L’histoire de l’esclavage est une douloureuse blessure du passé que le temps ne peut effacer. C’est pourquoi la mémoire collective a le devoir de la transmettre afin d’éclairer les générations future. L’esclavage, cette tragédie humaine qui a marqué plusieurs siècles et bouleversé des peuples entiers, demeure l’un des chapitres les plus épouvantables de l’histoire de l’humanité. En ce 10 mai, la ville de Bondy a choisi de faire de cette mémoire une priorité républicaine, inscrivant avec force, dignité et responsabilité cette commémoration dans le calendrier des grands rendez-vous citoyens. Le temps d’une journée, Bondy est devenue le carrefour du souvenir, de la transmission et de la conscience collective, rappelant à tous que se souvenir, c’est aussi refuser que l’histoire tombe dans l’oubli. Ce fut donc une journée de mémoire, de recueillement, de transmission et de fierté collective, une journée où l’histoire s’est racontée avec émotion, dignité et profondeur.

Dans le cadre de la commémoration de l’abolition de l’esclavage, portée notamment par le RETVAC, le Réseau de transmission des traditions et valeurs culturelles, élus, intellectuels, artistes, autorités traditionnelles et habitants se sont réunis autour d’un même devoir, celui de ne jamais oublier. Dès les premières heures de la matinée, Bondy s’était éveillée au rythme du souvenir.

Aux côtés de Madame la Députée, de Monsieur le Maire, des élus locaux et de nombreuses personnalités, la journée a débuté par une cérémonie officielle marquée de solennité. Dans un silence chargé d’émotion, un dépôt de gerbe a été effectué en hommage aux millions de femmes, d’hommes et d’enfants arrachés à leur terre, enchaînés, déracinés, déshumanisés, mais dont la mémoire demeure vivante à travers les générations.

Ce moment de recueillement a rappelé à chacun que l’esclavage est non seulement une page douloureuse de l’histoire, mais surtout une réalité qui continue d’interroger notre conscience collective. Tout au long de la journée, les échanges se sont multipliés entre les participants, dans une atmosphère fraternelle et profondément humaine. Autorités coutumières, représentants associatifs, patriarches, jeunes et passionnés d’histoire ont partagé leurs regards sur ce passé commun et sur la nécessité de le transmettre avec vérité.

La présence de S.M. Reine Véronique Laure Mintamack, du Conseiller des Sages de la ville de La Garenne ainsi que de nombreuses figures de la diaspora africaine a donné à cette commémoration une portée symbolique particulièrement forte. La journée s’est poursuivie dans une ambiance culturelle riche et chaleureuse, avant de s’achever en soirée par l’un des moments les plus attendus, une grande conférence placée sous le signe de la mémoire et de la transmission.

Devant un public attentif et profondément touché, l’écrivain Gaston Kelman a captivé l’assistance par la puissance de son verbe, la finesse de son analyse et sa manière unique de relier notre mémoire collective à l’écriture de notre histoire. Avec la profondeur qu’on lui connaît, il a rappelé combien les écrivains sont les historiens de l’instant, ceux qui racontent le passé, éclairent le présent et dessinent les perspectives d’avenir. À ses côtés, l’écrivain romancier Calvin Djouari a enrichi les échanges par une parole engagée et profondément ancrée dans la modération des intervenants. Ensemble, ils ont rappelé que l’histoire de l’esclavage, aussi douloureuse soit-elle, demeure un chapitre essentiel de l’humanité, une histoire qui s’est écrite sur plusieurs siècles, sur plusieurs continents, et dont les traces traversent encore notre monde.

L’émotion était palpable lorsque Gaston Kelman a rappelé que malgré l’arrachement, les chaînes, les traversées inhumaines, la déshydratation dans les cales et la tentative d’effacement de peuples entiers, les descendants de cette histoire sont toujours debout, solides, fiers et déterminés à écrire leur propre avenir. Ses mots ont profondément touché un public composé de nombreuses personnalités, parmi lesquelles plusieurs patriarches, dont le grand-père de Kylian Mbappé, venu lui aussi honorer ce rendez-vous de l’histoire. Sur le plan artistique, l’artiste Brice Biboum a donné à cette soirée une dimension culturelle et protocolaire remarquable, apportant par sa présence et sa prestance, une touche d’élégance et d’émotion supplémentaire à cet événement déjà riche de sens.

La présence effective de Monsieur le Maire de Bondy, entouré de ses élus en matinée et à la soirée, ainsi que celle de Madame la Députée, a donné à cette commémoration une portée institutionnelle forte, témoignant de l’importance accordée à ce devoir de mémoire dans la vie de la cité.

Parmi les présences qui ont marqué cette journée d’une particulière, celle de la martiniquaise Cléo et l’histoirien Jean qui ont apporté une profondeur littéraire et une sensibilité supplémentaire à cette grande rencontre mémorielle. Par son engagement, son regard sur l’histoire et son attachement à la transmission des savoirs, elle a rappelé, elle aussi, combien la parole écrite demeure un puissant outil de mémoire et de conscientisation. Sa participation a enrichi les échanges et donné à cette commémoration une dimension intellectuelle encore plus affirmée.

Derrière la réussite remarquable de cette journée historique, il convient également de saluer le travail rigoureux, la vision et l’engagement de Jules Nséké, dont l’organisation minutieuse a permis de faire de ce 13 mai à Bondy un moment d’exception. De la cérémonie matinale jusqu’à la soirée culturelle, chaque séquence a porté l’empreinte d’une préparation maîtrisée, d’un sens élevé du détail et d’une volonté sincère de faire de cette commémoration un rendez-vous de mémoire à la hauteur de son importance.

Grâce à son implication et à celle de toute son équipe, Bondy a offert une célébration digne, rassembleuse et profondément réussie. Le 13 mai à Bondy restera comme un rendez-vous avec l’histoire, avec la dignité humaine et avec cette responsabilité collective de transmettre aux jeunes générations la vérité de notre passé. Une journée qui aura rappelé, avec force et humanité, que la mémoire n’est pas tournée vers hier seulement, mais qu’elle demeure la lumière qui éclaire notre avenir.
