Le 9 août 2025, à N’Djamena, le verdict tant attendu est tombé : Succès Masra, ex-Premier ministre et leader du parti d’opposition « Les Transformateurs », a été condamné à 20 ans de prison ferme et à une amende de 1 milliard de FCFA de dommages et intérêts à verser à l’État tchadien. Le chef de l’opposition est reconnu coupable d’« incitation à la haine et à la révolte », et de complicité d’assassinat. Cependant, derrière ce verdict se cache un scénario monté de toutes pièces, destiné à éliminer un adversaire politique gênant dans un contexte de tension politique extrême. Le procès, qui a mis en lumière une justice aux allures de mascarade, portait sur des accusations graves, notamment l’incitation à la haine, la révolte, la constitution de bandes armées, et même des actes de violence tels que l’assassinat et l’incendie volontaire. Mais la vérité derrière ce jugement semble bien différente. La plupart des observateurs, aussi bien nationaux qu’internationaux, ne voient dans cette procédure qu’une tentative flagrante de museler l’opposition et de neutraliser l’un des principaux critiques du régime en place.
Une arrestation suspecte et un procès politique
Tout a commencé le 16 mai 2025, avec l’arrestation de Succès Masra, sur fond de crise politique qui secouait le pays. Le chef de l’opposition était accusé de complicité dans le massacre de Mandakao, une tragédie survenue le 14 mai 2025, où 42 personnes, principalement des femmes et des enfants, ont perdu la vie. Les autorités tchadiennes ont rapidement orienté leurs soupçons vers Masra, l’accusant d’avoir incité à ce massacre. Mais le déficit de preuves tangibles n’a pas empêché une machine judiciaire de s’emballer. Masra, qui a toujours nié toute implication, a affirmé que les accusations étaient infondées et politisées. Selon lui, il est la victime d’un montage orchestré par le pouvoir pour le faire taire. Les accusations d’« incitation à la haine et à la révolte » semblent également être un prétexte pour réprimer toute forme de contestation. Il est évident que Masra, en tant qu’opposant déterminé à dénoncer les dérives du régime, dérangeait plus que de raison. Son arrestation, son procès expéditif et son verdict lourd semblent traduire une volonté explicite d’éliminer un concurrent politique. Le procès, qui a rassemblé près de 70 accusés dans un contexte chaotique, montre toute la supercherie de ce qui se veut une procédure judiciaire. Si certains des prévenus ont effectivement participé à des violences, le cas de Masra est un exemple flagrant d’une justice politisée, utilisée comme instrument de répression à des fins partisanes.
Une justice aux ordres et une condamnation excessive
Les accusations portées contre Masra sont particulièrement sévères, et la peine de 20 ans de prison ferme, assortie de 1 milliard de FCFA de dommages et intérêts, semble disproportionnée par rapport aux éléments de l’enquête. Aucune preuve solide n’a été présentée pour soutenir les accusations de « complicité d’assassinat » ou d’« incitation à la révolte ». Aucune connexion directe n’a été établie entre Masra et les auteurs des massacres de Mandakao. Cela soulève la question : et si ce verdict était une mascarade destinée à éliminer un adversaire gênant plutôt qu’une véritable recherche de la vérité ? Les répressions politiques sont malheureusement courantes dans de nombreux pays africains, et le Tchad ne fait pas exception. Le régime, dirigé par le président Idriss Déby (avant sa mort) puis son successeur, semble avoir choisi de jouer la carte de la répression pour maintenir son pouvoir. Il est clair que l’opposant Succès Masra représente un danger pour le statu quo, et ce procès apparaît comme une tentative de l’écarter du jeu politique.
Un verdict qui interroge l’avenir démocratique du Tchad
La condamnation de Succès Masra est un signal inquiétant pour l’avenir de la démocratie au Tchad. En criminalisant l’opposition politique à travers des verdicts arbitraires et des procès sans fondement, le gouvernement tchadien fragilise encore davantage le processus démocratique dans le pays. Le Tchad semble se diriger vers un épisode sombre où la justice n’est plus qu’un outil de répression au service d’un régime autocratique. Ce verdict, loin de calmer les tensions politiques, risque de renforcer l’opposition et de créer un climat de méfiance. En condamnant un leader politique sans preuves substantielles, le pouvoir tchadien pourrait bien nourrir la colère des citoyens et leur volonté de lutter pour une justice véritable et indépendante. Dans cette mascarade judiciaire, il est clair que Succès Masra est une victime politique avant d’être un criminel. Son combat pour la démocratie et les droits des Tchadiens continue, mais il semble que le prix de son engagement soit élevé, et malheureusement, c’est la justice elle-même qui en paie le prix le plus lourd.
(sources News Africa24)









