris car le chef de Idool, petit village prΓ¨s de NgaoundΓ©rΓ©, et quelques ressortissants de cette bourgade l’accusent de diffamation. Elle aurait, selon eux dΓ©peint dans son Εuvre, un personnage qui ressemblerait Γ un ressortissant alors dΓ©cΓ©dΓ© et auquel elle aurait attribuΓ© des pratiques de sorcellerie. ils rΓ©clament un dΓ©dommagement de 150 MILLIONS! N.B: dans une rΓ©gion classΓ©e zone d’Γ©ducation prioritaire oΓΉ la parole chez la femme n’est pas libΓ©rΓ©e, on comprend que beaucoup d’efforts sont encore Γ faire pour faire Γ©voluer les mentalitΓ©s. Si cette jeune Γ©crivaine Γ©tait une « influenceuseΒ Β» ou avait Γ©crit un livre pour faire la promotion de la pros..titution ou de la « vente du pimentΒ Β», elle aurait Γ©tΓ© certainement reΓ§ue en grande pompe par les autoritΓ©s avec tambour et trompette. Malheureusement, elle a promenΓ© son roman, comme le miroir de Stendhal, dans les rues de Idool.Β









