Mag-Afriksurseine-Mars-2024

CRISE AU SOMMET DU SPORT CAMEROUNAIS : ENTRE TENSIONS POLITIQUES ET DEFIANCE FEDERALE

 

Au Cameroun, le football est un terrain d’influence, de passions et de rivalités profondes. Ces derniers jours, la relation déjà fragile entre le ministère des Sports et la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) s’est relancée. Entre calculs politiques, enjeux institutionnels et ambitions personnelles, cette crise soulève de nombreuses interrogations sur la gouvernance du sport camerounais.   Au cœur du débat, une question divise ; le départ du ministre Narcisse Mouelle Kombi changerait-il vraiment les rapports de force ? Certains Camerounais imaginent déjà un successeur plus conciliant envers Samuel Eto’o. D’autres rappellent que « le Patron des hautes instructions » a déjà prêté serment et que rien n’indique qu’un changement de gouvernement verrait surgir un ministre plus docile. L’hypothèse même d’une reconduction du ministre est évoquée… et pourrait en surprendre plus d’un. Pendant ce temps, la CAF et la FIFA maintiennent leur calendrier.

 

Qu’il y ait représentation du ministère ou non, les élections prévues au sein de la Fecafoot auront lieu. Les correspondances officielles, parfois brandies comme levier politique, risquent bien de demeurer sans effet. Cette situation soulève une autre interrogation ; depuis quand la paix et la cohésion sont-elles devenues des préalables pour organiser une élection au Cameroun ? Certains observateurs rappellent qu’aucune exigence semblable n’avait été mise en avant lors de précédents scrutins nationaux, y compris lors de l’élection présidentielle. Cette comparaison alimente un sentiment d’incompréhension ; pourquoi un tel traitement particulier lorsqu’il s’agit du football ? La crise actuelle renvoie également aux précédents conflits entre le ministère des Sports et d’autres fédérations, notamment la Fécavolley, où deux présidents rivaux avaient émergé. Malgré une décision de justice favorable à l’un d’entre eux, le ministère avait refusé de le reconnaître.

 

La FIFA avait pourtant recommandé un dialogue entre les parties, une invitation qui, là encore, n’avait pas été suivie d’effet. Face à cette répétition des tensions, les partisans de Samuel Eto’o voient dans cette nouvelle querelle un moyen de détourner l’attention des déconvenues sportives récentes, notamment l’élimination de l’équipe dirigée par un entraîneur apprécié du ministre. Selon eux, la Fecafoot est ciblée parce qu’elle échappe au « système », refusant de devenir un simple relais d’intérêts oligarchiques. Ils estiment que son président, très populaire, ne se prête ni à la manipulation ni à la compromission. Pour ses soutiens, cette indépendance dérange et expliquerait l’hostilité persistante du ministère.

 

Pour l’heure, Samuel Eto’o affirme vouloir poursuivre le processus électoral jusqu’à son terme. Selon ses partisans, une éventuelle suspension du Cameroun par la FIFA déboucherait simplement sur une prise en main directe de la Fédération par l’instance internationale, ce qui, d’après eux, pourrait même rétablir de l’ordre. Une chose demeure certaine : le conflit entre le ministère des Sports et la Fecafoot illustre une fracture profonde au sein de la gouvernance sportive camerounaise. Entre stratégies politiques, enjeux de pouvoir et passions populaires, le football national est devenu l’arène d’un affrontement où chacun revendique défendre l’intérêt général. Mais, comme le répètent les partisans du président de la Fecafoot, « la vérité finit toujours par triompher ». Selon eux, leur champion sortira un jour ou l’autre vainqueur de ce bras de fer.

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