Mag-Afriksurseine-Mars-2024

SAMUEL ETO’O ET NARCISSE MOUELLE KOMBI : UN SIGNE D’APAISEMENT EN TRIBUNE

Lors du récent match opposant le Cameroun à l’Eswatini, le spectacle ne se jouait pas seulement sur le terrain. Dans les tribunes, la disposition des personnalités présentes a retenu l’attention autant que la victoire des Lions indomptables. On a vu Samuel Eto’o, président de la Fécafoot, assis aux côtés du ministre des Sports, Narcisse Mouelle Kombi. Cette image, en apparence anodine, évoquait déjà l’ombre d’une paix retrouvée entre deux figures longtemps perçues comme en froid. Plus surprenante encore fut la présence, au premier rang, du ministre Paul Atanga Nji, rare invité de ce type d’événement, aux côtés du ministre des Finances, Louis-Paul Motazé. Ce placement en tribune, qui n’a rien d’un hasard, relevait d’une véritable communication non verbale. Un message, peut-être, d’unité et de réconciliation silencieuse, même si chacun peine à en saisir toute la portée. Les Lions, eux, ont gagné. Non pas par le génie tactique de Marc Brys, diront certains, mais par leur fameux fighting spirit, ce souffle de combativité qui a toujours transcendé l’équipe nationale dans les moments de doute. Le football, reflet de la société, rappelle ainsi que les guerres naissent dans l’esprit des hommes, et que c’est aussi dans leur esprit que doivent être élevées les défenses de la paix. Une paix est possible, et elle est nécessaire.

Excellence, vous êtes non seulement le père, mais aussi la Majesté, alpiniste du droit et précurseur de la paix : un enfant ne saurait dépasser son père, et l’harmonie entre père et fils demeure possible. Si l’on salue le travail de la Fécafoot et les efforts visibles autour de l’équipe nationale, il est juste de rappeler qu’il n’y a pas que le football qui mérite l’attention du ministère. Les handballeuses, le basketball et d’autres disciplines réclament aussi reconnaissance et soutien. La victoire des Lions a fait jubiler même les plus sceptiques, y compris ceux qui, hier encore, s’employaient à diviser. Mais que penser d’un pays où l’on n’a pas réussi à imposer Joaquim auprès de l’entraîneur Marc Brys à cause de l’obstination d’une seule personne ? Ce blocage traduit une faiblesse institutionnelle et révèle une lutte d’influence qui ternit l’image du sport camerounais. Au fond, à qui appartiennent les Lions indomptables ? À la Fécafoot ? Aux ministères ? Ou bien au peuple camerounais tout entier ?

Cette affaire lasse, elle dégoûte même, car elle montre combien notre football peut être instrumentalisé au détriment de l’intérêt national. Pourtant, il faut garder la foi : l’ordre et la sagesse finissent toujours par prévaloir. Le Cameroun a besoin de paix, de consensus et d’unité. Dans ce domaine comme ailleurs, seule une autorité forte, juste et respectée pourra ramener l’harmonie et montrer qu’au-delà des querelles d’ego, le sport est d’abord une affaire de nation. Je sais qu’il est permis de croire que la sérénité et la constance finiront par triompher. Le ministre Narcisse Mouelle Kombi, dont chacun connaît la rigueur intellectuelle et la patience diplomatique, représente  cette force tranquille capable de transformer les tensions en dialogue et les rivalités en consensus. Dans un contexte où l’émotion prend souvent le pas sur la raison, son approche mesurée laisse entrevoir un horizon où la paix et l’unité s’imposeront d’elles-mêmes. Car, au-delà des querelles passagères, c’est bien la raison d’État et l’intérêt supérieur du football camerounais qui doivent prévaloir.

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