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RENTREE SCOLAIRE AU GABON : LE COUPLE PRESIDENTIEL VISITE LES SALLES DE CLASSE

 

Libreville, 1er septembre 2025  À l’occasion de la rentrée scolaire, le couple présidentiel gabonais s’est rendu sur le terrain, visitant un établissement flambant neuf, présenté comme un modèle d’infrastructure scolaire aux normes internationales. Ce geste, salué par certains comme la preuve d’un engagement réel pour l’éducation, suscite également une vague d’indignation et de frustration dans une grande partie de la population. « Ce qui me fait mal dans ce pays, c’est le populisme », confie un citoyen sur les réseaux sociaux, exprimant un sentiment partagé par beaucoup. Si l’école visitée par le Président et la Première Dame reflète un certain idéal, elle masque mal une réalité bien plus préoccupante : des dizaines d’établissements scolaires à travers le pays manquent cruellement de moyens, de tables-bancs, d’enseignants, d’eau, d’électricité et parfois même de bâtiments en bon état. « Combien d’établissements au Gabon ont ce confort ? » s’interroge une mère de famille. « Mes enfants ne savent pas encore s’ils iront à l’école. Nous n’avons pas de cahiers, pas de sacs. Mon mari est absent, je me bats seule. Ce n’est pas juste. « 

L’écart entre les établissements rénovés pour des visites officielles et ceux qui tombent littéralement en ruine est de plus en plus difficile à cacher. À Libreville, certaines écoles peinent à accueillir les élèves dans des conditions dignes, tandis qu’à l’intérieur du pays, la situation est parfois dramatique. Des localités comme Port-Gentil, dans l’Ogooué-Maritime, sont également pointées du doigt : « Allez voir les écoles Henri Clément, l’École Urbaine Groupe… Elles sont toujours en travaux. » D’autres encore citent l’École Primaire de La Peyrie, qui reste dans un état préoccupant. « Le Gabon, ce n’est pas seulement Libreville. Nous aussi, nous faisons partie du pays. » Cette rentrée scolaire laisse un goût amer à de nombreuses familles gabonaises, pour qui l’éducation reste un luxe plus qu’un droit. Alors que certains élèves bénéficient d’un cadre moderne et motivant, d’autres continuent de s’asseoir à même le sol, sans matériel pédagogique, sans enseignants en nombre suffisant. Certes, le couple présidentiel affiche une volonté de proximité avec le peuple et une présence sur le terrain. « Votre président aime le Gabon, il travaille, il visite, il est jeune, il est proche du peuple », souligne un autre intervenant. Mais cela suffit-il ? « Pour nous autres là, y’a quoi ? » demande une voix parmi tant d’autres. « Pourquoi ne pas construire des établissements publics de qualité, partout, tout simplement ? » L’appel est clair : que l’éducation ne soit plus un privilège réservé à quelques-uns, mais une priorité équitablement répartie sur l’ensemble du territoire. Car une nation qui néglige l’éducation de ses enfants compromet sérieusement son avenir.

 

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