Ah, ce 25 juillet 2025 ! Alors que le rideau allait tomber sur les candidatures à l’élection présidentielle, que la scène politique camerounaise semblait avoir révélé tous ses acteurs, il est entré comme un dernier personnage dans une pièce shakespearienne : tard dans la nuit, au dernier acte, et avec panache. Oui, l’homme en noir, Dieudonné Yebga, a fait une entrée digne des plus grandes légendes. On raconte que Dieudonné Yebga avait établi son QG non loin de la direction du parti, et suivait minute après minute toutes les transactions qui se déroulaient au siège du Manidem. Dieudonné Yebga tapait calmement sa lettre de candidature. Et lorsque le signal a été donné, il est entré en scène. Panique dans les rangs, sueur sur les fronts, tension dans les couloirs. Tout le monde rit encore de ce coup de théâtre silencieux, que seul un Mbombog pouvait orchestrer. « Ils veulent parler à ma place, mais sans le micro, le silence sera constitutionnel », aurait-il lancé quelque part. Selon un proche, Yebga n’avait même pas prévu de costume noir. Il aurait atterri chez son tailleur habituel au matin du 25 juillet, sans rendez-vous, en déclarant : « Donne-moi le complet du destin. Je vais régler l’histoire triste de notre parti, et rendre hommage à ceux qui sont morts pour lui. »
Le tailleur, pensant à une blague, lui aurait proposé un modèle, qu’il a arboré pendant toute son apothéose. Yebga savait qu’à travers son geste, il s’en allait non pas pour se marier avec le pouvoir, mais pour divorcer le Manidem du chaos juridique ! L’homme que Dieu avait donné, comme le dit si bien son prénom, est entré au Conseil vêtu d’un costume cousu à la hâte, mais armé d’une argumentation taillée sur mesure. Dieudonné Yebga, militant aguerri du MANIDEM, ce parti d’élite qui traverse l’histoire politique du Cameroun comme un fil rouge de convictions et de luttes. Le MANIDEM, souvent discret mais jamais effacé, a toujours compté dans ses rangs des hommes d’exception et Yebga en est l’un des plus emblématiques. Dans le tumulte politique de cette année 2025, alors que les alliances se tissaient dans les coulisses, il fut chargé à son insu ou par le poids de l’histoire de faire dérailler l’accord secret entre le MRC et son propre parti. Ancien président du MANIDEM, il connaît la maison et ses fondements ; il sait que certaines batailles ne se livrent qu’à la dernière minute. Fidèle à sa réputation d’homme des actions décisives, il est entré en scène dans les toutes dernières heures du dernier jour, déjouant les calculs et déposant une candidature solitaire qui allait bouleverser l’équation et mettre le MRC hors jeu, selon la Constitution.

Certes, ses méthodes directes et ses analyses fulgurantes n’ont pas fait l’unanimité parmi ses pairs. Certains ont critiqué la précipitation, d’autres la forme. Mais Yebga n’est pas de ceux qui s’égarent dans la demi-mesure ou la rhétorique abstraite. Il avance, sans fanfaronnade, mais avec détermination. Il ne joue pas avec les probabilités : il agit avec précision. Et c’est dans cet esprit qu’il a scruté, décortiqué, et interprété la loi fondamentale avec un soin méthodique, jusqu’à porter son argumentation devant le Conseil Constitutionnel et devant ce conseil il a pris son marteau, d’un coup décisif, il a enfoncé le clou non pas dans le cœur, mais dans la tête de ses adversaires pour leur enseigner l’histoire du partir historique. On pourrait croire à une manœuvre improvisée, à un geste de dernière minute. Il n’en est rien. Ce fut un acte mûri, réfléchi, un coup de théâtre constitutionnel, une manœuvre de haut vol comme on en voit rarement dans notre république. Ce que certains ont qualifié de provocation ou de trahison, d’autres et nous sommes nombreux, le nommeront courage, lucidité, loyauté à la République. Car il fallait du courage, oui, pour défier l’establishment de l’opposition, pour briser la sacralisation de certaines figures politiques devenues intouchables. Il fallait de la résilience, pour tenir bon face aux torrents d’injures, de menaces et de pressions qui ont suivi. Il fallait surtout une fidélité sans faille à la loi fondamentale, à cette Constitution que bien d’autres manipulent, ignorent ou déforment selon leurs intérêts.

Dieudonné Yebga en barrant la route à un homme, il a remis la légalité au cœur du débat politique. Il a démontré que nul, fût-il juriste de renom ou opposant adulé, ne saurait s’arroger le droit de fouler aux pieds les règles du jeu démocratique. Voilà pourquoi il mérite d’être célébré comme un héros national, et plus encore, comme le Mbombog de la République. Non pas le faux Mbombog de pacotille qui se pavane sur les plateaux télé, mais le gardien authentique de la tradition, de la justice, et de l’équilibre. Son geste a marqué l’histoire : ce fut l’instant où le peuple, confus et déchiré, a vu surgir une voix singulière, libre de tout clan, de toute allégeance communautaire ou partisane. Un homme debout, dans une nuit de confusion, brandissant non une machette, mais la loi. Alors oui, Mbombog Dieudonné Yebga sera certainement l’homme politique de l’année 2025. Non pas pour avoir promis, mais pour avoir posé un acte concret et décisif. Non pas pour avoir divisé, mais pour avoir exposé les fractures, et mis à nu les hypocrisies. Il est réputé loyal, qui n’aime pas le faux. Il l’a prouvé. Il a montré que l’ethnie n’est pas un programme, que l’opposition n’est pas une vertu automatique, et que l’héroïsme commence là où d’autres se taisent. L’histoire retiendra son nom non pas comme celui qui a empêché, mais comme celui qui a rappelé à tous que l’État n’est pas un terrain de revanche, mais une maison de lois.