Mag-Afriksurseine-Mars-2024

LYDOL, LE SLAM DE TROP ? UNE SORTIE ARTISTIQUE QUI RALLUME LA COLERE DES INTERNAUTES

La scène artistique  a connu un retour inattendu cette semaine : celui de Lydol, poétesse et chanteuse slameuse, dont la dernière publication a fait l’effet d’une étincelle dans une poudrière déjà saturée d’émotions. Alors que les cœurs sont encore lourds à la suite du drame ayant coûté la vie au jeune Mathis,  un événement tragique dans lequel son père, figure controversée du pays, est impliqué, la tentative de réapparition de Lydol n’a pas trouvé grâce aux yeux du public. Avec un slam diffusé récemment sur ses réseaux, l’artiste a tenté ce que certains décrivent comme une démarche cathartique, un retour à l’expression qui l’a rendue célèbre. Mais pour beaucoup, ce geste artistique est perçu comme maladroit, voire déplacé. Les internautes ont été nombreux à exprimer leur incompréhension, leur colère et, dans certains cas, leur mépris. « Ce n’est pas le moment », répètent-ils. Le chagrin est encore trop vif, la plaie encore trop ouverte.

 

Nombre de voix s’élèvent pour lui conseiller de se retirer, de faire silence, de respecter la mémoire de l’enfant disparu. Car si Lydol n’est coupable d’aucun acte, elle porte aujourd’hui un lourd héritage symbolique : celui d’un nom désormais synonyme, pour une partie de l’opinion publique, d’injustice et de douleur. Certains internautes sont allés jusqu’à revisiter les publications passées de la chanteuse, notamment une vidéo dans laquelle son père apparaissait pour faire la promotion d’un de ses concerts, qualifié à l’époque de « première personne qui a cru en moi ». Cette image, restée en ligne, a ravivé les blessures et a contribué à brouiller davantage le message de sa nouvelle chanson. Le public attendait-il un geste de rupture plus clair ? Une prise de distance plus affirmée ? Une dénonciation explicite ? Rien de tout cela n’est venu. Au contraire, sa prise de parole artistique, jugée déconnectée du contexte émotionnel, a été reçue comme une provocation ou une tentative de regagner une scène que beaucoup ne sont pas prêts à lui réouvrir. Lydol, figure autrefois appréciée pour sa voix singulière et ses textes engagés, se retrouve aujourd’hui au cœur d’un tumulte qui la dépasse.

Et peut-être est-ce cela, le plus tragique : qu’une artiste, à la croisée de l’intime et du public, doive porter sur ses épaules les fautes d’un autre. Mais dans une société en quête de justice symbolique, ce genre de silence, ou d’absence de rupture claire, est parfois interprété comme une forme de complicité. Alors que le Cameroun traverse une période de remises en question, d’exigence morale accrue et de révolte citoyenne face aux abus, Lydol se retrouve dans une position inconfortable : celle d’un retour qui n’est pas attendu, d’une parole qui n’est plus la bienvenue, du moins, pas maintenant. Peut-être le temps est-il venu pour elle de prendre ce recul que tant lui recommandent. Non pas par fuite ou lâcheté, mais par respect. Respect pour la mémoire du petit Mathis, respect pour la douleur d’une nation, respect pour elle-même aussi, pour que, le moment venu, si elle choisit de revenir, ce soit avec une parole apaisée, sincère, et surtout, entendable.

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