Mag-Afriksurseine-Mars-2024

CHANCEL BAMBA CHEF D’ORCHESTRE D’UN SOIR DE GLOIRE POUR LA RDC

 

On aurait difficilement pu imaginer un scénario différent. Dans un stade gonflé de rumeurs, d’espoir et de ce souffle ancestral qui accompagne parfois les grandes batailles africaines, la RDC a terrassé un Lion affamé avant de se faire manquer de respect par un Aigle blessé. Mais la vérité du terrain a fini par s’imposer ; les Léopards ont gagné leur place au barrage continental, et rien ni personne n’a pu faire vaciller leur destin. Chancel Bamba, maître d’orchestre congolais, a régné sur la pelouse tel un poète des espaces courts, un dompteur de rythme, un meneur de jeu comme il en naît peu. Sous son impulsion, la RDC a joué juste, vif, tranchant, comme si chaque passe était chargée d’une lucidité qui échappait aux Nigérians. Les Aigles, eux, dépendants de leur star Osimhen comme d’un souffle unique, se sont retrouvés désarticulés, privés d’inspiration, prisonniers d’une équipe congolaise déterminée à écrire son destin avec ses propres armes.

 

On a entendu dire, ici ou là, qu’une histoire de sorcellerie planait autour du match. On a vu un joueur remuer de l’eau, un cadre prier à voix basse, un caméraman chuchoter en wolof lors d’un match précédent autant de gestes qui, dans l’imaginaire populaire, deviennent des signes, des présages, des superstitions que le football africain porte en héritage. Mais rien de tout cela n’a marqué le tableau d’affichage. Ceux qui cherchent des esprits pour expliquer leur défaite oublient souvent que le football, lui, n’écoute que la sueur, la stratégie, et cette tension électrique que seul le talent peut maîtriser. La RDC a dominé le Nigeria sur tous les plans. Moses, Lookman, Iwobi, Oshimen : muselés, étouffés, déboussolés par la grinta de Léopards affamés, par leur technique, par leur cœur immense. Le sélectionneur congolais, Sébastien Desabre, a sorti de sa manche une ultime masterclass ; remplacer Mpasi pour faire entrer Timothy Fayulu juste avant les tirs. Un geste froid, chirurgical, sans superstition tout simplement du football réfléchi. Et voilà que le Nigeria, qui comptait tant sur la loterie des tirs au but, s’est retrouvé pris à son propre piège.

Certains, mauvais perdants peut-être, évoqueront encore le mysticisme, l’argent promis, la pluie absente ou le destin contrarié. Mais que dire alors de ces pénaltys oubliés, de cet arbitre étrangement clément envers les Aigles ? Que dire de cette prophétie populaire, évoquée depuis des semaines, selon laquelle la RDC ne gagnerait pas par la force mais par le destin ? Destin ou non, les Congolais ont joué avec une foi indomptable, une foi parfois nommée Jésus-Christ, parfois appelée simplement le courage. Au bout du compte, c’est l’Afrique qui a gagné ce soir-là. Une Afrique vibrante, contradictoire, passionnée, qui parle de sorcellerie pour expliquer les miracles, de vaudou pour décrire l’inexpliqué, mais qui sait surtout reconnaître la force du jeu. Les Léopards ont rugi. Le continent a entendu. Et Chancel Bamba, dans son rôle de guide lumineux, a confirmé qu’un meneur de jeu peut parfois être plus puissant que toutes les légendes nocturnes.

 

La RDC file vers son barrage intercontinental, portée par le talent, la foi, et ce souffle irrésistible qu’aucun sortilège ne peut contrer. Malgré le parcours qui reste encore long, les Léopards avancent déjà avec une véritable dynamique de victoire. À ce stade de la compétition, tous les projecteurs médiatiques sont braqués sur eux, comme si le continent entier retenait son souffle en les regardant progresser. Ils semblent porter l’onction divine de l’Afrique, cette force invisible qui accompagne parfois les équipes appelées à marquer l’histoire, et c’est ce souffle collectif qui, j’en suis convaincu, les mènera plus loin. La RDC a désormais cette confiance rare, forgée par la détermination, la foi et l’adhésion populaire. Ils jouent avec le cœur, avec la discipline et avec cette aura qui dépasse les simples statistiques. Je crois sincèrement que la RDC se qualifiera pour la finale intercontinentale  et qu’elle y entrera portée par le poids des attentes, mais surtout par la certitude de représenter non seulement une nation, mais surtout  une fierté africaine d’un grand pays de football retrouvé.

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