Mag-Afriksurseine-Mars-2024

LA GLOIRE ATTENDUE DES LIONS INDOMPTABLES AU-DELA DES PETITES VICTOIRES

 

Le Cameroun s’est imposé hier  face à l’Eswatini, confirmant une fois de plus sa suprématie dans les éliminatoires. Cette victoire, comme tant d’autres, met en lumière l’émergence d’une nouvelle génération de joueurs, talentueux et déterminés à se faire une place au sein des Lions indomptables. Pourtant, derrière l’enthousiasme de ces succès, demeure une interrogation profonde : où se trouve réellement le fond de jeu qui doit permettre au Cameroun de renouer avec la grandeur des années 2000 ? Il serait illusoire de se glorifier de victoires contre des sélections de moindre envergure. Le classement FIFA ne ment pas : malgré des succès à domicile, le Cameroun recule, preuve que la valeur de ces résultats reste toute relative sur l’échiquier international.

Le véritable test ne viendra qu’au contact des grandes nations africaines : Égypte, Tunisie, Sénégal, Côte d’Ivoire, Algérie, Maroc, Afrique du Sud, Ghana, Nigeria. C’est face à ces adversaires qu’il faudra juger la solidité d’un projet, la cohérence d’un collectif et la valeur d’un sélectionneur. Car au-delà des victoires, le paradoxe est frappant : l’équipe gagne, mais le pays perd du terrain dans l’évaluation mondiale. N’est-ce pas là la preuve que ces succès ressemblent davantage à des coups d’épée dans l’eau qu’à une véritable progression ? L’entraîneur, aussi célébré soit-il, ne convaincra qu’en démontrant sa capacité à bâtir une équipe capable de s’imposer loin de ses bases, car la Coupe d’Afrique des Nations ne se jouera pas dans le confort de Yaoundé ou Douala. Le Cameroun est une terre de football, et son peuple ne se satisfait pas de demi-mesures. Un grand coach se juge à sa faculté de remporter des matchs face aux meilleures nations, sur tous les terrains.

Les victoires face aux petites équipes ne suffisent pas à rassurer. Les observateurs le savent : la vraie confirmation viendra le jour où les Lions indomptables terrasseront le Nigeria, l’Égypte, le Sénégal ou encore la Côte d’Ivoire. Alors, et seulement alors, l’entraîneur pourra revendiquer la reconnaissance de tous. Pour l’heure, il faut avoir l’honnêteté de reconnaître le parcours sans faute de Marc Brys depuis sa prise de fonction. Il a affronté les adversaires qui se présentaient, il a produit des résultats et, dans l’absolu, cela reste méritoire. Mais dans le même temps, il serait exagéré de tomber dans une auto-glorification qui ne repose pas encore sur des bases solides. La CAN approche, et avec elle, le moment de vérité. L’heure viendra bientôt où le Cameroun devra prouver, au-delà de ses éliminatoires, que son football demeure une référence africaine. En attendant, que l’on se garde de célébrations excessives. Car si l’histoire du Cameroun se nourrit de victoires légendaires, ce n’est pas contre l’Eswatini qu’elle s’écrit, mais dans les duels âpres face aux grandes puissances du continent. Alors bonne chance aux Lions indomptables, mais que chacun se souvienne : c’est dans l’adversité que se révèlent les grandes équipes, et non dans la facilité.

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