A quelques heures de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations organisée au Maroc, de nombreuses voix africaines se sont élevées pour dénoncer ce qu’elles considèrent comme des dysfonctionnements graves dans l’accueil et la préparation de l’équipe nationale du Sénégal, finaliste de la compétition. Ces critiques, largement relayées sur les réseaux sociaux et dans certains médias, visent à la fois les autorités locales et la Confédération Africaine de Football (CAF). Il y a d’abord eu cette arrivée jugée chaotique des Lions de la Téranga. Selon plusieurs témoignages, et selon ce que nous avons aperçu sur les réseaux, la délégation sénégalaise est arrivée hier à la gare de Rabat sans dispositif de sécurité visible, alors que nous étions à moins de 48 heures de la finale. Des images et récits évoquent des joueurs livrés à eux-mêmes, sans encadrement suffisant, une situation jugée » inadmissible » par de nombreux observateurs du football africain, au regard des standards exigés pour une finale continentale.
Pour les supporters sénégalais et de nombreux Africains, cette situation constitue un manquement grave aux obligations de l’organisateur, la sécurité des équipes étant un principe fondamental des règlements CAF et FIFA. Par ailleurs, il y a eu ce refus de reconnaissance du terrain ; une décision incomprise. Un vrai point de crispation, jamais on n’avait vu, un pays haute refusé à son adversaire de découvrir le stade. Le refus présumé d’autoriser le Sénégal à s’entraîner sur la pelouse du stade devant accueillir la finale est anti-sportif. Or, cette reconnaissance est traditionnellement accordée aux équipes finalistes afin de garantir l’équité sportive. A la place, il aurait été proposé aux Lions de s’entraîner au complexe Mohammed V, considéré par certains comme le camp de base habituel de la sélection marocaine. Une décision perçue comme une entorse aux usages et comme un désavantage sportif pour l’équipe visiteuse.
La CAF au cœur des critiques
Face à ces événements, la CAF et son président Patrice Motsepe se retrouvent vivement critiqués. Pour plusieurs acteurs du football africain, le silence de l’instance continentale face aux plaintes alimente un sentiment de malaise et de perte de crédibilité. La protestation remarquée de Samuel Eto’o Fils depuis les tribunes a d’ailleurs été interprétée par beaucoup comme le symbole d’un ras-le-bol généralisé face à ce qu’ils perçoivent comme une gouvernance partiale du football africain. Sans preuves formelles rendues publiques à ce stade, certains supporters estiment néanmoins que la proximité entre la CAF et les dirigeants du football marocain, notamment Fouzi Lekjaa, pose un problème d’impartialité dans l’organisation de cette CAN. Ce comportement crée un climat délétère pour le football africain dans son ensemble parce que même le Sénégal est habitué à ce genre de comportement quand les choses se déroulent chez eux mais ils sont très subtiles dans les faits. Au-delà du Sénégal et du Maroc, cette polémique révèle un malaise plus profond : la défiance croissante envers les instances dirigeantes du football africain. Pour beaucoup, le football continental ne peut se permettre d’entretenir le soupçon, surtout à l’heure où l’Afrique revendique une plus grande crédibilité sur la scène mondiale. Des appels se multiplient pour une réforme en profondeur de la CAF, davantage de transparence, et une stricte séparation entre organisation sportive et intérêts nationaux.
Le football doit se jouer sur le terrain
Malgré la controverse, une conviction demeure chez de nombreux supporters africains : les trophées doivent se gagner sur le rectangle vert, pas dans les coulisses. Quelle que soit l’issue de la finale, cette CAN restera marquée par un débat intense sur l’équité, l’organisation et l’avenir du football africain. Pour que ce sport reste un facteur d’unité et de fierté continentale, la CAF devra impérativement apporter des réponses claires, restaurer la confiance et garantir que plus jamais une finale africaine ne soit entachée par un tel climat de suspicion.
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