0 4 minutes 10 mois

Depuis quelques jours, un bruit persistant agite la sphère politique camerounaise : une crise serait ouverte entre le Pr Maurice Kamto, leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), et Anicet Ekane, président du MANIDEM. Selon des indiscrétions relayées par le journaliste Bruno Bidjang, le professeur Kamto reprocherait à son allié de ne pas lui avoir dit toute la vérité sur la situation réelle de son parti. Il le soupçonne même d’avoir « enjolivé la réalité » afin de capter une partie des fonds mis à disposition par le MRC pour soutenir une candidature commune. Plus encore, Kamto accuse Ekane de manœuvrer dans son dos auprès d’autres leaders de l’opposition pour imposer l’idée d’un « candidat consensuel », sans mandat officiel de sa part. De son côté, Anicet Ekane campe sur sa position : il affirme que, président du MANIDEM, il ne reçoit d’ordre de personne et encore moins « d’un simple militant » comme il désigne Maurice Kamto dans ce cadre précis. Selon lui, les décisions de son parti relèvent uniquement de sa propre autorité. Cette passe d’armes intervient dans un climat de méfiance persistant au sein de l’opposition. Kamto n’a jamais digéré le rejet de sa candidature par le Conseil constitutionnel.

Selon ses proches, il estime qu’au moment de cette décision, une véritable solidarité aurait dû s’exprimer : si l’opposition avait été unie, les autres candidats auraient dû retirer leur candidature en signe de protestation. Aujourd’hui, il s’étonne : « Où était le consensus quand ma candidature a été rejetée ? Pourquoi m’appeler aujourd’hui pour parler de candidature consensuelle ? » Les commentaires issus d’internautes reflètent un paysage politique divisé. Certains dénoncent un article construit « sur des on-dit », jugeant l’analyse de Bruno Bidjang biaisée, tronquée, voire provocatrice. D’autres considèrent que l’opposition a manqué une occasion historique en ne s’élevant pas collectivement contre le rejet de la candidature de Kamto, anticipant que le même scénario pourrait se reproduire lors de la prochaine échéance électorale. Plusieurs voix reprochent également à Kamto d’incarner une logique de vengeance, en refusant toute ouverture vers un consensus.

D’autres, au contraire, défendent le leader du MRC avec vigueur, rappelant son parcours brillant, sa constance dans le silence face aux attaques et sa stature politique qui, selon eux, dépasse largement celles de ses détracteurs. Certains vont jusqu’à accuser les journalistes critiques de faire le jeu du régime en place, prophétisant que « l’étoile de Kamto brillera pour toujours ». Ce bras de fer entre Kamto et Ekane soulève plusieurs interrogations. Pourquoi le feu vert d’un « militant du MANIDEM », comme le disent certains, serait-il indispensable pour ouvrir des négociations entre le MRC et les autres formations de l’opposition ? Ce différend illustre surtout la difficulté des forces d’opposition camerounaises à dépasser leurs querelles internes pour bâtir une stratégie commune. À l’approche du scrutin du 12 octobre, une certitude demeure : le peuple, seul maître de son choix, observe ces disputes avec attention. Sera-t-il sensible aux appels au consensus ou privilégiera-t-il la fidélité à son leader ? L’histoire, elle, retiendra sans doute que la division a souvent été le talon d’Achille de l’opposition camerounais.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *