C’est un rendez-vous historique qui s’est déroulé hier à Ris-Orangis, en région parisienne, à l’occasion des festivités de la communauté Ekang de Paris. Cet événement, riche en couleurs et d’une grande beauté, a profondément marqué les esprits. Jusqu’à présent, les personnes qui y ont participé demeurent encore sous le charme de cette journée exceptionnelle, tant par la qualité de son organisation que par ces grandes retrouvailles avec une mémoire collective que le temps n’a jamais réussi à effacer. Le Festival Ekan Mbôlô fait désormais partie de ces moments précieux qui rassemblent les cœurs bien au-delà des frontières. En cette période de forte chaleur, rejoindre Ris-Orangis relevait presque d’une épreuve.

Pourtant, rien n’aurait pu freiner l’élan de celles et ceux qui avaient décidé de répondre à l’appel de leurs origines. Venus de toute la région parisienne, mais aussi de Belgique, d’Allemagne, du Gabon et d’autres pays d’Europe et d’Afrique centrale, les enfants de la grande famille EKANG ont parcouru parfois des milliers de kilomètres avec une seule envie, celle de se retrouver. Cette deuxième édition avait un parfum particulier. Plus qu’un festival, elle ressemblait à une déclaration d’amour à une culture ancestrale qui continue de battre dans le cœur de sa diaspora.

Dès les premières heures de l’après-midi, les rues de Ris-Orangis se sont habillées des couleurs de la tradition. Les étoffes chatoyantes, les chants, les danses et les regards remplis de fierté racontaient une histoire que les mots seuls ne peuvent traduire. Cette marche n’était pas un simple défilé. Elle symbolisait un peuple qui refuse d’oublier ses racines, une jeunesse qui revendique son héritage avec élégance et des anciens qui transmettent, avec émotion, ce que leurs ancêtres leur ont confié. Pendant quelques heures, l’Europe s’est transformée en un prolongement vivant des terres EKANG. L’esprit du festival allait cependant bien au-delà de la célébration culturelle. Il portait une vision. Celle d’une diplomatie des peuples où la culture devient un langage universel, capable de rapprocher l’Afrique et l’Europe.

Les autorités présentes, les représentants diplomatiques et les nombreuses personnalités invitées ont donné à cette rencontre une dimension internationale fondée sur le dialogue, le respect mutuel et la coopération. Au cœur de cette réussite se trouve une femme dont la détermination mérite d’être saluée. Naa Gisèle a su rassembler toute une communauté autour d’un même rêve. Grâce à son engagement et à celui de son équipe, le Festival Ekan Mbôlô s’impose aujourd’hui comme un rendez-vous incontournable pour tous ceux qui souhaitent transmettre leur patrimoine culturel aux générations futures. Les émotions se sont succédé tout au long de la journée. Les distinctions honorifiques, les remises de diplômes et les différentes cérémonies ont rappelé combien la reconnaissance des parcours et la valorisation des traditions occupent une place essentielle dans la culture EKANG. L’un des moments les plus marquants restera le sacre de Junior Zogo, désormais reconnu comme Petit Zomlo’o de la communauté EKANG. Ce geste, empreint de spiritualité et de tradition, symbolise la confiance que lui accordent les chefs traditionnels et les ancêtres pour porter la voix de son peuple avec responsabilité et dignité. Une pensée particulière s’adresse également à Maxence Axel, conseillère régionale d’Île-de-France, dont la présence et le soutien témoignent de l’importance accordée à cette initiative culturelle qui contribue au rayonnement des cultures africaines en Europe.

Lorsque le soleil a commencé à disparaître, une autre magie s’est installée. Les rythmes profonds des tambours ont réveillé les souvenirs de la forêt équatoriale tandis que les voix d’Amazone, de Paris Onambélé, de Kristhia Love, de Papa Tsimi Toro et d’Armelle Diamant faisaient vibrer un public conquis. Chaque prestation semblait raconter une histoire où la modernité dansait tendrement avec les traditions. Aux platines, DJ Christian Nnomo, affectueusement surnommé le sourire de Paris, a prolongé cette communion jusque tard dans la nuit. Les générations se sont mélangées sans distinction, unies par une même musique, un même héritage et une même fierté. En quittant Ris-Orangis, chacun emportait avec lui bien plus que des souvenirs. Il repartait avec la certitude que les racines ne disparaissent jamais lorsqu’elles continuent d’être entretenues avec amour.

Le Festival Ekan Mbôlô est devenu ce trait d’union invisible entre les enfants d’hier et ceux de demain, entre l’Afrique qui nourrit les mémoires et l’Europe qui accueille désormais cette histoire. Cette deuxième édition restera gravée dans les esprits comme celle de la maturité et de la consécration. Elle prouve qu’une identité culturelle ne s’efface pas avec la distance. Au contraire, elle grandit lorsqu’elle est partagée, célébrée et transmise avec autant de passion. Toutes nos félicitations à Naa Gisèle, à son équipe ainsi qu’à l’ensemble des bénévoles, des artistes et des participants. Ce qu’ils ont semé à Ris-Orangis dépasse le cadre d’un festival. Ils ont fait fleurir un espoir, celui de voir la culture EKANG continuer à rayonner, à unir les générations et à écrire, année après année, une nouvelle page de son histoire.
