Mag-Afriksurseine-Mars-2024

PREPARATION DU MATCH CAMEROUN -ESWATINI : ENTRE MOBILISATION OFFICIELLE ET TENSIONS PERSISTANTES

Yaoundé, 1er septembre 2025. Alors que les Lions Indomptables du Cameroun s’apprêtent à affronter l’Eswatini le 4 septembre, puis le Cap-Vert 🇨🇻 cinq jours plus tard, dans le cadre des 7e et 8e journées des éliminatoires de la Coupe du monde 2026, la tension monte déjà…mais pas uniquement sur le terrain. Lors d’une réunion préparatoire tenue ce lundi 1er septembre, le ministre des Sports et de l’Éducation physique, Narcisse Mouelle Kombi, a exhorté les différentes commissions impliquées dans l’organisation à faire preuve de rigueur, de discipline et de détermination. Il a aussi lancé un appel au staff technique, dirigé par Marc Brys, pour que celui-ci œuvre dans un esprit de vérité, dialogue, solidarité et paix avec les joueurs, dans l’intérêt général de la nation.

 

Un discours de paix… qui interroge

Cet appel à la paix a suscité de nombreuses réactions dans l’opinion publique camerounaise. Certains s’étonnent de voir un ministre, au cœur de nombreuses tensions récentes dans le football national, tenir un discours aussi pacifiste. « Donc le moustachu sait qu’il faut faire la paix ? » ironise un internaute. « J’ai comme impression que ce n’est pas lui qui écrit ses discours. » Ces commentaires reflètent une défiance croissante à l’égard de la gestion actuelle du football camerounais, où la confusion des rôles entre ministère des Sports et Fecafoot (Fédération camerounaise de football) continue d’alimenter les polémiques.

La Fecafoot marginalisée ?

Plusieurs observateurs dénoncent une prise de contrôle progressive du ministère sur les affaires de l’équipe nationale, reléguant la Fecafoot à un rôle quasi symbolique. De la sélection des joueurs à leur hébergement, en passant par l’organisation des stages et les communications officielles, l’État semble avoir repris la main. « Dans tout cela, quelle est la place de la Fecafoot ? », se demande un supporter. « C’est presque comme si l’instance dirigeante du football avait été effacée, et que tout est désormais entre les mains du ministre. » Des critiques plus profondes visent également le système de gouvernance camerounais, notamment l’amalgame fréquent entre l’autorité de l’État et les compétences des fédérations sportives, pourtant censées être autonomes. « Le véritable problème, c’est que nous confondons tout au Cameroun », commente un autre intervenant. « La primauté de l’État ne signifie pas l’étouffement des associations sportives nationales. »

Une communication jugée biaisée, en attendant le terrain

La CRTV, média public national, est également pointée du doigt. Accusée d’être au service exclusif du gouvernement, elle serait selon certains, particulièrement silencieuse lorsqu’il s’agit de couvrir les actions ou les prises de position de la Fecafoot. « Votre discrimination sélective est flagrante », écrit un citoyen. « Vous êtes un média gouvernemental et c’est pourquoi je n’accorde aucune confiance à vos informations. » Au-delà de cette cacophonie institutionnelle, une certitude demeure : les enjeux sportifs sont énormes. La qualification pour la Coupe du monde 2026, qui se jouera aux États-Unis, au Canada et au Mexique, reste une priorité nationale. Reste à savoir si cette ambition commune parviendra à rassembler les forces vives du football camerounais, ou si les querelles internes continueront d’éclipser l’essentiel : le jeu, et les performances des Lions Indomptables sur le terrain.

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