Le Cameroun a vibré ce mardi après-midi à l’unisson du retour du Chef de l’État, Son Excellence Paul Biya, et de la Première Dame, Madame Chantal Biya, après un bref séjour privé en Europe. À leur descente d’avion à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen, c’est une foule enthousiaste qui les a accueillis, scandant des chants de bienvenue, brandissant drapeaux et pancartes, symboles d’un attachement toujours affirmé à la figure du Président. Ce retour n’est pas anodin. Il marque le début d’une séquence politique qui s’annonce historique pour le Cameroun. À quelques jours du grand meeting de Maroua, première étape majeure d’une nouvelle campagne présidentielle, l’atmosphère est électrique. L’engouement est palpable, les partisans du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) se mobilisent en masse. T-shirts floqués, drapeaux en main, les militants se préparent à accueillir leur candidat avec ferveur. « On sait qui voter », lancent certains, déterminés à défendre leur choix, convaincus que l’avenir du Cameroun repose encore sur l’expérience et la stabilité incarnées par le Président.

Certains vont même plus loin, confiant avec humour que « ce sont les femmes qui le maintiennent au pouvoir depuis 1982 » tant l’affection populaire, notamment féminine, semble constante. Pour beaucoup, il est l’homme d’État qui a su préserver la paix et la cohésion dans un contexte régional souvent instable. À Maroua, on attend le président comme on attend un chef de famille, avec impatience, ferveur et fidélité. Il s’agit d’un moment décisif où se joue bien plus qu’une simple échéance électorale. Il s’agit aussi d’un test grandeur nature de l’unité nationale et de la capacité du RDPC à rassembler. Mais au-delà des émotions et de l’enthousiasme, ce retour triomphal soulève une question essentielle : dans quel état se trouve réellement le Cameroun aujourd’hui ? Si certains discours critiques dressent un tableau sombre de la gouvernance, il est important de prendre du recul et d’adopter une lecture plus équilibrée de la réalité nationale. Il est vrai que le pays fait face à des défis considérables : jeunesse en quête d’emploi, pression sur les services sociaux, urbanisation rapide, crise sécuritaire dans certaines régions. Toutefois, réduire le Cameroun à ces seules difficultés serait oublier les avancées réelles enregistrées ces dernières années. Sur le plan des infrastructures, les investissements dans les routes, les barrages, les ports et les universités montrent une volonté de modernisation.

Le port en eau profonde de Kribi, le second pont sur le Wouri, ou encore les campus universitaires régionaux en sont des preuves concrètes. Sur le plan monétaire, le débat autour du franc CFA reste ouvert, mais il est important de rappeler que cette monnaie, bien que critiquée, a aussi permis au Cameroun de maintenir une stabilité économique enviée par plusieurs pays africains. Ce n’est pas un hasard si le pays a réussi à éviter des crises monétaires majeures, là où d’autres, pourtant dotés de monnaies nationales, peinent à contenir l’inflation et à stabiliser leur économie. Dans le domaine de la santé et de l’éducation, les défis sont immenses, mais des efforts sont visibles. La création de nouveaux hôpitaux, la réhabilitation d’établissements publics, l’ouverture d’écoles dans les zones rurales et la formation de personnel médical sont autant de signaux d’un État qui reste engagé malgré les contraintes budgétaires et les lourdeurs administratives.

La lutte contre la corruption, bien qu’insuffisante aux yeux de certains, connaît également des avancées avec des arrestations et des procédures judiciaires impliquant des hauts responsables. Ce retour du Président Paul Biya ne marque donc pas seulement la reprise d’une campagne, il symbolise aussi un moment de réflexion nationale. Le Cameroun n’est ni un État effondré, ni un paradis administratif. Il est un pays en transition, aux prises avec des enjeux complexes, mais porté par un peuple profondément résilient. Les Camerounais, de toutes régions et de toutes opinions, sont conscients des défis à surmonter, mais ils savent aussi reconnaître les acquis à préserver. À quelques jours de l’échéance électorale, le débat démocratique s’ouvre avec force. Entre continuité et renouvellement, entre critique et construction, il appartient désormais à chaque citoyen de prendre part à cette campagne, non dans la haine ou la division, mais avec lucidité et responsabilité. Car le Cameroun, au-delà des partis et des clivages, appartient à tous.
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