La cérémonie de Miss Cameroun 2025 s’est déroulée hier au Palais des Congrès, sous la présidence de Madame Chantal Biya. Devenue un événement phare à l’échelle panafricaine et mondiale, cette cérémonie a été un franc succès, ne serait-ce que par la qualité de son organisation, qui a atteint un niveau d’excellence, et grâce aux différents acteurs qui l’ont animée : journalistes, artistes, photographes, agents de protocole. Si la soirée a connu un couronnement vibrant avec la sélection des jeunes filles camerounaises, elle a également vu, cette année, la participation de la diaspora, représentée par une jeune fille camerounaise résidant en Russie. Cependant, le sort qui lui a été réservé est jugé inadmissible. Bien qu’elle ait été sélectionnée parmi les six finalistes, elle a vu défiler devant elle les trois dauphines. Restée alors parmi les trois dernières candidates, elle aurait mérité une distinction, puisqu’elle figurait encore officiellement dans la sélection. Mais, à la surprise générale, les deux finalistes ont été annoncées, laissant la candidate de la diaspora isolée sur scène, dans son rôle de « Miss Diaspora », sans prix ni explication. Il aurait été plus judicieux de l’éliminer plus tôt afin de ne conserver que cinq finalistes. Laisser une candidate seule sur scène, dans une telle posture, manquait clairement de protocole.

Ce fut, d’ailleurs, le seul couac notable d’une cérémonie par ailleurs très réussie. La soirée en elle-même restera longtemps gravée dans les mémoires. Ce fut une cérémonie éblouissante. Célébrée sous haut protocole, avec la présence de la Première Dame, Madame Chantal Biya, elle est devenue au fil des années une vitrine continentale et mondiale de la beauté camerounaise. Cette édition a atteint une rare maturité dans son organisation et son exécution, offrant au public un spectacle digne des plus grandes scènes internationales. Au cœur de cette féerie : Josiane Golonga, 23 ans, native de Yagoua dans l’Extrême-Nord. Couronnée Miss Cameroun 2025, elle a montré, dès les premières minutes de son sacre, qu’elle serait bien plus qu’une reine de beauté. Archiviste de formation, diplômée de l’ESSTIC, ancienne Miss de l’Unité nationale et lauréate du cinquantenaire de son école, Josiane s’est imposée par son éloquence douce, son intelligence vive et sa grâce solaire. Émue avant même que son nom ne soit prononcé, elle s’est comportée comme quelqu’un qui savait, dans son cœur, qu’elle allait l’emporter.

On comprend que c’était la joie d’être arrivée à ce stade de la compétition qui a fait couler quelques larmes sur ses joues. Son premier mot, la couronne encore fraîche sur la tête, a été une déclaration poignante : « Je dédie cette victoire à toutes les jeunes filles du Cameroun profond… Mon parcours n’a pas été facile, mais il montre que tout est possible. » Et elle ne s’arrête pas à la symbolique : son mandat se veut une mission. Pendant les douze mois à venir, elle entend déployer un ambitieux programme d’autonomisation des jeunes filles rurales. Ce projet repose sur quatre piliers : la formation au leadership entrepreneurial, l’innovation artisanale, l’accès au financement, et le développement du marketing digital pour les centres sociaux ménagers. En somme, une volonté affirmée de transformer la beauté en levier d’impact social. L’événement Miss Cameroun prend, chaque année, davantage d’ampleur, notamment à travers les récompenses de plus en plus significatives. Outre la couronne, Josiane repart avec un chèque de 10 millions de francs CFA, un appartement, un véhicule neuf, un salaire mensuel pendant un an, et surtout, le rôle d’ambassadrice du Cameroun à Miss World 2025.

Autour d’elle, le podium s’est dessiné ainsi :
1ère dauphine : Orphée Dinangue (Littoral)
– 3 millions FCFA 2e dauphine : Judith Manuella Deutchoua (Ouest)
– 2 millions FCFA 3e dauphine : Noela Atem (Sud-Ouest)
– 1 million FCFA

Mais si l’instant fut magique, un accroc est venu troubler l’harmonie. L’incompréhension a saisi le public lorsqu’une des finalistes – la représentante de la diaspora camerounaise vivant en Russie – s’est retrouvée seule sur scène, écartée sans explication claire après avoir été retenue parmi les six dernières candidates. Une absence de cohérence protocolaire regrettable, car elle aurait mérité, au minimum, d’être honorée ou éliminée plus tôt, afin d’éviter cette sortie confuse. Malgré cet incident, les échos populaires sont largement favorables. Pour beaucoup, cette élection a redonné foi en un Cameroun juste et transparent.

Certains y voient même un symbole fort à quelques mois des échéances politiques, évoquant une jeunesse éveillée et décidée à défendre l’intégrité. D’autres voix, plus critiques, dénoncent une instrumentalisation politique de l’événement, notamment en raison de l’origine septentrionale de la nouvelle Miss, perçue comme une tentative de séduction électorale. Mais au-delà des conjectures, une vérité s’impose : Josiane Harangada Golonga a su convaincre par ses qualités intrinsèques. Belle, modeste, investie, elle incarne une nouvelle génération de femmes camerounaises, à la fois enracinées et résolument tournées vers l’avenir. Dans une société en quête de repères, elle est cette lumière douce qui murmure aux jeunes filles des coins les plus reculés : « Oui, toi aussi tu peux briller. »
